Alesh désangélise Azarias Ruberwa : « Je suis un survivant et je ne me tairai point »

Dans un faux angélisme vendu en sa qualité prétendument de pasteur et homme de Dieu, l’ancien vice-premier président de la République sous la formule 4+1 sous le quota du RDC/Goma et éternel ministre de la Décentralisation sous le deuxième mandat de Joseph Kabila, Azarias Ruberwa estime toujours avoir le verbe pour convaincre et passer le message à l’extérieur du pays en défaveur de « son pays la RDC » dont il se réclame ressortissant. Son dernier soutien ou appui à la cause du M23 au USA en est une parfaite illustration.

Mais face à cette supercherie, Alain Chirwisa alias Alesh, artiste musicien, rappeur engagé et auteur-compositeur congolais n’avale pas ce genre des couleuvres. Il désangélise le faux pasteur et le recadre. Ci-dessous sa réaction :

Azarias Ruberwa se présente aux États-Unis d’Amérique comme un « acteur impartial » de la paix ??? Avant de lui accorder ce crédit, rappelons son parcours, tel que l’ont documenté l’ONU, Human Rights Watch, Crisis Group, et d’autres organisations crédibles. 

Je tiens à préciser que pour chaque élément mentionné dans ce long post, il existe des sources fiables sur internet. Je peux les fournir en cas de besoin :

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1. D’octobre 2000 à juin 2003, Ruberwa est secrétaire général du RCD-Goma, mouvement armé soutenu par Kigali. Il en est le chef politique de facto.

2. 14 Mai 2002 à Kisangani (La ville où j’ai grandi) : le RCD-Goma réprime une « mutinerie » portée par les jeunes de la commune de Mangobo qui protestaient contre le Mouvement Rebelle. 

Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, il y a eu au moins 163 morts, ainsi que des exécutions sommaires, des viols et des pillages. 

Certains de mes amis avaient été éventrés à la baïonnette, puis les militaires du RCD avaient rempli leurs ventres de pierres, avant de jeter leurs dépouilles dans la rivière Tshopo.

3. Le Conseil de sécurité a tenu le RCD-Goma pour responsable. Il a exigé que les auteurs et ceux qui ont donné les ordres soient jugés. Aucun commandant n’a été poursuivi. Tous couverts par leur hiérarchie (dont Monsieur Ruberwa)

4. HRW arrive quand même à enquêter et cite à Kisangani une figure importante comme responsable : Laurent Nkunda, alors commandant de la 7e brigade du RCD-Goma (dont la garde rapprochée avait tiré sur nous – je n’avais que 15 ans – le 5 Juin 2000 au début de la guerre de 6 jours). Retenez ce nom : LAURENT NKUNDA.

5. En 2004, Ruberwa est vice-président de la RDC, chargé de la défense et de la sécurité. Nkunda, ex-officier du RCD-Goma, prend Bukavu. HRW documente des meurtres, des viols et des pillages.

6. Interrogé par IRIN, Nkunda renvoie la responsabilité à sa hiérarchie du RCD-Goma et cite Ruberwa en premier.

7. La suite est connue. Nkunda fonde le CNDP avec d’ex-combattants du RCD-Goma. En 2012, d’ex-CNDP créent le M23. RCD-Goma, puis CNDP, puis M23 : une même lignée armée.

8. Ruberwa n’a pas créé le M23, mais il a dirigé politiquement le mouvement dont cette lignée est issue. On attend toujours de lui un examen public et honnête de cet héritage.

9. Aujourd’hui, le M23 est redevenu le groupe le plus meurtrier à l’Est de la RDC : au moins 114 civils tués en juin 2026 selon le Kivu Security Tracker. Au Nord-Kivu seulement, OCHA comptait 1,23 million de déplacés internes suite aux conflits armés, en fin février 2026.

10. C’est dans ce contexte qu’il faut lire les propos d’hier de Monsieur Ruberwa aux États-Unis, selon lesquels les swahiliphones seraient discriminés en RDC du simple fait de leur langue.

11. Le swahili est l’une des quatre langues nationales de la RDC. La Constitution OBLIGE l’État à en assurer sa promotion sans discrimination.

12. Il peut arriver que par ignorance ou manque d’instruction, quelques hors-la-loi tiennent des propos condamnables envers une personne qui s’exprime en swahili (ça m’est déjà arrivé à Goma à cause de mon lingala), mais une dérive combattue par l’Église, la société civile et la loi n’est pas une politique d’État. La présenter ainsi à l’étranger revient à déformer la réalité pour poursuivre un agenda obscur.

13. Ce récit d’un État qui persécuterait une partie de son peuple du simple fait de sa langue ou son ethnie est précisément celui qu’utilise l’AFC/M23 pour justifier ses actions armées. Le reprendre subtilement comme l’a fait Monsieur Ruberwa, c’est s’aligner derrière une approche inconstitutionnelle qui sème mort et désolation au sein des populations Congolaises.

14. En février 2026, Ruberwa alertait sur des frappes contre les civils de Minembwe, et il avait raison de le faire. Mais une défense crédible des civils vaut pour toutes les victimes, y compris celles du M23.

15. En 2020, alors ministre, il fait partie de la délégation qui officialise la commune contestée de Minembwe, ce qui provoque une crise et des violences armées. Suite à la pression populaire, il dément avoir installé le bourgmestre.

Alors, peut-on réellement considérer monsieur Ruberwa comme un acteur de paix désintéressé d’agendas obscurs ? 

Un acteur de paix crédible passe trois tests : reconnaître les crimes de son propre camp, condamner toutes les violences et, ne pas recycler le récit des belligérants. Ruberwa échoue à ces trois tests.

La paix en RDC passera par la vérité et la justice, à commencer par le rapport Mapping de l’ONU. Pas par ceux qui ont dirigé les forces que ce rapport documente.

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