José Makila 3 - Conflit parcellaire entre José Makila et les Ibrahim de Socimex : qui escroque qui ?

Un différend parcellaire oppose depuis plus de six mois, le vice-premier ministre et ministre des Transports et voies de communication, José Makila, à la famille des Ibrahim, propriétaires de la société Socimex. La parcelle querellée est située au numéro 36 de l’avenue Lubefu, dans commune de la Gombe, à Kinshasa. Présentement, elle est habitée par le VPM Makila comme locataire par la faveur d’un contrat signé entre le Gouvernement par l’entremise du ministre des ITPR et la société Planète Immo Sarl, filiale de Socimex. D’après les informations parvenues à scooprdc.net, le loyer mensuel était convenu à 10 mille dollars. Seulement, José Makila s’est retrouvé loger dans sa parcelle, mieux la parcelle achetée pour sa sœur aînée, Mme Honorine Kowa, mais qui lui avait été confisquée à l’époque.  

Mais le conseiller juridique de José Makila tient à préciser : « les Ibrahim sont des faussaires et n’ont aucun conflit juridique avec le VPM. Car, les titres de la parcelle querellée sont au nom de sa grande sœur Honorine Kowa en vertu du certificat d’enregistrement vol AL 402 Folio 34 obtenu depuis le 24 mars 2006. Alors que le certificat d’enregistrement de Planète Immo Sarl date seulement de 2015 ». Me Cicéron explique que les Ibrahim prétendent avoir acheté cette parcelle auprès de Mme Véronique Bingho. La transaction se serait faite entre cette dernière et Amad Ibrahim qui a cédé à son tour la parcelle à Nazim Ibrahim qui, à son tour, l’a aussi cédée à la société Planète Immo Sarl. Mais dans le registre du  domaine foncier, le nom de Véronique Bingho est repris comme 3ième occupant. Comment celle-ci est-elle devenue propriétaire de cette parcelle dont les premiers titres ont été établis au nom de Mme Honorine Kowa ? Qui lui a vendu la parcelle dont les titres dateraient de 2008 ? Le flou persiste parce qu’au cadastre, il y a pas de traces en faveur de Mme Véronique Bingho.

Tous les efforts de scooprdc.net pour avoir la version de Planète Immo Sarl se sont avérés vains. « Nous n’avons pas porté le dossier devant le Tribunal, nous voulons qu’il soit réglé administrativement au niveau du gouvernement et nous nous réservons de tout commentaire », ont répondu les collaborateurs de Nazim Ibrahim à scooprdc.net. En effet, c’est depuis le 29 mars 2018 que les avocats de Mme Honorine ont saisi le ministre des affaires foncières pour statuer sur cette affaire. Après confrontation et vérification de tous les documents, le ministre Lumeya Dhu Malegi aurait écrit au premier ministre Bruno Tshibala lui signifiant sa décision de réhabiliter Mme Kowa dont le certificat d’enregistrement avait été faussement annulé. Par contre, le certificat d’enregistrement antérieur de 12 ans de Planète Immo Sarl devra être annulé pour superposition.

Preuves d’acquisition de Mme Kowa

Par son arrêté du 02 mars 2006, le ministre des affaires foncières Venant Tshipasa déclare l’immeuble sis au numéro 36 de l’avenue Lubefu, un bien sans maître et le fait tomber dans le domaine privé de l’Etat. Pour motiver sa décision, Venant Tshipasa écrit : « Qu’il se dégage du rapport dressé en date du 16 décembre 2005 par les services techniques du Secrétariat Général aux Travaux Publics et Infrastructures et ceux de l’Urbanisme et Habitat que l’immeuble susvisé n’est repris sur aucune liste des immeubles du domaine privé de l’Etat ».

Deux jours après, le même ministre Venant Tshipasa adresse une correspondance au Conservateur des Titres immobiliers de la Circonscription foncière de la Lukunga pour lui signifier l’attribution de la parcelle numéro 36 du plan cadastral à madame Honorine Kowa. Avec cette dernière, le Conservateur des Titres immobiliers avait procédé aux formalités d’usage. Toutes les preuves de paiement sont brandies par les avocats de l’acquéreuse.

Réseau maffieux !

S’il y a un domaine où la maffia s’est installée en RDC, c’est le domaine foncier. Non sans raison, 80% de dossiers portés aux cours et tribunaux relèvent de ce domaine. Bien que la plupart de ces conflits soient du genre familial, un réseau maffieux de l’administration publique les alimente davantage. Ce réseau est constitué ici à Kinshasa, d’après l’enquête de scooprdc.net, des agents de la Présidence de la République, du Ministère des affaires foncières, du cadastre et des Titres immobiliers. Ils patrouillent et fouillent partout dans la ville à la recherche des propriétés en difficultés avec la loi, soit en retard de paiement de redevances ou en retard de renouvellement des titres fonciers en vue de les déclarer « biens sans maître » (Lire l’article de scooprdc.net intitulé « Affaire Lumeya – Bralloy Inc : un duel entre l’arnaque et la fraude »).

Ce réseau maffieux a rendu beaucoup de ces agents de l’administration publique illicitement riches. Ils sont capables d’attribuer, de ravir et redistribuer une même parcelle à plusieurs personnes créant ainsi le conflit entre elles. Est-ce le cas avec cette parcelle querellée par José Makila via sa grande sœur et les Ibrahim ? Possible ! Ces derniers seraient réputés acheteurs des parcelles du circuit maffieux dont ils seraient branchés par les brebis galeuses de la Présidence de la République.

Owandi.

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