Atelier de formation des greffiers et du personnel administratif à la Cour des comptes : Jimmy Munganga martèle sur la confidentialité, la probité et la rigueur pour renforcer l’efficacité de l’Institution

« Une juridiction forte ne repose pas uniquement sur ses textes, mais aussi sur la compétence de ceux qui la font fonctionner ». C’est dans cet esprit que la Cour des comptes de la République démocratique du Congo a donné, ce lundi 7 septembre 2026 à Kinshasa, le coup d’envoi d’un atelier consacré au renforcement des capacités de ses greffiers ainsi que de son personnel administratif et technique.

Prévue du 7 au 11 septembre 2026, cette session de formation réunit 27 agents de la Cour des comptes. Elle s’inscrit dans le cadre du partenariat avec l’Initiative de développement de l’INTOSAI, le CREFIAF, la NORAD et la Cour des comptes de France, en appui à la mise en œuvre de l’Accord de coopération 2026-2028, conclu dans le cadre de l’Initiative régionale africaine pour le renforcement de l’efficacité des institutions supérieures de contrôle (ARISE).

Le Greffe, une pièce maîtresse de la justice financière

À l’ouverture des travaux, le Premier Président de la Cour des comptes, MUNGANGA NGWAKA Jimmy, a particulièrement insisté sur la place stratégique occupée par le Greffe au sein d’une juridiction financière.

Pour le Premier Président, le Greffe est loin d’être un simple service administratif chargé de conserver les dossiers. Il constitue un maillon à part entière de la chaîne juridictionnelle, avec des responsabilités qui touchent directement au fonctionnement de la justice financière.

Réception et enregistrement des dossiers, conservation et circulation sécurisée des actes, suivi des procédures et des délais, authentification des actes juridictionnels ou encore préservation de la mémoire institutionnelle : autant de missions qui placent les greffiers au cœur du dispositif.

Dès lors, la qualité du travail accompli au Greffe a une incidence directe sur la régularité, la célérité et la sécurité juridique des procédures devant la Cour.

Le renforcement des compétences des greffiers constitue donc un investissement stratégique destiné à consolider l’efficacité, la crédibilité et le professionnalisme de l’Institution.

S’inspirer de l’extérieur, mais penser RDC

Cet atelier constitue une nouvelle étape dans le processus de professionnalisation des greffiers de la Cour des comptes.

Il intervient après une première formation consacrée aux connaissances générales du métier ainsi qu’un stage d’immersion effectué à la Cour des comptes du Sénégal.

La participation d’un expert de la Cour des comptes de France doit également permettre aux participants de mieux comprendre les spécificités du greffe financier et de tirer profit de pratiques professionnelles éprouvées.

Mais la Cour des comptes de la RDC entend éviter toute transposition mécanique de modèles étrangers.

Le Premier Président a clairement appelé à adapter les expériences acquises au cadre juridique, à l’organisation et aux réalités congolaises, afin de retenir les solutions les plus pertinentes pour l’Institution.

L’intelligence artificielle annoncée pour l’ensemble de la Cour

L’autre grande annonce faite lors de cette cérémonie d’ouverture concerne l’intelligence artificielle.

Le Premier Président MUNGANGA NGWAKA Jimmy a annoncé l’organisation prochaine d’une formation en IA destinée à l’ensemble des magistrats ainsi qu’au personnel administratif et technique de la Cour des comptes.

Cette initiative traduit la volonté de l’Institution d’accompagner sa modernisation par une utilisation responsable des nouvelles technologies.

Selon le Premier Président, l’intelligence artificielle pourrait notamment améliorer la recherche et l’analyse de l’information, l’exploitation des données, la préparation et la gestion documentaire ainsi que l’exécution de certaines tâches répétitives.

Pour les greffiers, les outils d’IA pourraient contribuer à la gestion et au classement des dossiers, au suivi des procédures et des délais, à la recherche documentaire et à la traçabilité des actes.

Cette modernisation devra toutefois être menée avec prudence. La confidentialité, la protection des données et le secret professionnel demeurent des exigences fondamentales. L’IA ne pourra donc se substituer aux responsabilités professionnelles des greffiers en matière d’authentification, de contrôle et de sécurisation des informations.

Un Manuel des procédures pour harmoniser les pratiques

La dynamique engagée ne s’arrêtera pas à la formation. La Cour des comptes prévoit également l’élaboration d’un Manuel des procédures du Greffe, appelé à devenir un véritable référentiel pour les agents.

Ce document devra notamment clarifier les différentes étapes du traitement des dossiers, harmoniser les pratiques entre les chambres et les services, préciser les responsabilités de chacun, renforcer la traçabilité et la sécurité des actes, améliorer le suivi des délais et garantir une meilleure conservation des archives.

À terme, ce manuel devrait contribuer à réduire les risques d’erreurs, de retards, de pertes d’informations ou de divergences dans le traitement des procédures.

Il servira également d’outil d’intégration et de formation pour les nouveaux agents.

Confidentialité, probité et rigueur : Jimmy Munganga fixe la ligne

Au-delà des compétences techniques, MUNGANGA NGWAKA Jimmy a rappelé l’importance de la discipline professionnelle dans le fonctionnement d’une juridiction financière.

Pour lui, la performance d’une institution ne dépend pas seulement de ses textes et de son organisation. Elle repose également sur la compétence de son personnel, la clarté de ses procédures et la rigueur professionnelle.

Le Premier Président a ainsi appelé les greffiers et l’ensemble du personnel de la Cour à faire de la confidentialité, de la neutralité, de la disponibilité, de la probité, de la rigueur et de la loyauté institutionnelle des principes constants de leur action.

Une attention particulière devra être accordée à la protection des informations traitées par le Greffe, certaines pouvant revêtir un caractère sensible.

Pour Jimmy Munganga, le respect du secret professionnel doit ainsi demeurer une exigence permanente pour tous ceux qui concourent au fonctionnement de la justice financière.

La Cour des comptes accélère sa modernisation

Avec cet atelier, la Cour des comptes entend franchir une nouvelle étape dans la professionnalisation de ses ressources humaines et la modernisation de son fonctionnement.

Entre renforcement des capacités, harmonisation des procédures, élaboration d’un Manuel du Greffe et introduction prochaine de l’intelligence artificielle, l’Institution affiche clairement son ambition : disposer d’un Greffe moderne, professionnel, organisé et performant, capable d’accompagner efficacement la Cour dans l’accomplissement de ses missions constitutionnelles et légales.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de l’Accord de coopération 2026-2028 et du programme ARISE.

À cette occasion, le Premier Président a renouvelé la gratitude de la Cour des comptes à l’Initiative de développement de l’INTOSAI, au CREFIAF, à la NORAD et à la Cour des comptes de France pour leur accompagnement et leur contribution au renforcement des capacités de l’Institution.

À la Cour des comptes, le message de Jimmy Munganga est sans équivoque : la modernisation de l’Institution passe aussi par un personnel mieux formé, un Greffe plus professionnel, des procédures mieux structurées et une culture exigeante de confidentialité, de probité et de rigueur.

À ne pas rater

À la une