Kongo central : Sur une chaise éjectable, Grâce Bilolo accuse Wameso et Shabani des boucs émissaires

Depuis une semaine, le gouverneur du Kongo central, Grâce Bilolo, est dans la tourmente. Il n’est pas seul à passer un mauvais quart d’heure, il y a aussi le président de l’Assemblée provinciale, Papy Matenzolo. Ils sont tous visés par des motions de défiance signées par 23 députés provinciaux sur 40 qui composent l’organe délibérant.

Les pétitionnaires, mieux les motionnaires mettent à la charge du premier la gestion opaque des rétrocessions issues du pétrole et le flou autour des 20 millions USD contractés auprès d’une banque pour des travaux d’infrastructures, et à la charge du second le blocage systématique du contrôle parlementaire.

Face à cette activité constitutionnellement régulière, le camp du gouverneur y voit des boucs émissaires : André Wameso, l’actuel gouverneur de la Banque centrale, et Jacquemain Shabani, vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières.

L’armée numérique recrutée par le gouverneur a, dans des termes identiques, secoué la toile mercredi 1er octobre, présentant André Wameso comme le sponsor financier de la crise, qui utilise sa puissance financière pour influencer la chambre délibérante et ainsi déstabiliser les institutions provinciales.

Quant à Jacquemain Shabani, il serait déterminé, l’accuse-t-on, à imposer ses pions au gouvernorat en promouvant illégalement l’idée d’un bureau d’âge, malgré deux pétitions déposées contre les membres du bureau.

Et pour faire un clin d’œil au chef de l’Etat, Grâce Bilolo fait dire à son armée numérique que « les Né Kongo craignent le spectre de la crise de 2014 et en appellent à l’arbitrage du Chef de l’Etat ».

Quand les éléphants se battent, l’herbe en pâtit…

Il existerait une guerre de leadership au Kongo central entre André Wameso, élu doublement député national et député provincial et Didier Budimbu, ministre des Sports et loisirs, élu national de Kasangulu. Ce dernier est le parrain, dit-on, du gouverneur Bilolo et du président de l’Assemblée provinciale Mantezolo. Cette gestion exclusive de la provinciale par des alliés serait mal digérée par Wameso qui est membre de l’UDPS, parti présidentiel qui lorgnerait et ambitionnerait de contrôler la province stratégique du Kongo central. Le gouverneur de la Banque centrale du Congo trouverait inacceptable que sa province soit entre les mains des alliés qui font allégeance au ministre des Sports et loisirs.

Shabani faussement accusé  

Si Wameso est accusé à tort ou à raison, les proches du vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur aussi incriminé, estiment que ce dernier reste dans la logique de la stabilité des provinces. Seules les motions et/ou pétitions suffisamment motivées donnent feu vert aux élus d’exercer leurs prérogatives conformément aux lois et usages et coutumes parlementaires.   

Pour les proches de Jacquemain Shabani, cette stratégie fait partie des mécanismes pour assurer la stabilisation des institutions provinciales. Bref, ils déclarent qu’il faut savoir dissocier les prérogatives du VPM de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumière et les intérêts des acteurs politiques dans la recherche de leurs positionnements. 

Pour ainsi rester dans sa logique, le VMP Jacquemain Shabani vient à travers un télégramme envoyé ce soir de jeudi 02 octobre, de convoquer à Kinshasa tous les membres du bureau de l’Assemblée provinciale, tous les pétitionnaires ainsi que le gouverneur de province. Toute affaire cessante, ils doivent regagner la capitale pour consultation, souligne le document consulté par Scoop RDC.

Cette attitude du VPM de l’Intérieur est saluée par la même armée numérique du gouverneur Bilolo qui l’a faussement accusé hier. « …la convocation du bureau de l’Assemblée provinciale ainsi que les pétitionnaires par le VPM Shabani Lukoo à Kinshasa désamorce une crise voulue par André Wameso pour déstabiliser les institutions provinciale en faveur de ses intérêts personnels. En sa qualité de patron de la territoriale, le VPM a tourné le dos aux tireurs des ficelles de la crise dans notre province pour un retour à l’ordre et la paix sociale. C’est ça un homme d’Etat », tweetent ainsi tous les membres de l’armée numérique de Bilolo.

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