Affaire Matty Mayela : Qui des Services ou des Moleka a fuité la vidéo auprès de la presse ?

La première personne à balancer, mardi 18 août, la vidéo de la dame Matty Mayela devant la résidence du président de la République Felix Tshisekedi à la cité de l’Union africaine, à travers laquelle cette dernière se réclamait être l’une des épouses du chef de l’État, c’est Steve Wembi, journaliste traité durement par Kinshasa et autres bénéficiaires du pouvoir de « pro-Kigali » et proche de la rébellion « AFC/M23.

La diffusion de cette vidéo relayée par la suite par d’autres journalistes et internautes antirégime de Kinshasa, a suscité un vif tollé penchant beaucoup vers les critiques exacerbes à l’endroit de Félix Tshisekedi que les détracteurs ont du coup traité de tous les noms d’oiseaux de mauvais augure. Heureusement que les explications fournies par la Maison civile de ce dernier et la confirmation de la famille de la prétendante épouse du président de la République sur l’état de santé mentale troublante bien établie de Matty Mayela, ont permis de convaincre l’opinion et disculper le faussement incriminé, Félix Tshisekedi.

Cependant, la question fondamentale reste en suspens : qui a fuité cette vidéo prise le 11 ou 12 août auprès du journaliste Wembi qui l’a diffusée le 18, soit une semaine après ?

A suivre le récit de la députée nationale Wivine Moleka sur les réseaux sociaux, les services de sécurité de la présidence de la République l’ont appelée le 12 août dans la soirée pour lui signifier l’incident qu’une dame se réclamant de la famille Moleka à l’entrée de la Cité de l’Union africaine a créé. A la question de la députée de savoir comment elle s’appelait, la réponse lui a été donnée : Matty …

Ne se rappelant pas de ce nom, Wivine Moleka a demandé aux services de lui envoyer sa photo. C’est à ce moment-là qu’elle se rend compte qu’il s’agit de sa cousine qui vit depuis longtemps à Londres et qui souffrirait par des moments de démence. Wivine Moleko va appeler sa grande sœur Mado en lui transférant la photo. Mado Moleka appellera à Londres, Lisette, la sœur propre de Matty pour lui faire part de son forfait et solliciter son rappel rapide à Londres pour des soins médicaux. Lisette, pas très rassurée de l’information, appelle sa sœur mise en cause et cause très bien avec elle. Le doute s’accentue chez Lisette qui rappelle Mado Moleka pour lui dire que sa sœur ne reconnaît pas ce forfait. Face à cette ambiguïté, Mado Moleka revient vers sa petite sœur Wivine Moleka. Celle-ci rappelle les services de la présidence de la République pour leur faire part de ce doute de la famille de Mayela. C’est ainsi que les services lui envoient la vidéo de la scène comme preuve de conviction.

Wivine Moleka transmet la vidéo à Mado Moleka qui la transmet à son tour à Londres à Lisette pour la convaincre. Voilà comment la vidéo est partie de la présidence de la République vers les Moleka. Mais qui l’a envoyée au journaliste Steve Wembi ?

La piste Wivine et Mado Moleka semble à écarter d’autant plus que les deux jurent main sur le cœur d’avoir envoyé la vidéo à la famille propre de Matty Mayela comme pièce de conviction et non pour toute autre consommation.

Reste alors la piste de Londres et celle de services de la présidence de la République.

Lisette est-elle en contact avec le journaliste Steve Wembi qui vivrait à Nairobi au Kenya ? Peu probable. A-t-elle envoyé à l’un de ses proches sans savoir que ce dernier était en contact avec le journaliste scoopeur ? Possible. Mais toujours est-il que cette piste n’est pas très explosive que celle des services, structures dans lesquelles la notion d' »agent double » ou de « taupe » est très connue.

Non sans raison, car beaucoup d’informations en défaveur du régime diffusées ou publiées par les journalistes anti-Tshisekedi et qui sont parfois vraies, leur sont fournies par ces agents doubles de sécurité au sein de différents services spécialisés (ANR, DGM, CNS…). C’est donc une véritable piste à exploiter minutieusement. De Tabou Eboma, chef de sécurité rapprochée du président Tshisekedi, à son entourage de ce jour-là de l’incident, le Conseil Nantional de Cyberdéfense (CNC) doit fouiller les téléphones jusqu’au moindre détail.

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