En mission dans la province du Lualaba, le directeur général de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb, a lancé une vaste opération de contrôle de conformité visant à renforcer l’application de la loi sur la sous-traitance et à garantir une meilleure participation des PME congolaises aux marchés générés par les grandes entreprises minières.
Kolwezi, capitale mondiale du cobalt, est redevenue le théâtre d’un combat économique aux enjeux majeurs. Celui de la place que doivent occuper les entrepreneurs congolais dans l’exploitation des immenses richesses minières de la République démocratique du Congo.
À la tête d’une importante mission de contrôle de conformité, le directeur général de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb, a entamé ce vendredi une série d’activités destinées à renforcer l’application de la loi sur la sous-traitance et à garantir aux PME congolaises un accès réel aux marchés générés par les grandes entreprises opérant dans le Lualaba.
Comme l’exige la tradition républicaine, le patron de l’ARSP a commencé sa mission par des visites de courtoisie auprès du président de l’Assemblée provinciale du Lualaba, Jean-Marie Kaseya, puis de la gouverneure Fifi Masuka Saini. Au cours de ces échanges, Miguel Kashal a présenté les objectifs de cette itinérance nationale de contrôle, placée sous le signe du contenu local et de l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise.
« Cette mission permettra de créer davantage d’opportunités pour les entrepreneurs congolais. Aujourd’hui, le contenu local n’est plus seulement une ambition, mais un combat national porté par le Président de la République afin que les Congolais participent pleinement à la création des richesses de leur pays », a-t-il déclaré.
Après les audiences institutionnelles, l’heure était au terrain.
Accompagné de ses équipes techniques, le directeur général de l’ARSP s’est successivement rendu à la SICOMINES, à la Compagnie Minière de Musonoie (COMMUS) et à la Carrière du Lualaba (CARRILU), une importante unité industrielle spécialisée dans la production du ciment, de la chaux vive et de la chaux hydratée.
Partout, le même message a été adressé aux responsables des sociétés visitées : les entreprises congolaises éligibles doivent bénéficier d’une place plus importante dans les marchés de sous-traitance, conformément aux dispositions de la loi.
Au-delà du contrôle administratif, l’ARSP entend surtout évaluer l’impact réel du contenu local dans l’écosystème économique du Lualaba. Les premières observations mettent en évidence une réalité préoccupante : plusieurs PME congolaises continuent de fonctionner sur la base de commandes ponctuelles, sans contrats structurés susceptibles d’assurer leur croissance et leur stabilité financière.
Pour Miguel Kashal, cette situation doit évoluer.
L’ambition est de voir les entreprises donneuses d’ordre s’engager davantage dans des partenariats durables avec les sous-traitants congolais, afin de favoriser la création d’emplois, le transfert de compétences et le développement d’un tissu entrepreneurial national solide.
« Le Président de la République est le parrain du contenu local et de l’entrepreneuriat congolais. Notre mission est de faire en sorte que les entrepreneurs congolais participent pleinement à la chaîne de valeur de notre économie et que les Congolais soient placés au centre de l’exploitation des ressources naturelles de leur pays », a insisté le DG de l’ARSP.
Toutefois, l’institution privilégie une approche basée sur le dialogue et l’accompagnement plutôt que sur la confrontation. L’objectif n’est pas de fragiliser le climat des affaires, mais de faire respecter l’esprit de la loi afin que les retombées économiques de l’activité minière profitent davantage aux nationaux.
Dans une province qui concentre une part considérable des richesses minières du pays, cette mission apparaît comme un test grandeur nature de la volonté des autorités de faire du contenu local une réalité économique tangible.
Car au-delà des chiffres de production et des performances des multinationales, une question demeure : combien de Congolais profitent réellement de la richesse extraite du sous-sol de leur propre pays ?
C’est précisément à cette interrogation que Miguel Kashal et l’ARSP entendent apporter des réponses concrètes à travers cette vaste opération de contrôle de conformité menée au cœur du poumon minier de la RDC.



