« Le président entretient de nombreux contacts avec ses compatriotes, y compris ceux de l’opposition. Croyez-moi, il en a reçu beaucoup ». Révélation signée Lambert Mende.
Invité de l’édition spéciale de Top Congo FM, l’ancien porte-parole du gouvernement sous Joseph Kabila et autorité morale de la Convention des Congolais Unis (CCU) s’est exprimé sur le dialogue politique proposé par le président Félix Tshisekedi.
À cette occasion, le député national, désormais membre de l’Union sacrée de la Nation, a salué l’originalité de la démarche présidentielle, particulièrement dans un contexte marqué par la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Mettre hors-jeu la prise d’armes »
Pour Lambert Mende, l’une des principales forces de cette initiative réside dans la volonté de privilégier les voies politiques et pacifiques pour régler les différends qui divisent la classe politique congolaise.
« Je salue l’originalité des propositions faites, qui tiennent compte de la nécessité de mettre hors-jeu la prise d’armes comme moyen de faire valoir une revendication », a-t-il déclaré.
L’ancien ministre estime que certaines revendications peuvent être entendues et discutées. Mais, insiste-t-il, le recours aux armes, particulièrement lorsqu’il s’accompagne d’un soutien à une puissance étrangère, constitue une limite qui ne devrait plus être franchie.
« On peut comprendre la légitimité des revendications de certains de nos compatriotes. Cependant, le fait de prendre les armes, et surtout de se ranger du côté d’un envahisseur étranger qui n’a rien à voir avec nos problèmes domestiques, constitue une ligne rouge qu’il ne peut plus être permis à un Congolais de franchir », a martelé Lambert Mende.
Fayulu loin d’être le seul interlocuteur
L’un des passages les plus remarqués de son intervention concerne les consultations menées par Félix Tshisekedi auprès de différentes personnalités de l’opposition.
Alors que la rencontre entre le Chef de l’État et Martin Fayulu avait largement retenu l’attention de l’opinion, Lambert Mende affirme que celle-ci ne constitue qu’un épisode parmi plusieurs contacts établis au sommet de l’État.
« Monsieur Fayulu n’est pas le seul à avoir rencontré le président. Je ne veux pas vendre la mèche ici, mais le président entretient de nombreux contacts avec ses compatriotes, y compris ceux de l’opposition. Croyez-moi, il a reçu beaucoup d’entre eux », a-t-il confié.
Une déclaration qui laisse entrevoir des consultations politiques plus larges que celles officiellement connues du grand public.
Sécurité et refondation de l’État
Pour l’autorité morale de la CCU, le dialogue proposé par Félix Tshisekedi devrait essentiellement répondre à deux impératifs : mettre fin à la crise sécuritaire et contribuer à la refondation de l’État.
Lambert Mende considère que le contexte actuel impose de rassembler les différentes forces du pays autour d’une réponse nationale.
« Le format du dialogue proposé par le président est à même de permettre aux Congolais de renforcer leur résilience et leur capacité de résistance », a-t-il expliqué.
Il déplore notamment la perte de certains territoires ainsi que les faiblesses de gouvernance qui affectent directement les populations.
« Ce dialogue vise d’abord à résoudre la crise sécuritaire. Nous sommes en train de perdre des territoires et il existe une faiblesse de gouvernance que subissent les populations. Il est essentiel de les associer pour qu’elles prêtent main-forte à la refondation de l’État que nous voulons concrétiser à travers cette initiative », a-t-il poursuivi.
Lambert Mende prône « l’humilité »
Au-delà du débat sur le format et les acteurs du dialogue, le député national invite la classe politique à faire preuve d’humilité et à accepter la remise en question.
« Je recommande l’humilité. Je suis député, mais je n’ai pas la science infuse. Il existe certainement, au sein de notre population, des idées qui peuvent nous amener à nous remettre en question. C’est primordial », a-t-il conclu.
Alors que les discussions autour d’un éventuel dialogue politique continuent de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise, les propos de Lambert Mende apportent un nouvel éclairage sur les consultations engagées par Félix Tshisekedi.




