Vendredi 04 septembre 2026 après-midi, des policiers accompagnés des militaires se sont accaparés du poste de péage sur la route de contournement Buluo-Lwambo à Likasi. Ils chassé avec violence les agents de la société chinoise Congo Corporation international SARL (CCI). Ils ont également déguerpi tous les occupants de la concession de cette société. C’est sur ordre, dit-on, du gouverneur de la province du Haut-Katanga, Martin Kazembe.
Ayant pris de force le contrôle du poste de péage, ils ont placé des personnes civiles qui perçoivent désormais, en lieu et place de CCI SARL, les recettes générées par ce péage.
D’après un spécialiste du droit des affaires consulté par Scoop RDC, même si le gouverneur avait constaté des anomalies dans ce contrat que son prédécesseur ou l’Etat a signé avec la firme chinoise pour une validité de 23 ans, il aurait pu, parce qu’il s’agit d’une convention signée en bonne et due forme, se référer aux instances judiciaires ayant la compétence exclusive en matière de déguerpissement. Faire autrement c’est transformer la province en une république bananière, a-t-il fait observer.
Non sans raison, car la société CCI Sarl est liée aux pouvoirs publics, notamment au Gouvernement central, par des engagements contractuels relatifs, entre autres, à la réalisation et à l’exploitation de l’infrastructure routière concernée.
Dans le cadre de ce contrat, la société chinoise CCI SARL exploite le poste de péage établi sur ladite route et en perçoit régulièrement les recettes, lesquelles participent notamment à l’équilibre économique de la route de contournement de Likasi.
Pourquoi Martin Kazembe ne peut-il pas attendre que la réunion de clarification convoquée par le ministre national en charge des Infrastructures, John Banza le 10 septembre prochain entre lui, l’OVD ainsi que la société CCI SARL, se tienne au lieu de procéder autrement en violant le droit OHADA ? En rompant abusivement le contrat et en chassant la CCI SARL du poste de péage, a-t-il calculé les conséquences que son acte peu réfléchi peut-il engendrer comme conséquence diplomatique entre la RDC et la Chine, au-delà d’un simple différend commercial ?
Pourquoi aussi utiliser abusivement les militaires dans un terrain qui n’est pas de guerre ? Et s’ils commettaient des forfaits dans cette concession chinoise considérée diplomatiquement comme « un Etat inviolable » ?
Cet agissement mélomane du gouverneur intérimaire de la province du Haut-Katanga est d’autant plus inquiétant surtout que la route concernée ne relève nullement de la compétence de sa province, mais plutôt de celle du pouvoir central en vertu des prescrits de l’arrêté ministériel n° CAB/MIN-ETAT/ITP/AGM/058/2025 du 5 août 2025 portant révision de la classification routière en République démocratique du Congo.
En effet, au point 112 de l’annexe, cet arrêté indique clairement que la route Buluwo – Lwambo est classée comme une route d’intérêt national. En plus, le même arrêté prévoit que l’entretien, la réhabilitation et la modernisation des routes concernées relèvent de la compétence exclusive du Gouvernement central.
Ledit arrêté prévoit également l’abrogation des dispositions antérieures contraires et charge notamment les gouverneurs de province de son exécution.
D’où cette question simple : Martin Kazembe n’a-t-il pas un conseiller juridique aguerri ou agit-il tout simplement en gangster administratif ? Pour arrêter cette folie de grandeur ou l’excès de pouvoir faisant recours à des militaires dans une affaire commerciale, le VPM de l’Intérieur ayant la sécurité dans ses attributions, est vivement interpellé à ramener ce gouverneur a.i. qui oublie que lorsque l’on assume l’intérim, l’on a des limites dans les actes à poser.




