Lorsque Lambert Mende a pris le courage de déclarer « qu’il était manipulé par Joseph Kabila » suite à la déclaration publique de ce dernier qui appréciait la reprise des armes par le M23 par lui qualifiée « d’aspiration du peuple congolais » alors que c’est le même M23 avec les mêmes acteurs qu’il avait combattu entre 2012-2013 comme force négative, des critiques exacerbes ont plu torrentiellement sur « l’homme au verbe facile » comme le chantait feu Papa Wemba.
Prenant sa défense dans un article publié dans Scoop RDC, l’ancien journaliste Radio Okapi, Innocent Olenga, à l’époque l’un de trois reporters -Robert Ndaye Tshisense, feu Magloire Paluku et lui-même- ayant couvert médiatiquement, de décembre 2012 à novembre 2013, les pourparlers de Kampala entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23, avait estimé que le mot « manipulé » utilisé par l’ancien porte-parole du gouvernement sous Joseph Kabila, était moins fort et qu’à sa place, Raymond Tshibanda, ancien ministre des Affaires étrangères, chef de la délégation gouvernementale à Kampala, aurait parlé de « désabusé ».
Non raison, car tout au long du déroulé de ces pourparlers qui avaient duré onze mois, Raymond Tshibanda, pas tendre envers la délégation rebelle, déclarait être en facile d’une force négative constituée des criminels.
« C’est simplement effarant de voir ces personnes qui dirigent le M23 ont commis comme crimes sur leurs propres frères et sœurs qu’ils prétendent vouloir servir », avait-il déploré dans sa réplique face au chapelet des revendications aussi confuses les unes que les autres non fondées sur les accords de Goma, chargeant terriblement le gouvernement congolais (lire le chapitre « les péripéties des pourparlers de Kampala » contenu dans le livre d’Innocent Olenga intitulé « 20 ans de marche sur les œufs. Parcours de combattant d’un journaliste congolais).
Ni Raymond Tshibanda, ni le sénateur honoraire Mulaila, moins encore la sénatrice honoraire Francine Muyumba qui étaient à Kampala pour le compte du pouvoir de Kinshasa, ne comprendraient nullement qu’ « une force négative » qui était en face d’eux et qu’ils avaient combattue pendant onze mois sous le régime Kabila, puisse devenir douze ans plus tard, « une aspiration du peuple » sous Tshisekedi alors que les animateurs de cette rébellion restent les mêmes : Bertrand Bisimwa, René Abandi, Sultani Makenga… Pire qu’aujourd’hui, Joseph Kabila s’asseye avec eux à une même table, concoctant les massacres des pauvres congolais à cause de la soif du pouvoir !
En sa qualité d’ancien négociateur principal et de coordonnateur du FCC, l’ancien ministre des Affaires étrangères doit aussi prendre son courage pour dire que Joseph Kabila avait désabusé d’eux, les prenant pour des naïfs dans la guerre du M23 soutenu par le régime du Rwanda. Très simplement, on peut conclure à juste valeur que c’était son jeu, qu’il était en complicité avec Paul Kagame pour la balkanisation du pays, malheureusement échouée grâce à la cohésion nationale du peuple congolais. Sinon, même un bougre ne comprendrait pas que les mêmes personnes qui agressaient l’intégrité territoriale de RDC et que l’on a défaites militairement, soient devenues aujourd’hui de vrais alliés pour la même cause de la balkanisation prônée de la RDC par le régime de Kinshasa.
La fille du général Budjamabe dont le père a sacrifié sa vie pour la défense de son pays, a rappelé dans son coup de gueule envers Kabila ceci : « Joseph Kabila Kabange, que les choses soient dites sans ambages : tu ne peux prétendre évincer le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo sans te heurter à la volonté d’un peuple tout entier. La République démocratique du Congo ne se résume ni à son chef de l’État ni aux intérêts d’une quelconque faction politique : elle est une nation souveraine, riche de sa diversité et jalouse de son intégrité territoriale ».
Le Congolais apolitique Jean-Serge Onyumbe a prodigué un seul conseil aux anciens « sociétaires » de Joseph Kabila : « La peste, on s’en éloigne. Vous n’êtes pas tenus de l’accompagner jusque dans les abysses. Le Congo vaut davantage que l’assouvissement sans fin d’une ambition de pouvoir ».
Raymond Tshibanda, l’avez-vous bien attendu ?



