Assainissement de Kinshasa : la réussite de l’opération du Service national met-elle en difficulté la gouvernance de Daniel Bumba ?

« Les résultats parlent souvent plus fort que les discours ». Cet adage semble aujourd’hui alimenter le débat autour de la gestion de la salubrité de Kinshasa. Longtemps dénoncée par le président de la République, l’insalubrité dans la capitale congolaise était devenue un véritable casse-tête, au point que plusieurs grandes artères et quartiers autrefois réputés pour leur propreté se sont progressivement transformés en dépotoirs à ciel ouvert.

Malgré les annonces et les différentes opérations lancées par l’Hôtel de Ville, les montagnes d’immondices continuaient d’envahir les avenues, les marchés, les caniveaux et les espaces publics, suscitant un profond mécontentement des Kinois et alimentant les critiques contre l’administration du gouverneur Daniel Bumba.

L’arrivée du Service national dans cette bataille contre l’insalubrité a toutefois changé la donne. Sous la conduite de son commandant, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, les équipes déployées sur le terrain ont procédé, en quelques jours seulement, au nettoyage de plusieurs sites emblématiques de la capitale, longtemps abandonnés aux déchets.

Des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des avenues débarrassées des immondices et des espaces publics progressivement réhabilités, renforçant chez de nombreux habitants le sentiment qu’une amélioration rapide est possible lorsque des moyens adéquats sont mobilisés mais surtout lorsque la volonté est affichée et déterminante.

Cette opération relance ainsi le débat sur l’efficacité de la politique d’assainissement menée jusqu’ici par l’Hôtel de Ville. Pour plusieurs observateurs, les résultats enregistrés par le Service national interrogent la capacité des autorités provinciales à assurer durablement une mission pourtant fondamentale : garantir un environnement propre et salubre aux habitants de la capitale.

Une incompétence mise à nu ?

De « Kinshasa la Belle » à « Kin Bopeto », en passant par « Kinshasa ezo bonga », les initiatives et slogans se sont succédé au fil des années avec l’ambition de redonner à la capitale son image d’antan. Pourtant, force est de constater que les résultats obtenus n’ont pas été suffisamment durables pour mettre définitivement fin au problème de l’insalubrité.

L’efficacité affichée par le Service national depuis son déploiement soulève désormais une interrogation qui anime l’opinion publique : cette opération a-t-elle mis en évidence les limites, voire les insuffisances, de la gouvernance de Daniel Bumba en matière d’assainissement ?

La question mérite d’être posée d’autant plus que le chef de l’État lui-même n’a cessé d’exprimer son insatisfaction face à l’état de salubrité de Kinshasa. Si une structure relevant de l’État parvient, en quelques jours, à obtenir des résultats visibles là où les autorités urbaines peinaient depuis plusieurs mois, le débat sur la responsabilité et l’efficacité de la gouvernance provinciale devient inévitable.

Par ailleurs, des informations relayées dans certains milieux politiques évoquent une audience qu’aurait accordée le président Félix Tshisekedi au gouverneur Daniel Bumba. Selon ces informations, qui n’ont fait l’objet d’aucune confirmation officielle, la question de l’opération d’assainissement conduite par le Service national aurait été abordée au cours des échanges. À ce stade, ni la présidence de la République ni le gouvernorat de Kinshasa n’ont communiqué sur le contenu de cette rencontre.

Si cette dynamique se poursuit, l’opération menée par le Service national pourrait constituer un tournant dans la lutte contre l’insalubrité à Kinshasa. Une certitude demeure : au-delà des slogans, les Kinois attendent désormais des résultats concrets, visibles et durables.

Une question reste donc entièrement sans réponse : la réussite du Service national a-t-elle, de fait, mis à nu les insuffisances de la gouvernance de Daniel Bumba en matière d’assainissement de la capitale ? Nous vous reviendrons avec plus de détails.

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