Le parquet général de la Principauté de Monaco a classé sans suite, le 9 juillet dernier, l’enquête pour blanchiment visant le ministre congolais des Sports et Loisirs, Didier Budimbu Ntubuanga, dans le cadre du partenariat conclu entre la République démocratique du Congo et l’AS Monaco.
La décision de la justice monégasque est motivée par le fait que « l’infraction est insuffisamment caractérisée ».
Aucun déséquilibre relevé dans le contrat
L’enquête portait notamment sur le contrat de sponsoring conclu entre la RDC et l’AS Monaco. D’après les éléments communiqués par le parquet monégasque, les investigations et auditions réalisées n’auraient révélé aucun déséquilibre dans les engagements des deux parties.
Le contrat, conclu pour trois ans, prévoit un partenariat destiné notamment à promouvoir l’image de la République démocratique du Congo à travers la marque « RD Congo – Cœur de l’Afrique ». Son montant est de 4,8 millions d’euros, soit environ 1,6 million d’euros par an.
Les investigations auraient également porté sur les contreparties prévues dans le cadre de cet accord. Selon les informations rapportées, une partie de celles-ci avait déjà été réalisée par les deux cocontractants.
Le parquet général de Monaco s’est également intéressé aux mouvements financiers liés au partenariat. Selon les éléments rendus publics, les transferts de fonds examinés n’ont fait apparaître aucune malversation.
Cette conclusion intervient après plusieurs mois de procédure, alors que le partenariat avait suscité des critiques et fait l’objet d’une plainte évoquant notamment des soupçons de corruption, de blanchiment de capitaux et de détournement de fonds publics. Le dossier avait été transmis aux autorités monégasques après son passage par le Parquet national financier français.
Le classement sans suite constitue ainsi une évolution importante dans ce dossier. Il signifie que, sur le volet examiné par la justice monégasque, aucune poursuite n’a été engagée à l’issue des investigations.
Cette décision permet également de replacer le débat autour du partenariat sur ses dimensions sportives, économiques et diplomatiques, notamment la promotion internationale de la RDC, le développement du sport et le rayonnement du pays.
Toutefois, une procédure distincte concernant le partenariat conclu entre la RDC et le FC Barcelone fait l’objet d’initiatives judiciaires en Espagne. À ce stade, aucune décision définitive des autorités espagnoles n’a été rendue publique.
Après la controverse judiciaire autour du partenariat avec l’AS Monaco, l’attention devrait désormais se porter sur les résultats concrets de cette stratégie de partenariats internationaux portée par le ministère des Sports et Loisirs.
Pour ses promoteurs, ces accords doivent notamment contribuer à renforcer la visibilité de la RDC, à promouvoir le tourisme, à soutenir le développement sportif et à créer de nouvelles opportunités de coopération.
Le classement sans suite à Monaco vient donc mettre un terme au volet monégasque de cette affaire, tandis que le débat sur le coût, l’impact et les retombées de ces partenariats pour la République démocratique du Congo reste ouvert.




