Alors que le président de la République, Félix Tshisekedi, avait rappelé lors de la 49ième de la réunion du Conseil des ministres du 27 juin 2025 que le Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) incarnait la vision d’un développement à la base, équitable, inclusif et durable, telle qu’il l’a toujours voulu, et avait exigé que tous les ouvrages prévus dans la première phase soient livrés au plus tard le 31 décembre 2025, à Lubefu, c’est un pan de fumée noire qui couve ce territoire de la province Sankuru. Ce que dénonce le député national Hyppolite Djongambo Ndjadi.
« …nous constatons avec amertume que ce projet phare rencontre d’énormes difficultés dans le territoire de Lubufu. Les informations à ma disposition font état des chantiers abandonnés depuis trois ans, des projets n’ayant jamais connu le début d’exécution, de mise en place d’un marché noir pour la vente de matériel destiné aux travaux (ciment, barres de fer, clous, etc.), de milliers de sacs de ciment abandonnés et détériorés, du personnel local non rémunéré depuis deux ans », écrit l’élu de Lubefu dans sa motion d’information déposée au bureau de l’Assemblée nationale déjà le 22 novembre dernier.
Maintenant que son institution est allée en vacances parlementaires lundi 15 décembre, le député national Hyppolite Djongambo Ndjadi qui attendait avoir du Gouvernement des éclaircissements sur les causes principales de ces disfonctionnements et les mesures correctives envisagées pour permettre à la population de Lubefu de bénéficier pleinement des réalisations prévues par ce programme, est très désolé que sa motion n’ait pas attentionné le bureau et ne s’empêche pas de parler d’un « sabotage de l’initiative du président de la République ».
Or, ce dernier, le président de la République donc, qui pensait corriger les inégalités historiques entre les milieux urbains et ruraux, et à ancrer durablement la présence de l’Etat dans tous les territoires de notre pays, va certainement déchanter aussi le 31 décembre face à cet échéancier qui avait été clairement réaffirmé parmi les résolutions de la XIIᵉ session de la Conférence des Gouverneurs de province.
A une dizaine de jours de la date butoir, ce n’est pas seulement le Lubefu d’Hyppolite Ndjongambo Ndjate ni son Sankuru natal qui sont dans les déboires de PDL 145T, mais la plupart des provinces qui se sont retrouvées dans le quota accordé au Programme des nations unies pour le développement (PNUD). En effet, pour l’exécution des ouvrages, dans le cadre du Programme de développement à la base des 145 territoires, le gouvernement congolais a dû signer des contrats avec trois agences, notamment le Programme des nations unies pour le développement, le Bureau central de coordination (BCeCo) et la Cellule d’exécution des financements en faveur des Etats fragiles (CFEF).
Au PNUD, il a été confié 9 provinces comprenant 54 territoires à savoir : le Kasaï, le Sankuru, la Tshuapa, la Mongala, le Bas-Uele, le Maniema, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Tanganyika. L’agence onusienne y devait construire 424 écoles, 283 centres de santé et 54 bâtiments administratifs, soit 761 ouvrages à construire. A ce jour, c’est la moins cotée de toutes les agences à cause de sa lourdeur administrative.
Au 31 décembre 2025, l’on doute fort que la première ministre qui, à un moment de son passage à la tête au ministère du Plan, avait piloté ce PDL 145T, pourra présenter son exécution positive, surtout en ce qui concerne le quota remis au PNUD au président de la République. Mauvais casting du projet, selon plusieurs experts.


