Le mouvement associatif politico-citoyen et socio-culturel « Le Renouveau », né dans la diaspora congolaise de France, est passé du lancement à l’alliance. C’est à l’hôtel Mercure Paris Orly Rungis que s’est jouée, samedi 12 septembre 2026, la scène qui restera comme un jalon de cette jeune dynamique : en marge de la Conférence sur le développement durable organisée par le parti politique AREP (Agissons pour la République), sur le thème « Comment agir ensemble autour des quatre piliers de la transition ? », « Le Renouveau » a officiellement rallié la dynamique portée par le Ministre d’État, ministre des Relations avec le Parlement, Me Guy Loando Mboyo.
Une cérémonie à la hauteur de l’événement
Dans une salle décrite comme électrisée par l’instant, c’est Bernard Popo, Président de la fédération française d’AREP, qui a procédé à la remise des insignes du parti à Alfred Mote, au nom de l’autorité de référence d’AREP, Me Guy Loando. Un geste chargé de symbole : celui d’une maison qui s’agrandit, celui d’un mouvement de la diaspora qui rejoint un parti déjà solidement ancré en République Démocratique du Congo, représenté au Parlement comme au Gouvernement, et membre à part entière de l’Union Sacrée de la Nation (USN), la plateforme qui soutient la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Ce n’était pourtant, a tenu à préciser Alfred Mote dans son allocution, qu’une « première et restreinte » étape : une grande cérémonie populaire d’adhésion des membres du Renouveau à AREP est d’ores et déjà annoncée à Kinshasa dans les jours à venir, et l’espoir affiché est que Guy Loando Mboyo lui-même honore l’événement de sa présence, preuve, selon les mots du fondateur du Renouveau, que « chaque jour un peu plus la famille AREP s’agrandit », de la diaspora jusqu’aux « coins et recoins de la RDC ».
Pour Alfred Mote, la portée de cette signature dépasse le protocole. « La cérémonie de signature symbolisant l’alliance et l’adhésion de son mouvement à la vision d’AREP est une reconnaissance claire que la dynamique AREP consiste réellement en la préparation active pour bâtir le Congo de demain avec des politiques innovantes et inclusives », a-t-il déclaré, visiblement ému par un parcours qui, en quelques semaines, a fait franchir à son mouvement une étape décisive. Il s’est d’ailleurs présenté devant l’assistance en des termes qui disent tout de la dualité du moment : témoin d’un instant que l’histoire retiendra, désormais haut cadre d’AREP, mais restant, dans l’âme comme dans l’engagement, Président National du Renouveau.
Ce rapprochement ne doit rien au hasard. Il est l’aboutissement logique d’un parcours. Alfred Mote a été, pendant vingt ans, un des plus proches collaborateurs du député national Lambert Mende, qui en a fait le Secrétaire Général adjoint de la Convention des Congolais Unis (CCU), son parti politique, avant de le faire nommer Directeur de cabinet au Ministère des Relations avec le Parlement en 2021. De ce compagnonnage politique de deux décennies, Mote conserve, dit-il, une estime intacte pour son ancien mentor. Mais c’est en juillet 2026, au sein de la diaspora congolaise de France, qu’il a choisi de démissionner de ses fonctions de Secrétaire Général adjoint de la CCU pour fonder Le Renouveau, non pour tourner le dos à un passé, mais pour répondre, selon ses mots prononcés lors du discours de lancement à Champs-sur-Marne en région parisienne, à l’exigence de « faire plus, faire vite, faire mieux » pour le Congo. C’est précisément cette exigence qui a permis à AREP et au Renouveau de se reconnaître.
Une rupture assumée, une trilogie d’épreuves
Dans son allocution du 12 septembre, Alfred Mote a tenu à rappeler la genèse viscérale du mouvement qu’il préside : une naissance née d’un « besoin viscéral de rupture », rupture avec un passé qu’il qualifie de peu glorieux, rupture avec une méthode devenue trop familière à la classe politique congolaise et qui, selon lui, porte trop souvent « la laideur politique à son paroxysme ». Mais au-delà de la rupture, c’est une exigence plus haute encore que revendique Le Renouveau : celle de la cohérence et de la constance politiques, face à ce qu’Alfred Mote a présenté comme une véritable trilogie de défis auxquels la RDC fait face notamment l’agression rwandaise dans la partie Est du pays, la nécessité d’un dialogue national pour la cohésion et la refondation de l’État, et le vœu d’adapter la Constitution de la République aux enjeux politiques de l’heure. Une trilogie, va-t-il insisté, qui exige qu’enfin le Peuple souverain ait son mot à dire.
C’est dans ce contexte qu’Alfred Mote a situé la rencontre avec le leadership de Guy Loando Mboyo, autorité de référence d’AREP, en qui Le Renouveau dit avoir reconnu une vérité première : que faire de la politique est avant tout une exigence morale, une exigence de cohérence, une méthode de travail, et une ambition tenue avec constance, celle de bâtir un Congo plus uni, plaçant l’homme au centre de toute préoccupation, dans un élan de loyauté sans cesse renouvelée envers la République et envers le Président Félix-Antoine Tshisekedi.
Deux mouvements, une même grammaire politique
Sur le papier déjà, la parenté saute aux yeux. AREP affiche depuis sa création une ambition simple mais radicale : replacer le citoyen congolais au centre de l’action politique et bâtir, selon la formule qui orne son site, « le Congo de demain ». Le parti revendique une exigence de probité, d’honnêteté et d’intégrité comme fondement de son engagement, ainsi que la volonté d’ériger une société plus juste, plus responsable et plus libre, fondée sur le respect des lois et des droits fondamentaux. Il y ajoute une dimension que peu de formations congolaises assument aussi frontalement : la conviction que le destin du Congo se joue aussi sur la scène internationale, face à ses voisins comme face aux grandes puissances.
Que l’on pose à côté les cinq piliers du Renouveau : Unité, Intégrité, Justice, Solidarité, Patrie et l’on comprend pourquoi l’alliance a pris la forme d’une évidence plus que d’une négociation. L’intégrité, chez l’un comme chez l’autre, n’est pas un slogan de circonstance mais une méthode de gouvernance. La justice et le respect du droit, revendiqués par AREP, répondent directement à l’appel du Renouveau pour que cesse, à l’Est du pays, ce qu’Alfred Mote a qualifié dans son discours de lancement de « guerre de prédation ». La solidarité et la patrie, enfin, trouvent un écho naturel dans l’ambition d’AREP de porter la voix du Congo au-delà de ses frontières, et dans celle du Renouveau de mobiliser sans réserve la diaspora, lui qui se veut, dans les mots mêmes de son fondateur, « une voix, une voix forte, une voix qui porte, une voix qui pèse », une synergie d’efforts au service des populations congolaises, en RDC comme au-delà de ses frontières.
Même la méthode se ressemble. Là où AREP martèle qu’« un parti politique ne prospère ni dans l’incantation ni dans la démagogie », Le Renouveau affirme, dans son triptyque programmatique, vouloir être jugé sur des actes vérifiables et mesurables plutôt que sur la musique des discours. Les deux mouvements partagent enfin le même ancrage institutionnel : un soutien assumé, mais exigeant, au dialogue national voulu par le Chef de l’État, et une fidélité revendiquée à la vision portée par le Président Félix Tshisekedi au sein de l’Union Sacrée de la Nation.
Guy Loando Mboyo, un parcours qui inspire l’alliance
Dans son allocution, Alfred Mote s’est longuement arrêté sur la trajectoire de l’homme à qui Le Renouveau joint désormais « la noblesse de son combat ». Né à Bokungu, loin des cercles du pouvoir, Guy Loando Mboyo a gravi, à la seule force du travail, de la foi et de la persévérance, chaque marche de son parcours : du barreau de Kinshasa au Sénat de la République, puis du Sénat au gouvernement. Une trajectoire qu’Alfred Mote présente comme la démonstration vivante d’une conviction que Le Renouveau porte lui-même comme un étendard, qu’aucune origine ne détermine une destinée et dont le premier tome de l’ouvrage autobiographique de Guy Loando, L’Enfant de Bokungu, n’aurait, selon les mots du président du Renouveau, « pas fini de révéler tous ses secrets ».
Fondé à peine en 2022, AREP a, en quelques années, porté aux niveaux national, provincial et local un nombre d’élus jugé sans précédent pour un si jeune parti, preuve, selon Alfred Mote, qu’une vision d’avenir sincère sait rencontrer l’adhésion populaire et préparer, dès aujourd’hui, le Congo de demain par des politiques innovantes et inclusives. « C’est loin d’être une opinion politique, c’est une évidence indéniable », a-t-il martelé devant l’assistance.
Une union qui regarde vers Kinshasa
En choisissant de faire de cette adhésion un temps fort de sa Conférence sur le développement durable, AREP a voulu inscrire ce rapprochement dans une perspective plus large : celle d’une responsabilité partagée, où chaque sensibilité de la diaspora aux provinces de l’Est, des cadres politiques aux mouvements citoyens apporte sa pierre à l’édifice. Pour Le Renouveau, dont la vocation affichée est de migrer, à terme, vers le statut de parti politique enregistré en RDC, l’adossement à une formation déjà représentée au Parlement et au Gouvernement offre un ancrage institutionnel précieux, sans rien retirer à son autonomie de parole : le mouvement d’Alfred Mote a toujours revendiqué le droit de reprendre sa liberté si une cause venait à être trahie.
Dans son allocution, Alfred Mote a d’ailleurs tenu à recentrer cette alliance sur l’essentiel : les Congolais, a-t-il rappelé, n’attendent de la politique qu’une seule chose, des réponses concrètes à leurs préoccupations quotidiennes sur la paix, la justice, la sécurité, l’emploi, l’éducation, la santé, le développement économique et, par-dessus tout, la dignité de chaque Congolaise et de chaque Congolais. L’arrimage du Renouveau à AREP, a-t-il insisté, devra rester fidèle à ces priorités et nourrir une action politique responsable, respectueuse des institutions et attentive aux réalités vécues par le peuple, en RDC comme au sein de sa diaspora.
C’est peut-être là, au fond, la vraie portée du 12 septembre 2026 : la preuve qu’en RDC comme dans sa diaspora, des mouvements nés dans des contextes différents peuvent converger, non par calcul, mais parce qu’ils portent, chacun à sa manière, la même conviction celle qu’il est encore possible, pierre après pierre, de bâtir le Congo de demain. Alfred Mote a clos son allocution sur trois vivats qui résument, à eux seuls, l’esprit de la cérémonie : « Vive la République Démocratique du Congo ! Vive le dialogue politique ! Vive AREP et son autorité de référence, Me Guy Loando Mboyo ! »




