Kinshasa : Les travaux de construction des routes secondaires provoquent une nouvelle vague de démolitions à Masina

Le programme de modernisation des routes secondaires dans la commune de Masina, précisément dans le quartier Boba, à Kinshasa, poursuit son cours, non sans heurts. Après les avenues Bolenge et Matakumu, c’est désormais l’avenue Syndicat qui subit les affres des bulldozers.

Depuis quelques jours, plusieurs habitations sont en cours de démolition pour permettre l’élargissement et l’aménagement de cette voie stratégique.

La rédaction de Scoop RDC s’est rendue sur place pour recueillir les réactions des habitants ainsi que les explications des autorités municipales.

Sur le terrain, une autorité communale rencontrée nous a donné quelques précisions. Selon elle, cette opération s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet d’ouverture et de réhabilitation des routes secondaires initié par le gouvernement provincial de Kinshasa. L’objectif est de désengorger les grands axes et de fluidifier la circulation dans cette partie densément peuplée de la capitale.

Cependant, la situation reste tendue. Plusieurs habitants dénoncent le manque de préavis et l’absence d’indemnisation.

« On nous a juste dit de libérer les lieux, sans nous dire où aller. C’est une catastrophe sociale », témoigne un résident visiblement abattu, observant sa maison réduite en gravats.

De leur côté, les autorités locales affirment avoir mené des campagnes de sensibilisation et précisent que ces démolitions concernent uniquement les constructions érigées sur les emprises publiques.

« Le développement a un coût. Nous comprenons la douleur des familles touchées, mais ces routes sont indispensables pour la mobilité urbaine », a déclaré un responsable communal de Masina.

L’avenue Syndicat, tout comme celles de Bolenge et de Matakumu, est appelée à devenir une artère majeure reliant les avenues Matakumu, Bolenge et SEP Congo au boulevard Lumumba. Les travaux, confiés à une entreprise locale, devraient s’étendre sur plusieurs semaines avant la pose du bitume.

Entre progrès urbain et désarroi populaire, Masina vit une fois encore les contradictions d’une capitale en pleine mutation, où chaque coup de pelle mécanique rime avec promesse de modernité et larmes d’expulsion.

Dossier à suivre !

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