Le football congolais n’a pas fini de vibrer au rythme de l’affaire Bingi Belo. Ce qui semblait n’être au départ qu’un simple dossier administratif, est désormais devenu un véritable bras de fer entre deux géants du championnat national. D’un côté, le TP Mazembe, institution historique du football africain. De l’autre, les Aigles du Congo, nouvelle puissance montante déterminée à bousculer l’ordre établi. Au centre de cette tempête : la situation administrative du joueur Bingi Belo.
Mardi, à Lubumbashi, le secrétaire général du TP Mazembe, Frédéric Kitenge, a décidé de sortir de son silence. Face aux accusations répétées des Aigles du Congo concernant une supposée irrégularité liée à l’enregistrement du joueur, le dirigeant des Corbeaux a choisi de répondre avec fermeté.
« Même pour mentir, il faut une petite dose d’intelligence. Vidiye Tshipanda ne doit pas se croire comme le centre de la planète du football congolais. S’il ne sait pas respecter le TP Mazembe, nous allons lui apprendre à respecter notre institution », a déclaré Fréderic Kitenge Kikumba.
Une sortie musclée qui illustre le niveau de tension atteint dans ce dossier qui continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion sportive congolaise.
Pour Frédéric Kitenge, les accusations formulées contre le TP Mazembe relèvent davantage d’une stratégie de déstabilisation que d’une véritable démarche de recherche de vérité. Le dirigeant lushois estime que le débat doit rester dans le cadre sportif et administratif, loin des considérations politiques.
« Le TP Mazembe est une équipe de football, pas l’opposition ni le pouvoir. Arrêtons de mélanger les choses », fait observer Kitenge Kikumba
Mais du côté des Aigles du Congo, pas question de reculer. Quelques heures seulement après les déclarations du patron administratif de Mazembe, Vidiye Tshimanga a répliqué dans un long droit de réponse. Tout en reconnaissant le prestige du club noir et blanc, il a remis en question la gestion du dossier par les dirigeants du TPM.
« Le TP Mazembe a écrit certaines des plus belles pages du football congolais. Mais aujourd’hui, nous allons démontrer par A+B que son administration est soit dépassée par la réalité actuelle, soit qu’elle a profité pendant des années des insuffisances administratives de ses adversaires », riposte Vidiye Tshimanga.
Le président des Aigles du Congo reste convaincu que le joueur Bingi Belo a été aligné dans des conditions qu’il juge irrégulières durant la phase des playoffs.
« Vous avez fait jouer frauduleusement un joueur pendant toute la phase des playoffs. Cela s’appelle de la tricherie », dénonce-t-il.
Des accusations particulièrement lourdes qui visent directement la crédibilité du champion de la Linafoot.
Selon Tshimanga, toute la question repose sur l’existence d’une licence internationale valable pour la saison 2025-2026. Le dirigeant des Samouraïs affirme que le TP Mazembe serait incapable de présenter un document conforme aux exigences du système FIFA.
« Jusqu’à preuve du contraire, il vous est impossible d’exhiber une licence valable du joueur litigieux. Le système FIFA est verrouillé et international. Vous ne pourrez jamais présenter une licence officielle de ce joueur », lance-t-il le défi à Fréderic Kitenge.
Au-delà du cas Bingi Belo, les Aigles du Congo se présentent comme les défenseurs d’un football plus transparent et plus rigoureux.
« Nous voulons participer à remettre de l’ordre dans le football congolais », promet le président des Aigles du Congo.
Mais c’est surtout la conclusion du message de Tshimanga qui a retenu l’attention. Dans une formule mêlant ironie et provocation, il a lancé une pique qui fait déjà le tour des réseaux sociaux : « Vous nous avez appris à lutter contre la corruption arbitrale, les équipes satellites et la morale. Vous êtes le maître, nous sommes les élèves. Vous nous avez appris à danser. Aujourd’hui, nous dansons mieux »
Une phrase qui résume parfaitement l’état actuel des relations entre les deux camps.
Pendant ce temps, les supporters retiennent leur souffle. Car derrière cette guerre des mots se joue peut-être bien une bataille aux conséquences sportives majeures. Si les accusations des Aigles du Congo étaient confirmées par les instances compétentes, c’est tout l’équilibre sportif des playoffs qui pourrait être remis en question.
En attendant une éventuelle décision de la FECOFA ou des organes juridictionnels compétents, le dossier Bingi Belo continue d’enflammer le football congolais.
Une chose est sûre : le match entre le TP Mazembe et les Aigles du Congo ne se joue plus uniquement sur le terrain. Désormais, il se dispute aussi dans les bureaux, devant les micros et dans l’opinion publique. Et dans cette bataille, aucun des deux camps ne semble prêt à déposer les armes.



