Par Isidore Kwandja.
La diplomatie contemporaine se déploie désormais sur plusieurs terrains. Aux négociations politiques et aux rencontres interétatiques s’ajoutent la culture, le sport, la jeunesse et les grands événements internationaux, devenus de véritables espaces de dialogue, de coopération et de rayonnement.
Dans cette dynamique, les Jeux de la Francophonie occupent une place particulière. À la croisée du sport et de la culture, ils constituent un espace privilégié de rencontre entre les peuples, ainsi qu’entre les États et gouvernements de l’espace francophone.
Pour la République démocratique du Congo, la participation aux instances de gouvernance de ces Jeux traduit une évolution naturelle de son engagement au sein de la Francophonie.
De Kinshasa 2023 à une présence institutionnelle renforcée
L’organisation des IXès Jeux de la Francophonie à Kinshasa, en 2023, a constitué une étape importante dans le parcours international de la RDC.
En accueillant plusieurs milliers de participants autour des compétitions sportives, des activités culturelles et des rencontres de jeunesse, la capitale congolaise a offert à la RDC l’occasion de mettre en valeur son potentiel humain, culturel et organisationnel.
Trois ans plus tard, l’expérience de Kinshasa trouve un prolongement institutionnel.
La participation de la RDC à la 28e session du Conseil d’orientation du Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF), à Paris, représente une nouvelle occasion de poursuivre cet engagement dans un cadre de concertation réunissant les différents acteurs de la Francophonie.
Représentée par Isidore Kwandja Ngembo, directeur national des IXès Jeux de la Francophonie, la RDC a pris part aux échanges consacrés notamment à la préparation des Xe Jeux, prévus à Erevan en 2027, ainsi qu’aux perspectives des éditions futures.
Cette présence illustre une continuité : après avoir contribué à l’organisation des Jeux, la RDC participe désormais à la réflexion sur leur avenir.
Pour la RDC, il s’agit de poursuivre sur cette voie avec constance et ambition, en faisant du sport, de la culture et de la jeunesse des instruments complémentaires de sa présence internationale.
Une diplomatie fondée sur l’expérience
La diplomatie sportive n’est pas une diplomatie secondaire. Elle repose avant tout sur le dialogue, la coopération et la capacité à créer des passerelles entre les peuples. Elle crée des liens là où la politique traditionnelle peut parfois rencontrer des limites. Elle rapproche les jeunesses, favorise les échanges culturels et contribue à renforcer la connaissance mutuelle entre les peuples.
L’expérience acquise par la RDC à Kinshasa constitue, dans cette perspective, un atout précieux. L’organisation d’un événement international associant sport, culture et jeunesse permet de développer des compétences, de créer des réseaux et de mieux comprendre les enjeux institutionnels qui entourent les grandes manifestations internationales.
Cette expérience est aujourd’hui partagée au sein des instances du CIJF.
La contribution congolaise s’inscrit dans une approche constructive : faire bénéficier les partenaires francophones de l’expérience de Kinshasa, tout en poursuivant les échanges sur les meilleures pratiques en matière d’organisation, de mobilisation de la jeunesse, de promotion culturelle et de coopération sportive.
C’est aussi cela, la diplomatie : faire de l’expérience nationale une contribution au bien collectif.
La Francophonie comme espace de dialogue
Pour la RDC, l’enjeu dépasse naturellement le seul cadre des Jeux. La Francophonie constitue un espace majeur de dialogue politique, culturel et institutionnel. Elle rassemble des États et gouvernements partageant une langue, mais également des liens historiques, culturels et humains.
La RDC, par son importance au sein de l’espace francophone africain, possède une responsabilité particulière dans cette dynamique. Sa participation aux travaux du CIJF contribue à renforcer les échanges avec les autres membres, à consolider les partenariats et à promouvoir une vision des Jeux fondée sur les valeurs de solidarité, de diversité, d’excellence et de rapprochement entre les peuples.
Dans cet espace multilatéral, l’influence se construit moins par l’affirmation que par la constance, le dialogue et la capacité à proposer.
De Kinshasa à Erevan : inscrire l’action dans la durée
Les Xè Jeux de la Francophonie, prévus à Erevan en 2027, ouvrent une nouvelle séquence. La RDC a tout intérêt à accompagner cette dynamique avec une approche constructive et tournée vers l’avenir. Son expérience récente contribue aux réflexions collectives, tandis que sa présence institutionnelle lui permet de maintenir un dialogue régulier avec les différents partenaires francophones.
L’objectif ne doit pas être simplement de préserver le souvenir de Kinshasa 2023, mais d’en faire un héritage vivant au service de la coopération francophone. Cela suppose de maintenir les réseaux créés, de valoriser l’expertise congolaise et de renforcer progressivement la participation de la RDC aux différents espaces de réflexion et de décision liés au sport, à la culture et à la jeunesse.
Après avoir accueilli les Jeux, la RDC dispose désormais d’une expérience qu’elle met au service de la communauté francophone. Notre pays veut désormais inscrire son action dans une perspective plus large : celle d’une participation active, constructive et durable à la gouvernance et à l’avenir des Jeux de la Francophonie.
C’est une nouvelle manière pour la RDC de faire entendre sa voix au sein de la famille francophone : non plus seulement comme pays hôte, mais comme acteur engagé dans la réflexion, la coopération et la construction de l’avenir des Jeux.




