Par Héritier Kazadi.
Le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru (CTJ-Rutshuru) a dénoncé, dans un communiqué publié le 19 juin 2026, ce qu’il qualifie de « grave violation du droit international humanitaire » qui aurait été commise par les rebelles du M23-AFC dans le groupement de Bambo, en chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.
Selon cette organisation de jeunesse, les faits remontent au 14 juin 2026 à Mukondo, une localité du groupement de Bambo. Une dizaine de femmes et d’enfants auraient été arrêtés alors qu’ils se rendaient dans leurs champs pour chercher de la nourriture. Les personnes interpellées seraient accusées par les rebelles d’entretenir des liens familiaux avec des combattants Wazalendo.
Le CTJ-Rutshuru affirme que plusieurs victimes seraient actuellement détenues à Kishishe, sans possibilité pour leurs proches de leur rendre visite ni d’obtenir des informations précises sur leur état de santé. Cette absence de contact alimente de vives inquiétudes quant à leur sécurité et à leurs conditions de détention.
Parmi les personnes identifiées figurent notamment Rehema Nyenyeri Nzayikorera, âgée de 26 ans et arrêtée avec son bébé, Céline Wimana Zirimwabagabo, 19 ans, Rebecca, 20 ans, interpellée également avec son nourrisson de sept mois, ainsi que deux autres habitants de la localité de Munguli, dont un garçon âgé de 12 ans.
Face à cette situation, le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru exige la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes détenues. L’organisation appelle également au respect strict du droit international humanitaire ainsi que des instruments internationaux protégeant les populations civiles en période de conflit armé.
Dans son communiqué, le CTJ-Rutshuru sollicite l’implication de la communauté internationale, des Nations unies, de l’Union africaine, de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ainsi que des organisations nationales et internationales de défense des droits humains, afin de diligenter une enquête indépendante pour établir les responsabilités. Il réclame par ailleurs des sanctions contre les auteurs présumés et le renforcement des mécanismes de protection des civils dans les zones sous occupation armée, notamment dans les chefferies de Bwito et de Bwisha.
Cette dénonciation intervient dans un contexte sécuritaire marqué par la persistance des affrontements et des tensions dans plusieurs localités du territoire de Rutshuru, où les organisations de la société civile continuent d’alerter sur la détérioration de la situation humanitaire et les risques croissants auxquels sont exposées les populations civiles.



