Par Félix Ilunga.
La crise coutumière qui secoue la chefferie de Kalambayi, dans le territoire de Ngandajika (province de Lomami), connaît un nouvel épisode. Face aux tensions persistantes autour de la succession au trône coutumier, le gouverneur Iron-Van Kalombo Musoko a engagé une série de concertations visant à désamorcer le conflit et à restaurer l’autorité traditionnelle dans un climat apaisé.
Pendant trois jours, les prétendants à la chefferie, des notables et des chefs de groupements ont pris part à des échanges avec l’exécutif provincial et plusieurs responsables politico-administratifs. Objectif affiché : trouver une issue durable à une rivalité qui fragilise la cohésion locale.
Quatre candidats revendiquent actuellement la légitimité coutumière : Kanyeba Muepu Joseph, Kabamba Lu Mami II Henga Masela, Kayumba Nzadi Ya Manga et Kalombo Nzadi II. Cette multiplicité de prétentions alimente des divisions internes dont les répercussions dépassent le cadre strictement traditionnel, avec un impact sur la stabilité administrative du territoire.
Selon les autorités provinciales, ces assises s’inscrivent dans la droite ligne des recommandations du vice-premier ministre de l’Intérieur, sécurité, affaires coutumières et décentralisation, Jacquemain Shabani, qui appelle à une gestion concertée des conflits liés aux entités coutumières.
En amont des consultations, une enquête préliminaire a été diligentée par le gouverneur. Ses conclusions restent provisoires, en attendant une mission annoncée sur le terrain à Kalambayi afin d’approfondir les vérifications et d’aboutir à une décision définitive.
Dans un message adressé à la population, l’exécutif provincial a exhorté les habitants au calme et à la retenue, soulignant que, jusqu’à nouvel ordre, Kabamba Henga Masela demeure reconnu comme chef de Kalambayi.
Au-delà de la querelle de succession, cette crise met en lumière les défis structurels liés à la gestion des pouvoirs coutumiers en République démocratique du Congo, où la reconnaissance administrative et la légitimité traditionnelle doivent coexister. À Kalambayi, l’enjeu dépasse désormais la simple désignation d’un chef : il s’agit de préserver la stabilité sociale et l’autorité locale dans une zone déjà marquée par des tensions internes.


