Par Héritier Kazadi.
Le bilan de l’épidémie de la maladie à virus Ebola continue de s’alourdir en République démocratique du Congo. Selon le dernier bulletin de situation publié par l’Institut National de Santé Publique (INSP), le pays totalise désormais 1 406 cas confirmés et 438 décès, franchissant officiellement la barre des 400 morts depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai 2026.
Les données sanitaires indiquent que la province de l’Ituri demeure l’épicentre de cette flambée, où se concentre la majorité des cas enregistrés. Malgré les efforts des équipes de riposte, la transmission du virus se poursuit dans plusieurs zones de santé, alimentant les préoccupations des autorités sanitaires.
L’INSP précise également qu’après des investigations approfondies, le cas d’Ebola détecté récemment à Kisangani, dans la province de la Tshopo, a finalement été rattaché à la zone de santé de Nia-Nia, en Ituri. Les enquêtes ont établi qu’une patiente infectée avait été transportée clandestinement vers Kisangani avant son décès. Les analyses effectuées sur sa dépouille ont confirmé sa contamination au virus Ebola.
Par ailleurs, deux nouveaux cas ont été confirmés dans la zone de santé de Wamba, en province du Haut-Uélé. L’un des patients est décédé, signe que le virus continue de s’étendre au-delà de son principal foyer, nécessitant une vigilance accrue dans les provinces voisines.
Le dépassement du seuil des 400 décès illustre la gravité persistante de cette épidémie. Si les capacités de surveillance et de prise en charge ont été renforcées, les déplacements non contrôlés de personnes infectées ou de dépouilles constituent encore un facteur majeur de propagation du virus.
Le cas de Kisangani démontre l’importance des investigations épidémiologiques dans l’identification des chaînes de transmission. Il met également en lumière la nécessité de faire respecter les mesures sanitaires relatives au transport des malades et aux pratiques funéraires afin d’éviter l’apparition de nouveaux foyers de contamination.
L’apparition de nouveaux cas dans le Haut-Uélé confirme que la riposte ne peut se limiter à l’Ituri. Elle doit être étendue aux provinces voisines grâce à une surveillance renforcée, au dépistage rapide, à la vaccination des personnes à risque et à une sensibilisation continue des communautés.
Alors que le pays fait face à l’une des flambées d’Ebola les plus préoccupantes de ces dernières années, les autorités sanitaires, avec l’appui de leurs partenaires, poursuivent leurs efforts pour interrompre la chaîne de transmission. La collaboration des populations demeure toutefois un élément déterminant pour espérer contenir durablement cette épidémie.



