RDC : Augustin Kabuya contre-attaque et lance la C4 face au front anti-révision constitutionnelle

« Quand deux visions s’affrontent pour l’avenir d’un pays, le peuple devient l’arbitre ultime de l’histoire ». C’est, en substance, la voix de la démocratie appelée à départager deux idées opposées autour de l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo.

À travers une conférence de presse tenue, ce lundi 25 mai 2025, au siège national de UDPS à Kinshasa, le secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya, a officiellement lancé les activités de la dynamique citoyenne baptisée « Coalition des Congolais pour le changement de la Constitution (C4) ».

Présentée comme une structure de sensibilisation populaire en faveur d’un changement constitutionnel, cette plateforme se veut la réponse politique et citoyenne de la majorité présidentielle face aux offensives de l’opposition regroupée au sein du C64.

Face à une salle remplie de journalistes, d’acteurs politiques et de militants, Augustin Kabuya a défendu une initiative qu’il considère comme indispensable dans le contexte politique actuel.

« Nous ne pouvons pas laisser la place à l’opposition. Nous sommes en politique. Il ne faut jamais sous-estimer l’adversaire », a-t-il déclaré.

Dans un climat marqué par la montée des débats autour de la révision ou du changement de la Constitution, l’Union sacrée entend désormais occuper pleinement le terrain médiatique et politique. À mesure que deux visions opposées s’affrontent sur l’avenir institutionnel du pays, chaque camp tente de convaincre ce que Kabuya appelle lui-même “le souverain primaire” : le peuple congolais.

Une dynamique “citoyenne” pour accompagner Félix Tshisekedi

Dès l’ouverture des échanges, Augustin Kabuya a insisté sur le caractère transversal de la C4, affirmant que cette coalition ne se limite pas uniquement aux partis politiques membres de l’Union sacrée.

Selon lui, des confessions religieuses, des mouvements associatifs ainsi que plusieurs organisations de la société civile prendront part aux consultations prévues à travers les 145 territoires et les 26 provinces du pays.

Pour le secrétaire général de l’UDPS, cette démarche vise à préparer l’opinion publique autour du débat constitutionnel, dans un contexte où l’opposition multiplie des sorties médiatiques hostiles à toute réforme.

« Le problème de la Constitution n’est pas seulement un problème des politiciens. C’est un problème national », a-t-il martelé.

“L’UDPS n’a jamais accepté cette Constitution”

Dans une longue argumentation historique, Augustin Kabuya a rappelé que l’UDPS s’était opposée dès 2006 à l’actuelle Constitution issue des accords politiques de l’après-guerre.

Le dirigeant du parti présidentiel estime que cette loi fondamentale avait été imposée par les anciens belligérants au sortir des conflits armés qu’a connus le pays.

« Nous sommes rattrapés par notre histoire. L’UDPS avait promis qu’une fois au pouvoir, elle toucherait à cette Constitution », a-t-il soutenu, évoquant l’héritage politique de Étienne Tshisekedi.

Kabuya considère ainsi que la Constitution issue de la Conférence nationale souveraine de 1992 pourrait servir de base de réflexion, tout en étant adaptée aux réalités actuelles du pays.

Pas de troisième mandat pour Félix Tshisekedi ?

Interrogé sur les soupçons d’un éventuel projet de troisième mandat pour Félix Tshisekedi, Augustin Kabuya a catégoriquement rejeté ces accusations.

Il accuse certains opposants ainsi que des médias de faire dire au chef de l’État ce qu’il n’a jamais affirmé publiquement.

« Le président de la République n’a jamais déclaré qu’il voulait un troisième mandat », a-t-il insisté.

Selon lui, le débat actuel porterait davantage sur l’avenir institutionnel du pays que sur une question de maintien personnel au pouvoir.

Le C64 dans le viseur de l’UDPS

Tout au long de la conférence de presse, Augustin Kabuya a multiplié les piques contre l’opposition, particulièrement contre la plateforme C64 récemment lancée.

Selon lui, les leaders de cette opposition seraient davantage influents “sur les réseaux sociaux” que sur le terrain politique réel.

« La vraie opposition, c’est sur le terrain. Ce n’est pas dans des salles de 300 personnes », a-t-il ironisé.

Le secrétaire général de l’UDPS affirme toutefois ne craindre aucune confrontation politique avec ses adversaires.

« Nous allons nous retrouver devant le souverain primaire : le peuple », a-t-il lancé.

Violente charge contre Jean-Marc Kabund

La conférence de presse a également été marquée par une virulente sortie contre Jean-Marc Kabund.

Augustin Kabuya a qualifié de “mensonges montés de toutes pièces” les récentes accusations de Kabund concernant de prétendues discussions internes au sommet du pouvoir autour des ressources minières du pays.

Le secrétaire général de l’UDPS a accusé son ancien camarade d’être dans une logique de “diversion politique” et d’entretenir désormais des liens avec Joseph Kabila.

Dans une séquence particulièrement tendue, Kabuya est même revenu sur un ancien incident impliquant Jean-Marc Kabund et la mère biologique du président Félix Tshisekedi, évoquant une altercation autour d’un véhicule dont les pneus auraient été dégonflés.

Une bataille politique désormais ouverte

Avec le lancement officiel de la C4, le débat sur la réforme ou le changement de la Constitution entre désormais dans une nouvelle phase politique en RDC.

D’un côté, l’opposition tente de mobiliser contre toute modification constitutionnelle ; de l’autre, l’Union sacrée et l’UDPS veulent occuper le terrain populaire et médiatique afin de défendre la nécessité d’un changement institutionnel.

À deux ans de la fin du second mandat de Félix Tshisekedi, la bataille autour de la Constitution apparaît désormais comme le principal front idéologique entre majorité et opposition.

À ne pas rater

À la une