Election du gouverneur du Sankuru : Quatre candidats se font peur !

Reportée le 7 avril dernier à cause des moyens financiers indisponibles pour l’organisation, l’élection du gouverneur de la province du Sankuru et son vice a été reprogrammée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour le 15 avril prochain. Au total, 10 candidats, tous des indépendants, sont dans la course pour succéder à Victor Kitenge déchu le 26 mai 2025 par les députés provinciaux, pour mauvaise gestion et gaspillage des ressources publiques.

Seulement, parmi les 10 compétiteurs sur la liste définitive publiée par la CENI ce 31 mars, quatre sont favoris et se font peur. Il s’agit de l’ancien gouverneur de cette province, Jules Lodi, surnommé « joueur de deuxième mi-temps » pour sa participation à cette élection du gouverneur toujours en remplacement de celui déchu.  

En effet, le successeur de Joseph Stéphane Mukumadi, actuellement sénateur et président de la Commission PAJ de la Chambre haute du Parlement, fort de ses 5 députés provinciaux déjà disponibles sur lesquels il a une influence (Valentin Tshitenge son premier suppléant, sa 2ème épouse Charlie Etamba, l’élu du territoire de Lusambo, son colistier Charles Motomoke, l’élu de Lubefu (UNC), et enfin son jeune frère Djongandeke, l’élu de Katako), mise sur 8 députés pour siéger de nouveau à la tête du Sankuru.

Le deuxième c’est Tony Nembalemba. Il est, dit-on, le chouchou de la puissante gouverneure de la province du Lualaba, Fifi Masuka. Sans maîtrise de la politique sankuroise, il mise évidemment sur la cupidité des élus provinciaux impayés pendant plusieurs mois. Un paquet alléchant peut facilement lui faciliter l’allégeance de 13 députés pour occuper de siège délaissé par Victor Kitenge.

Roger Nkoy figure aussi parmi les candidats qui se font peur. Venu de la diaspora, il est présenté par certains élus provinciaux comme celui qui a le meilleur projet pour le Sankuru. Il a derrière lui un grand lobbying des jeunes turcs qui ne veulent pas d’un gouverneur téléguidé par des mentors. Mais l’expérience vécue de Joseph Mukumadi, venu aussi de la diaspora, crée une certaine dubitativité au sein de la population sankuroise au regard de l’adage qui dit qu’« un chat échaudé, craint l’eau froide ».

Joseph Lumu Akutu, président du bureau d’âge de l’Assemblée provinciale du Sankuru à l’époque de Joseph Mukumadi, n’est pas négligeable dans cette course pour le poste du gouverneur. Ancien douanier, il a le soutien d’un grand douanier capable de mettre du paquet consistant et d’un sénateur très influent dans le cercle du régime Tshisekedi dont Scoop RDC tait les noms pour raison des stratégies électorales.  

Son passage semble être sûr d’autant plus que son colistier, José Dambo, bien que traité de poids mouche pour le candidat Jules Lodi, est soutenu par l’ancien VPM de l’Intérieur Daniel ASELO, actuellement député national et cadre influent au sein de l’UDPS, parti au pouvoir. D’autres caciques du Sankuru en sourdine se sont alignés derrière Aselo pour faire échec à Jules Lodi. José Dambo fut député provincial pendant les turbulences de pétition contre Benoît Olamba sous Mukumadi. 

Les autres candidats : Lambert Eloko, Joseph Mpoyi, Marie Ngolo Mondo, Omangelo Diengo, Justin Omokala et Gloria Zoé Utshudi embellissent le décor.

De ces quatre candidats favoris, les Sankurois croisent les doigts pour voir lequel sera, s’il est élu, capable de sortir du gouffre la province qui peine à décoller depuis le démembrement en 2015.

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