La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle alerte sanitaire majeure. Le ministre de la Santé publique, hygiène et prévention sociale, le Dr Roger Kamba Mulamba, a confirmé, jeudi 4 septembre 2025, la résurgence de la maladie à virus Ebola dans la zone de santé de Bulape, territoire de Mweka dans province du Kasaï. L’annonce a été faite lors d’un briefing spécial diffusé à la RTNC, en présence du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Selon les chiffres provisoires communiqués par les autorités sanitaires, la flambée actuelle de souche Zaïre a déjà causé 16 décès parmi 28 cas suspects, dont quatre agents de santé. Le taux de létalité estimé atteint 57 %.
Cette nouvelle flambée porte à seize le nombre d’épidémies d’Ebola enregistrées en RDC depuis 1976, année de la première apparition du virus dans l’ex-province de l’Équateur.
Un cas index identifié à Bulape
Les investigations de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ont permis de retracer la chronologie. Le 20 août, une femme enceinte de 34 ans admise à l’Hôpital général de Bulape présentait une fièvre élevée, des vomissements, une faiblesse extrême et des hémorragies. Le 3 septembre, les analyses effectuées sur cinq échantillons ont confirmé la présence du virus Ebola, déclenchant l’alerte officielle.
Des mesures d’urgence activées
Le ministère de la Santé a immédiatement mobilisé le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP) pour coordonner la réponse. Le système de gestion des incidents a été activé, des équipes d’intervention rapide déployées et des structures de triage et d’isolement installées. Les autorités ont également mis en place des enterrements sécurisés, afin de prévenir toute contamination lors des obsèques, tout en respectant la dignité des familles.
Le Dr Kamba a insisté sur l’importance de la transparence et de la collaboration communautaire : « Ces chiffres restent provisoires, car les investigations se poursuivent. Cacher un malade, c’est exposer ; le déclarer, c’est sauver. Ebola est une maladie grave, mais une prise en charge précoce, gratuite et globale augmente les chances de survie. Ebola ne se vainc pas par l’effort d’un seul, mais par la discipline de tous ».
Prévention et sensibilisation au centre de la riposte
Pour renforcer l’efficacité de la réponse, un plan national de communication a été lancé. Il prévoit des campagnes radiophoniques en langues locales, la mobilisation des chefs coutumiers et religieux, ainsi que l’implication des associations de femmes, souvent en première ligne dans la gestion familiale de la santé.
Les principales consignes données à la population sont claires :
- signaler tout cas suspect via le numéro vert 151 ;
- éviter le contact avec des malades ou des cadavres non pris en charge ;
- ne pas manipuler d’animaux trouvés morts ;
- maintenir une hygiène rigoureuse, notamment le lavage fréquent des mains ;
- rejeter toute forme de stigmatisation envers les malades et leurs proches.
« La première protection pour la population, c’est de s’abstenir de toucher les personnes malades », a martelé le ministre, précisant que les équipes médicales sont équipées de matériels de protection adaptés.
Une épreuve récurrente pour la RDC
Depuis près de cinq décennies, la RDC reste l’un des pays les plus affectés par le virus Ebola. Si les avancées scientifiques permettent aujourd’hui l’utilisation de vaccins et de traitements spécifiques contre la souche Zaïre, la réussite de la riposte repose sur la réactivité du système de santé et la discipline collective des communautés.
En conclusion, le Dr Kamba a exhorté les médias à jouer pleinement leur rôle de relais d’informations fiables pour combattre la désinformation, insistant sur la nécessité d’une mobilisation nationale afin de briser la chaîne de transmission.


