« Une nation qui honore ses anciens serviteurs prépare avec sérénité l’avenir de ses nouvelles générations ». Cet adage semble inspirer la vision du gouvernement congolais, qui poursuit résolument sa politique de modernisation de l’administration publique à travers le rajeunissement de ses effectifs.
Le gouvernement de la République a franchi une nouvelle étape dans la réforme de la Fonction publique avec la mise à la retraite de 1 028 agents de carrière des services publics de l’État. L’annonce a été faite par le vice-premier ministre en charge de la Fonction publique, de la modernisation de l’administration et de l’innovation du service public, Jean-Pierre Lihau, qui inscrit cette démarche dans la droite ligne des orientations du président de la République, Félix Tshisekedi, visant à doter le pays d’une administration plus jeune, plus performante et plus efficace.
Au-delà du renouvellement générationnel, cette mesure se veut également un acte de reconnaissance envers les agents ayant consacré plusieurs décennies au service de l’État, en leur garantissant un départ à la retraite digne et sécurisé.
Cette quatrième vague de mise à la retraite concerne des agents issus de différentes catégories de l’administration publique, notamment 4 secrétaires généraux, 9 directeurs, 8 chefs de bureau, 80 attachés d’administration de première classe, 115 attachés d’administration de deuxième classe, 130 agents d’administration de première classe, 130 agents d’administration de deuxième classe, 102 agents auxiliaires de première classe, 200 agents auxiliaires de deuxième classe ainsi que 250 huissiers.
« Ces chiffres traduisent notre volonté de poursuivre un mouvement ordonné, progressif et équilibré, touchant l’ensemble des catégories d’emploi de l’État, dans le respect des règles et de la dignité », a déclaré Jean-Pierre Lihau.
Le vice-premier ministre a précisé avoir déjà signé les notifications des agents concernés et transmis les documents à leurs administrations respectives afin de permettre une exécution rapide et sans ambiguïté de cette décision.
La retraite n’est ni une sanction ni un abandon
Sur la question des droits financiers, Jean-Pierre Lihau s’est voulu rassurant. Il a annoncé que les indemnités de fin de carrière de tous les agents concernés ont été intégralement versées dans les comptes bancaires sur lesquels ils perçoivent habituellement leurs salaires de base.
Il a, par ailleurs, invité les opérateurs de paie à assurer un traitement digne, respectueux et empreint de considération à l’égard des nouveaux retraités.
Le patron de la Fonction publique a également indiqué qu’à partir du mois de juillet de cette année, les agents admis à la retraite commenceront à percevoir leurs pensions auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP), déjà instruite à cet effet.
Les agents non encore immatriculés sont invités à se rapprocher de l’agence de la CNSSAP la plus proche afin de remplir les formalités requises et de choisir leurs moyens de paiement préférentiels, notamment via le mobile banking.
Dans le même registre, le vice-premier ministre a encouragé les ayants droit des agents décédés après leur départ à la retraite à engager les procédures prévues par le Code de la famille afin de bénéficier des droits qui leur reviennent, notamment la rente de survie destinée aux veuves et aux orphelins éligibles.
Réaffirmant la volonté du gouvernement de renforcer la protection sociale des retraités, Jean-Pierre Lihau a insisté sur le fait que la retraite ne doit plus être perçue comme une fatalité.
« La retraite n’est ni une sanction ni un abandon. Elle constitue au contraire une étape normale, prévue et organisée de la carrière de tout agent. Elle doit être pensée et vécue comme un passage digne et sécurisé après une vie professionnelle consacrée au service de l’État. Oui, il y a bien une vie après la carrière », a-t-il expliqué.
Le ministre a reconnu que, par le passé, de nombreux fonctionnaires considéraient la retraite comme « un couloir menant tout droit vers la mort ». Une perception qui, selon lui, tend progressivement à disparaître grâce aux réformes entreprises et aux garanties sociales mises en place.
Des indemnités de fin de carrière revalorisées
Jean-Pierre Lihau a également annoncé la revalorisation des indemnités de fin de carrière ainsi que l’amélioration des pensions et des rentes régulièrement payées par la CNSSAP. Ces améliorations, a-t-il précisé, se poursuivront au rythme des revalorisations salariales des agents actifs, dans le cadre des mécanismes de solidarité intergénérationnelle voulus par le chef de l’État.
« Chaque retraité fera l’objet d’un suivi personnalisé et d’un accompagnement social particulier, notamment à travers les actions sociales et sanitaires gérées par la CNSSAP », a-t-il martelé.
Et de conclure : « On juge la grandeur d’une nation à la manière dont elle traite ceux qui l’ont servie. Il est temps de rendre justice à nos parents, à nos aînés et à tous ceux qui ont sacrifié leur vie au service de l’État. Avec la volonté du Président de la République, nous faisons de notre mieux pour rendre cela possible. Parce que oui, tout est question de volonté ».
Il convient de rappeler que la précédente vague de mise à la retraite avait concerné 2 000 agents, parmi lesquels 58 secrétaires généraux, inspecteurs généraux et médecins généraux, 232 directeurs, 285 chefs de division, 106 chefs de bureau, 716 agents de collaboration et 603 agents d’exécution.
Le pari du rajeunissement administratif
Mise en œuvre depuis 2011, la politique de rajeunissement de l’administration publique vise à doter l’État congolais d’un personnel plus jeune, compétent et adapté aux exigences d’une administration moderne. La mise à la retraite des agents ayant atteint la limite d’âge permet non seulement de renouveler les effectifs, mais également de libérer des postes et une masse salariale susceptibles de favoriser le recrutement de nouveaux cadres issus notamment de l’École nationale d’administration, du programme des Jeunes Professionnels et des structures standards de l’administration publique.
À travers cette nouvelle vague de départs à la retraite, le gouvernement réaffirme ainsi son ambition de bâtir une administration publique plus performante, plus efficace et davantage tournée vers les défis de demain.



