Butembo : La société civile dénonce l’exploitation sexuelle des mineures dans des maisons de tolérance à Bulengera

Par Héritier Kazadi

La société civile de la commune de Bulengera, en ville de Butembo, alerte sur la montée inquiétante de l’exploitation sexuelle des jeunes filles mineures dans plusieurs maisons de tolérance disséminées à travers cette municipalité. Cette structure citoyenne parle d’un phénomène qui prend de l’ampleur et menace gravement la sécurité ainsi que l’avenir de nombreuses adolescentes.

Dans une déclaration faite lundi 25 mai dernier, John Kameta, président de la société civile de Bulengera, a dénoncé l’existence de réseaux qui exploiteraient des mineures à des fins de prostitution dans certains établissements clandestins opérant dans la ville commerciale de Butembo.

Selon lui, plusieurs adolescentes seraient contraintes de satisfaire les clients fréquentant ces maisons de tolérance, souvent dans des conditions inhumaines et sans aucune protection.

« Ces jeunes filles sont victimes de manipulation et d’exploitation. Certaines arrivent à Butembo avec l’espoir de trouver du travail, mais finissent dans des maisons de tolérance où elles sont exposées à plusieurs formes d’abus », a-t-il déclaré.

D’après cet acteur de la société civile, la majorité de ces mineures ne seraient pas originaires de Butembo. Elles proviendraient de plusieurs territoires du Nord-Kivu ainsi que d’autres provinces du pays, après avoir été attirées par de fausses promesses d’emploi, notamment dans le commerce, la restauration ou les travaux domestiques.

Une fois arrivées à Butembo, certaines seraient récupérées par des réseaux organisés qui les orienteraient vers des maisons de tolérance où elles sont soumises à l’exploitation sexuelle et parfois privées de leur liberté.

La société civile indique également que ces lieux seraient devenus des foyers de délinquance favorisant la consommation et la commercialisation de stupéfiants. Plusieurs jeunes filles exploitées dans ces établissements seraient utilisées dans la vente de drogues et finiraient par sombrer elles-mêmes dans la toxicomanie.

Pour John Kameta, cette situation constitue non seulement une violation grave des droits des enfants, mais aussi une menace sérieuse pour la santé publique, la sécurité urbaine et l’encadrement de la jeunesse dans cette partie du Nord-Kivu.

Il regrette par ailleurs le silence de certaines autorités face à ce phénomène qui, selon lui, se développe presque au vu et au su de tous.

« Nous demandons aux autorités compétentes de prendre leurs responsabilités. Il faut identifier ces maisons, arrêter les responsables et protéger les victimes avant que la situation ne dégénère davantage », a insisté le président de la société civile de Bulengera.

Face à cette réalité préoccupante, la société civile appelle les autorités administratives, policières et judiciaires à lancer des enquêtes sérieuses afin de démanteler les réseaux impliqués dans l’exploitation des mineures et le trafic de stupéfiants.

Elle recommande également l’organisation régulière des opérations de contrôle dans les quartiers suspectés d’abriter ces maisons clandestines, ainsi que le renforcement des mécanismes de protection des enfants vulnérables.

La structure citoyenne plaide en outre pour l’implication des parents, des organisations de défense des droits humains, des leaders communautaires et des confessions religieuses dans la sensibilisation contre les dangers de la prostitution, de la traite des personnes et de la consommation de drogues.

Pour plusieurs observateurs, cette alerte de la société civile intervient dans un contexte où les cas d’exploitation des jeunes filles deviennent de plus en plus préoccupants dans certaines grandes agglomérations de l’est de la République démocratique du Congo, notamment en raison de la pauvreté, du chômage et de l’insécurité persistante qui fragilisent de nombreuses familles.

La société civile de Bulengera estime ainsi qu’une réponse urgente et coordonnée des autorités et des acteurs sociaux demeure indispensable afin de protéger les mineures victimes de ces pratiques et leur offrir des perspectives d’avenir plus dignes et sécurisées.

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