La rentrée scolaire 2026-2027 ne sera pas uniforme dans les provinces affectées par l’épidémie de maladie à virus Ebola. Pour préserver à la fois la continuité des apprentissages et la sécurité sanitaire des élèves, le gouvernement congolais a opté pour une rentrée différenciée, basée sur trois niveaux de risque : les zones verte, orange et rouge.
Cette précision a été apportée par la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, lors d’un briefing presse spécial animé par le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, avec la participation du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Roger Samuel Kamba Mulamba.
Dans les provinces administratives concernées par Ebola, le dispositif éducatif couvre 138 sous-divisions éducationnelles, dont 40 sont affectées par l’épidémie. Parmi celles-ci, 18 sous-divisions sont situées dans des zones à haut risque, nécessitant des mesures particulières.
Zone verte : maintenir le fonctionnement normal
La zone verte correspond aux espaces qui ne sont pas touchés par l’épidémie. Dans ces zones, les activités scolaires se poursuivent normalement, avec toutefois le maintien des mesures générales de prévention et de sensibilisation.
L’objectif est notamment d’éviter qu’une zone verte ne bascule vers la catégorie orange.
Zone orange : l’école continue avec une vigilance renforcée
Dans les zones orange, où des cas ont été enregistrés mais où la situation demeure maîtrisée, les cours peuvent également se poursuivre en présentiel.
Cependant, les mesures sanitaires sont renforcées dans les établissements scolaires. Élèves, enseignants et responsables d’écoles sont sensibilisés aux gestes de prévention, notamment le lavage régulier des mains et le signalement rapide de tout symptôme suspect.
« Notre objectif est d’éviter qu’une zone orange devienne une zone rouge et qu’une zone verte devienne une zone orange », a expliqué Raïssa Malu.
La ministre insiste ainsi sur la responsabilité collective du système éducatif. Enseignants, parents, élèves et communautés sont appelés à contribuer à limiter la propagation du virus.
Zone rouge : l’enseignement à distance prend le relais
La situation est différente dans les zones rouges, considérées comme étant à haut risque.
Dans ces espaces, le présentiel est temporairement remplacé par un enseignement à distance léger, afin de réduire les rassemblements et les risques de transmission.
Raïssa Malu précise toutefois que cet enseignement à distance ne repose pas exclusivement sur Internet.
Les élèves concernés recevront des supports pédagogiques imprimés, élaborés autour des savoirs essentiels. Ces contenus seront complétés par des émissions éducatives diffusées sur les radios locales et communautaires.
Les parents ou accompagnateurs pourront récupérer périodiquement les supports auprès des écoles, dans le respect des mesures sanitaires. Les enseignants resteront mobilisés pour assurer le suivi des élèves et maintenir le contact avec les familles.
Le dispositif sera organisé par périodes de quatre semaines, au terme desquelles le ministère de l’Éducation nationale procédera à une évaluation en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique.
Pas question de sacrifier les apprentissages
Pour Raïssa Malu, l’épidémie ne doit pas conduire à une rupture de la scolarité.
« Les enfants ne peuvent pas être deux fois pénalisés : par l’épidémie et par un arrêt des apprentissages », a-t-elle expliqué en substance.
L’enseignement à distance apparaît ainsi comme un mécanisme temporaire permettant aux élèves de poursuivre les apprentissages essentiels jusqu’à l’amélioration de la situation sanitaire.
La ministre assure également que ce dispositif ne devrait pas constituer une charge supplémentaire pour les familles. Les supports pédagogiques et les mécanismes d’accompagnement sont pris en charge par le gouvernement, avec l’appui de ses partenaires.
Une rentrée sous haute surveillance
Cette rentrée différenciée repose sur une approche évolutive. Une zone peut changer de catégorie en fonction de l’évolution de l’épidémie, ce qui impose une coordination permanente entre les ministères de l’Éducation nationale et de la Santé.
Dans toutes les catégories, la sensibilisation demeure au cœur du dispositif. Les élèves et les enseignants sont notamment appelés à se laver régulièrement les mains, à éviter les contacts physiques avec les personnes présentant des symptômes suspects et à signaler rapidement tout cas nécessitant une prise en charge médicale.
Pour le gouvernement, le défi est désormais de maintenir l’école ouverte là où les conditions sanitaires le permettent, protéger les enfants dans les zones à risque et empêcher la propagation d’Ebola vers de nouvelles zones.
La rentrée scolaire 2026-2027 obéira donc à une logique clairement définie par Raïssa Malu : vert, l’école fonctionne normalement ; orange, l’école fonctionne avec une vigilance sanitaire renforcée ; rouge, l’enseignement à distance prend le relais.




