Sanctions américaines : Joseph Kabila cherche sa liberté, le peuple congolais exige la justice

Par Génie Kande.   

Les sanctions américaines du 30 avril 2026 ont fait tomber le masque. Frappé par le Trésor US pour « soutien à l’AFC/M23 », Joseph Kabila riposte aujourd’hui avec une démarche fébrile : avocats, communiqués, appels à une « solution inclusive ». Une tentative de retrouver sa liberté politique et judiciaire, après 18 ans au pouvoir et après le chaos qui continue de saigner l’Est du pays. 

Une riposte tardive face aux faits  

L’ancien président qualifie les sanctions d’ »injustifiées et politiquement motivées ». Il invoque son bilan : réunification, alternance.  

Mais le peuple congolais ne l’oublie pas : c’est sous son règne qu’ont germé les réseaux qui arment aujourd’hui l’AFC/M23. C’est pendant et après son mandat que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu sont devenus le théâtre d’occupations, de massacres et de pillages, avec l’appui documenté du Rwanda. 

Chercher des avocats à Washington pour contester le gel de ses avoirs, c’est fuir la première question : pourquoi des rapports de l’ONU, de Human Rights Watch et de la Monusco désignent depuis des années les mêmes zones, les mêmes groupes, les mêmes complicités ? La justice ne se plaide pas d’abord à l’étranger. Elle commence par répondre de ses actes devant les victimes.

L’Est du Congo n’a que trop attendu 

Pendant que l’on parle de procédures et de gel des avoirs, à Bunagana, à Rutshuru, à Bukavu, des femmes sont violées, des enfants enrôlés de force, des villages entiers déplacés. Les troupes de l’AFC/M23, soutenues par Kigali, occupent des pans entiers du territoire. 

Les Congolais n’ont pas besoin d’un nouveau narratif. Ils ont besoin de réparation. Ils attendent que la justice internationale se saisisse enfin des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des violences sexuelles commises pendant cette occupation. Les millions dépensés pour blanchir une image ne feront pas taire les témoignages des mères de Goma-Bukavu et de Minova. 

Fermeté : plus question d’impunité  

Le gouvernement de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo l’a dit : ces sanctions sont « un acte important contre l’impunité ». Le peuple congolais va plus loin. Il demande 3 choses claires :

1. Justice : Saisine effective de la Cour Pénale Internationale et de mécanismes spéciaux pour juger tous les responsables, quels que soient leurs titres passés ou présents.

2. Respect des engagements : Les États-Unis doivent aller au bout de l’accord signé à Washington et du processus de Doha. Pas de paix à géométrie variable. Le retrait des troupes étrangères et la fin du soutien aux groupes armés doivent être vérifiables.

3. Fin de la guerre économique : Il faut couper les chaînes d’approvisionnement en minerais de sang. La paix à l’Est passe par le contrôle de nos ressources.

Joseph Kabila a eu le temps de gouverner, de réunifier, de stabiliser. Le bilan à l’Est est là : une plaie ouverte depuis 30 ans. Aujourd’hui, sa démarche pour « retrouver sa liberté » ne doit pas détourner l’attention. La seule liberté urgente est celle des populations du Kivu, otages de la violence. 

Les sanctions US ne sont ni une fin ni une solution. Elles sont un signal. Le signal que l’impunité a un coût. Le signal que le Congo n’acceptera plus que son histoire soit écrite par des groupes armés et leurs parrains. 

Le peuple congolais ne marchande pas la justice. Il l’exige. Pour les femmes, pour les enfants, pour les millions de déplacés. Tant que la vérité ne sera pas dite et que les coupables ne seront pas jugés, aucune paix ne sera durable à l’Est.

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