Dans un contexte sécuritaire encore fragile, mais porteur d’espoir, le Gouvernement congolais affiche une nouvelle posture : celle de la reconquête, de l’organisation et de la restauration progressive de l’autorité de l’État.
C’est le message principal qui ressort du briefing conjoint animé jeudi 02 avril 2026, à la Radiotélévision Nationale Congolaise par le Gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, et le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
Face à la guerre imposée dans l’Est de la République démocratique du Congo, Kinshasa veut désormais montrer que la réponse ne sera pas seulement militaire, mais également institutionnelle, populaire et stratégique.
Le Sud-Kivu tient debout
Malgré les attaques répétées attribuées à l’armée rwandaise sous la couverture de l’AFC/M23, les autorités provinciales affirment que la province du Sud-Kivu résiste et que l’administration publique continue de fonctionner.
Le Gouverneur Jean-Jacques Purusi a insisté sur le retour progressif des institutions provinciales, notamment l’Assemblée provinciale et le Gouvernement provincial, désormais opérationnels à Uvira. Pour lui, il s’agit d’un signal fort : l’État congolais n’a pas disparu, il se réorganise et se renforce.
Dans cette dynamique, plusieurs mécanismes ont été mis en place pour renforcer la gouvernance locale et la sécurité communautaire, notamment un cadre permanent de concertation réunissant les forces de sécurité, la société civile, les organisations de jeunes et de femmes ainsi que les défenseurs des droits de l’homme.
La stratégie de la mobilisation populaire
Parmi les initiatives annoncées figure également le système dit des « chefs de dix maisons », un modèle d’organisation communautaire visant à renforcer la vigilance, la sensibilisation à la paix et la collaboration entre la population et les autorités locales.
Cette approche démontre que la stabilisation de la province ne reposera pas uniquement sur les forces armées, mais aussi sur l’implication directe de la population dans la défense et la protection de son environnement.
Une crise humanitaire toujours préoccupante
Le Gouverneur du Sud-Kivu a également dressé un tableau humanitaire préoccupant, évoquant plus d’un million de déplacés internes et des centaines de milliers de réfugiés dans les pays voisins, notamment au Burundi et en Tanzanie.
Toutefois, il a salué l’appui du Gouvernement central et du Président de la République pour la prise en charge des déplacés et la remise en marche des institutions provinciales.
Kinshasa veut reprendre l’initiative
De son côté, le Ministre Patrick Muyaya a replacé la situation du Sud-Kivu dans le cadre global de la stratégie nationale de défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
Selon lui, la RDC est engagée sur plusieurs fronts à la fois : militaire, diplomatique, médiatique et politique. L’objectif reste le même : restaurer la paix, récupérer les zones sous occupation et rétablir l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national.
Le temps de la résilience et de la reconquête
À travers cette communication conjointe, un message clair a été envoyé : le Sud-Kivu traverse une période difficile, mais la province ne s’effondre pas, elle s’organise, résiste et prépare la reconquête de sa stabilité.
Dans cette guerre complexe où se mêlent enjeux sécuritaires, humanitaires et politiques, Kinshasa veut désormais transformer la résistance en stratégie, et la stratégie en victoire durable pour la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.


