RDC : A l’UNISIC, Patrick Muyaya dénonce la prospérité du Rwanda issue du pillage

Le processus de pacification de la République démocratique du Congo (RDC) continue d’alimenter le débat public. Ce jeudi 31 juillet 2025, à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), ex-IFASIC-ISTI, une conférence-débat a permis d’aborder un sujet sensible : la prospérité économique du Rwanda, perçue par Kinshasa comme le fruit d’un pillage systématique des ressources congolaises.

« Une prospérité bâtie sur le sang et les minerais congolais » 

Lors de son intervention, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, n’a pas mâché ses mots : « La prospérité visible aujourd’hui au Rwanda résulte d’un pillage systématique des ressources de l’Est de la RDC ».

Selon lui, depuis le génocide de 1994, les autorités de Kigali ont mis en place un mécanisme de déstabilisation durable de la RDC à travers plusieurs mouvements politico-militaires, dont l’AFDL (Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo), le RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie), et bien d’autres.

« Ces groupes ont servi de bras armés à une stratégie régionale d’occupation et d’exploitation illégale de nos ressources naturelles », a ajouté le porte-parole du gouvernement congolais.

Un enjeu régional, un conflit enraciné 

Les propos du ministre s’inscrivent dans une analyse géopolitique plus large. Depuis plus de deux décennies, la région des Grands Lacs est en proie à une instabilité chronique. Mais pour Kinshasa, les tensions ne relèvent pas d’un simple différend frontalier, mais bien d’un système structuré de prédation économique.

« Le conflit à l’Est n’est pas une guerre tribale ou locale. C’est une guerre de survie nationale face à une entreprise de pillage régionalisée », a insisté Muyaya.

L’université comme lieu de mobilisation intellectuelle et patriotique

Cette conférence à l’UNISIC s’inscrit dans le cadre d’un cycle de rencontres citoyennes visant à mobiliser les jeunes autour des enjeux de mémoire, de souveraineté et de justice. Des étudiants, des chercheurs, des journalistes en formation, ainsi que des membres de la société civile ont pris part à cet échange. Objectif : déconstruire les récits imposés, et faire émerger une conscience collective autour des causes profondes de l’insécurité à l’Est du pays.

La paix ne se négociera qu’au prix de la vérité

Alors que les pourparlers diplomatiques se poursuivent sur la scène internationale (notamment à Washington et Doha), le gouvernement congolais semble durcir le ton : pas de paix sans justice, pas de stabilité sans réparation.

« On ne peut pas construire la paix sur le mensonge et l’amnésie collective. Le Congo doit se raconter et se défendre avec ses propres mots », a conclu Muyaya, dans un appel à la souveraineté narrative.

Vers une génération de narrateurs responsables 

L’événement à l’UNISIC s’est clos sur un message fédérateur scandé par les participants : Congolais Telema ! Tout Pour La Patrie ! Bendele  EkweyaTe !

Un cri du cœur, symbole d’une jeunesse prête à défendre l’histoire, les ressources et la dignité de la RDC.

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