Devant la presse ce lundi 22 juin 2026, l’avocat Jean-Marie Kabengela Ilunga a donné aussi sa position par rapport au débat actuellement dans tous les salons politiques autour du changement ou révision de la Constitution, sujet qui divise l’opposition politique appuyée par l’Eglise catholique et la majorité au pouvoir.
Évoquant son ouvrage écrit et récemment publié intitulé « De la nécessité d’un verrou protecteur de l’intégrité territoriale par la révision constitutionnelle », Me Jean-Marie dit catégoriquement non au changement de constitutions. Il est cependant d’avis pour la modification de la loi n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution du 18 février 2006. Celle-ci avait modifié les articles 71, 110, 126, 149, 197, 198, 218 et 226.
Il fait savoir que cette révision du 20 janvier 2011 portée par cette loi avait pour finalité d’adapter la Constitution aux réalités sociales, politiques et culturelles du pays ainsi qu’au fonctionnement des institutions.
« Il me parait que les efforts tendant à adapter notre texte fondamental, amorcé depuis le 20 janvier 2011 sous le mandat de JOSEPH Kabila ? n’ont pas été achevés et qu’il faille aujourd’hui les parfaire par la modification de la susdite loi », soutient cet avocat, en précisant que cette modification de la loi portera notamment sur l’intégration de l’intégrité territoriales dans les matières verrouillées par l’article 220, la réintégration des parquets au sein du pouvoir judiciaire, la restauration de la majorité absolue pour l’élection du président de la République, à défaut de ladite majorité, tenir le second tour entre les deux candidats venant en ordre utile.
Changement de Constitutions, mot de l’Opposition prêté à l’Union sacrée
Se disant d’emblée révisionniste et que pour questions évidentes politiques et même juridiques, il n’est pas de ceux qui soutiennent le changement de constitutions, Me Jean-Marie Kabengela fait remarquer que le terme « changement a été prêté à l’Union sacrée par l’Opposition politique » et que dans la distraction, les gouvernants et les partis et regroupements politiques de l’Union sacrée font le mélange entre changement de constitutions et révision constitutionnelle.
« Vous suivez l’actualité chaque jour, l’Opposition ne s’oppose pas à la révision constitutionnelle, mais elle veut confiner l’Union sacrée dans ce qui n’est pas permis, dans ce qui crée de difficultés : le changement de constitutions. Et lorsque l’on parle de la révision, tout le monde est d’accord parce que la révision constitutionnelle est elle-même constitutionnelle. Et moi comme juriste, je ne peux être que du côté de ce que la Constitution permet et je rejette le prêt à porter venant de l’Opposition sur le changement des constitutions », a déclaré Me Jean-Marie Kabengela avant de s’interroger pourquoi la Constitution a été révisée après cinq ans sous Joseph Kabila et ne peut pas l’être plus de 15 ans après sous Tshisekedi d’autant plus qu’elle est permise ?
Dans ses recherches, Me Kabengela démontre que l’histoire constitutionnelle de la RDC renseigne que tous les présidents de la République avaient révisé la Constitution pendant leurs règnes, sauf Félix Tshisekedi. « Joseph Kasavuvu avait révisé 3 fois la loi fondamentale relative aux structures de l’Etat, Joseph-Désiré Mobutu l’avait fait 16 fois sur la Constitution de 1967, Laurent-Désiré Kabila avait révisé par 3 fois sur son propre Décret-loi constitutionnel n°003 du 27 mai 1997 et Joseph Kabila l’avait fait 1 fois en 2011 sur la Constitution de 2006 », fait savoir l’avocat-chercheur.
Pour lui, ceux qui tenter d’empêcher la révision de la Constitution, du reste constitutionnelle, tombent sous le coup de l’article 64 alinéa 2 de la Constitution qui menace quiconque empêcherait les animateurs des institutions légalement établies d’exercer leurs fonctions conformément à la Constitution.
« Lorsque l’on nous refuse que nous puissions parler de changement, de la révision de la Constitution, je propose que l’on puisse passer par la modification de la Loi du 20 janvier 2011 parce qu’elle est aujourd’hui dépassée », coupe la poire en deux, Me Jean-Marie Kabengele.
« Un voleur pense que tout le monde est voleur comme lui », comprend Me Jean-Marie Kabengela la crainte des opposants d’aujourd’hui qui avaient eux-mêmes révisé hier la Constitution de 2006 à travers la loi de janvier 2011 devenue pour lui inadaptée aux réalités du moment. « A malin, malin et demi ».



