Construction inachevée et abandonnée des infrastructures des IXièmes Jeux de la francophonie : Nicolas Kazadi et Alexis Gisaro obligés à rendre des comptes

L’ancien directeur national du Comité des Ixièmes Jeux de la Francophonie (CNJF), Isidore Kwanja, est très lassé par de nombreuses vidéos lui envoyées, montrant des infrastructures inachevées et abandonnées, lesquelles devaient loger les différents athlètes venus participer aux IXièmes Jeux de la francophonie à Kinshasa.

Sur son compte X, Isidore Kwanja qui donne des explications claires et  se dédouane, rejette cependant la responsabilité sur les anciens ministres Alexis Gisaro et Nicolas Kazadi, respectivement des Infrastructures et travaux publics ainsi que des Finances. Ci-dessous son post sur X :

« Depuis quelques jours, plusieurs personnes nous envoient la vidéo où l’on voit des infrastructures initialement construites pour loger les athlètes pendant les IXes Jeux de la Francophonie.

Nous tenons à préciser que la direction du Comité national des Jeux de la Francophonie dont nous avons eu le privilège et l’honneur de présider, avait pour mandat uniquement d’organiser les Jeux et de faire un Rapport général aux autorités compétentes, pour dispositions utiles.

La construction des infrastructures et leur maintenance ne relevaient pas de notre compétence. C’était la compétence du ministère des Infrastructures et Travaux Publics (ITP) qui avait signé les différents contrats avec les entreprises privées et qui assurait en même temps le suivi technique par l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT) et le Bureau Technique de Contrôle (BTC), d’une part, et du ministère des Finances qui assurait les paiements nécessaires pour la bonne exécution des travaux, d’autre part. Les deux ministères étaient par ailleurs membres du Bureau du Comité de pilotage des Jeux de la Francophonie, l’organe d’orientation, de contrôle et de décision.

Mais étant donné le retard pris dans la construction du Village des Jeux, les athlètes ont finalement été logé dans les homes de l’université de Kinshasa.

Toutefois, dans notre Rapport général final, nous avions fait une série de recommandations au gouvernement, pour préserver et pérenniser cette œuvre grandiose réalisée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour promouvoir le sport en République démocratique du Congo. 

Entre autres, nous avions proposé la création d’un organisme en mode PPP, qui devait assurer la gestion, l’entretien et la maintenance, avec les entreprises privées qui avaient construit ces infrastructures ».

Des explications obligatoirement attendues de Nicolas Kazadi et Alexis Gisaro

Point n’est besoin de rappeler que budget adopté par le Comité de pilotage et approuvé par l’OIF était de 66.900.000 euros, soit près de 72 millions USD pour l’organisation de la 9ième édition des Jeux de la francophonie. Mais curieusement, le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, lors de son passage dans le briefing avec la presse organisé par son collègue de la Communication et des médias et porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, annoncera avoir dépensé 324 millions USD pour l’organisation de ces mêmes JF. Montant multiplié par 4,5 dénoncé et décrié par l’ancien député national Claudel-André Lubaya. « En détournant 324 millions USD au prétexte de matérialiser la vision du Chef de l’Etat dans le cadre des Jeux de la francophonie, le Gouvernement s’est rendu coupable de délinquance financière aggravée et, de ce fait, s’est placé du bon côté de l’indécence », avait-il écrit sur son X. 

Immédiatement, Isidore Kwandja n’avait pas reconnu avoir géré ce montant annoncé de 324 millions USD, rejetant toujours la responsabilité sur les deux ministres (lire l’article de Scoop RDC :  324 millions USD supposés dépensés pour les Jeux de la francophonie : Isidore Kwandja renvoie Claudel Lubaya chez Kazadi et Gisaro, l’IGF interpellée !).

Maintenant qu’il est constaté la construction inachevée et abandonné des infrastructures et que nombreux prestataires sont impayés jusqu’à ce jour et grincent les dents (Ndlr : ils réclament au moins 37 millions USD dont 30 millions pour les entreprises qui avaient construit les infrastructures et 7.499 du solde des prestataires qui avaient offert des services au CNJF), pourquoi laisse-t-on ces deux ministres tranquilles ? Le procureur général près la Cour de cassation somnole-t-il ou ferme-t-il tout simplement les yeux sur ce dossier qui a englouti plus de millions USD que ceux reprochés à Constant Mutamba et pour lesquels il croupit en prison sans les bouffer ? L’Inspection générale des finances (IGF) est aussi vivement interpellée. Elle devra d’abord savoir à quoi ont servi les 258 millions USD (324 millions – 66 millions) et ensuite vérifier minutieusement les pièces justificatives, étant donné que la surfacturation est la pratique courante des gestionnaires étatiques. Le peuple congolais attend impatiemment l’intervention et le résultat du travail de l’IGF.  

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