« Mieux vaut prévenir que guérir », dit-on. Cette petite notion pourtant simple de bonne gouvernance, a malheureusement semblé échapper aux autorités nationales et urbaines. Non sans raison, car l’incendie meurtrier survenu dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre 2026 à la salle de fêtes Panacée qui a fait périr au moins 22 morts et plusieurs blessés, causant aussi plusieurs dégâts à Kinshasa, a réveillé le Gouvernement de la République démocratique du Congo de son grand sommeil pour prendre des mesures urgentes de renforcement de la sécurité dans les lieux accueillant du public.
En effet, le Gouvernement congolais, par le biais du vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, a instruit l’ensemble des gouverneurs de province de procéder, sans délai, au contrôle systématique des salles de fêtes ainsi que des autres lieux aménagés pour accueillir des manifestations publiques et des activités de loisirs. Une opération qui devrait permettre aux autorités de vérifier la conformité de ces établissements avec les normes de sécurité en vigueur.
Pour mener à bien cette mission, la Direction générale de la Protection civile et les services de sécurité sont mis à contribution.
Le Gouvernement va plus loin en ordonnant la fermeture immédiate de tout établissement qui ne répond pas aux normes de sécurité. Une mesure qui place désormais les responsables des salles de fêtes et autres espaces recevant du public face à leurs obligations en matière de sécurité.
Kinshasa dispose de quinze jours
Dans la capitale congolaise, l’opération sera particulièrement suivie. Le Gouvernement exige qu’un rapport d’exécution soit transmis dans un délai de quinze jours, afin de rendre compte de l’état d’avancement des contrôles et des éventuelles mesures prises contre les établissements non conformes.
Cette échéance traduit la volonté des autorités de ne pas laisser retomber la pression après l’émotion suscitée par le drame de Panacée.
Les causes de l’incendie recherchées
Pendant ce temps, les investigations se poursuivent pour déterminer les circonstances exactes dans lesquelles l’incendie s’est déclaré. Les services compétents sont chargés d’établir les causes du sinistre ainsi que les éventuelles responsabilités qui en découlent.
Aucune conclusion définitive ne semble donc encore avoir été tirée alors que les enquêteurs poursuivent leur travail.
Toutefois, les informations parvenues à Scoop RDC font état d’un court-circuit parti non loin de la table où étaient placées les chauffandises. Les étincelles ont ainsi pris la nappe qui couvrait la table. Du fait que le petit feu chauffant les chauffandises était alimenté par l’alcool, celui-ci s’est vite enflammé pour commencer à consumer tout ce qui était consumable. C’est dans la panique et bousculade que ce drame est survenu par manque de nombreuses issues prévues en pareil cas.
Mais c’est le rapport des enquêteurs qui sera fiable.
Une décision tardive du Gouvernement
À travers les mesures annoncées, le Gouvernement entend tirer les conséquences de cette tragédie et renforcer les mécanismes de prévention à travers le pays. L’objectif affiché est de garantir davantage la sécurité des citoyens et de faire respecter, avec toute la rigueur requise, les normes applicables aux établissements et espaces ouverts au public.
Le Gouvernement réaffirme ainsi sa détermination à veiller à l’exécution effective des mesures arrêtées, à l’établissement des responsabilités et au renforcement des mécanismes de prévention et de contrôle sur l’ensemble du territoire national.
Mais pourquoi attendre seulement que le drame de Panacée surgisse pour que la question de la conformité et de la sécurité des salles de fêtes soit donc au cœur des préoccupations des autorités congolaises ?
Lorsque l’on construit, qui donne les autorisations de bâtir ? sur base de quels plans de construction ?
Lorsque l’on est en pleine construction, n’y a-t-il pas un service de l’Etat qui fait le suivi de normes et conformités ?
Visiblement, la seule préoccupation de tous ces services, c’est percevoir l’argent. Pour le reste, ils s’en foutent.
Non sans raison, car le constant est que la RDC est le seul pays où l’on fait payer et l’on donne la carte de vaccination contre la fièvre jaune à l’aéroport pour une durée de cinq ans sans être réellement vacciné. C’est le seul pays où les documents du contrôle technique des véhicules sont accordés moyennant paiement, sans la présence des véhicules à contrôler. C’est le seul pays où les autorisations de bâtir s’octroient sans que les agents soient descendus faire le constat sur les concessions à construire. C’est aussi le seul pays où on achète des parcelles auprès des chefs coutumiers dans des sites accidentés et susceptibles de provoquer par la suite des érosions, sans que les autorités ne s’en meuvent. Les exemples sont légion témoignant l’absence de l’autorité de l’Etat dans de simples choses à réguler, mais dont les conséquences ont été toujours néfastes par après.
« Gouverner, c’est prévoir ». Cette célèbre maxime que l’on l’attribue souvent à tort ou à raison à l’homme politique Adolphe Thiers, signifie qu’un bon dirigeant doit anticiper les problèmes futurs au lieu de simplement réagir aux crises quand elles arrivent.




