Détournement des fonds d’Ebola : André Lite exige l’audit et propose des sanctions

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Cet adage s’illustre bien avec l’affaire de 700 millions USD récoltés pour la lutte contre Ebola, mais qui sont sans traces. Comme qui dirait, cette maladie qui décime chaque jour des Congolais dans plusieurs provinces de la RDC, est devenue une aubaine pour les agences internationales et autres ONG humanitaires qui font des fortunes sur le dos des malades et des morts.

Situation que décrie le député national André Lite, élu de Wamba en province du Haut-Uele, qui a saisi la plénière de l’Assemblée nationale, par une motion d’information pour exprimer son ras-le-bol.

Selon les informations à la disposition de cet ancien ministre des Droits humains, des organisations non gouvernementales étrangères bénéficiaires des financements internationaux spécifiquement destinés à la riposte, n’ont que partiellement ou pas financé les activités sur le terrain. Les fonds perçus auraient été affectés à des frais de fonctionnement au détriment des malades dans plusieurs contrées des provinces du Haut-Uélé, de l’Ituri et du Nord-Nord énumérées par le député national André Lite, où les structures sanitaires manquent de centres de traitement, d’équipements de protection individuelle et de moyens pour des enterrements dignes et sécurisés, alors que les rapports financiers font état de millions USD dépensés.

L’élu de Wamba exige la constitution d’une commission d’enquête parlementaire devant, non seulement, auditionner le ministre de la Santé publique, hygiène et prévention ; le coordonnateur de la riposte contre Ebola ; les représentants des ONG internationales concernées ainsi que les chefs de division provinciale de la santé du Haut-Uélé, de l’Ituri et du Nord-Kivu, mais aussi examiner les conventions de financement conclues entre les bailleurs et les ONG ; les rapports financiers relatifs à l’utilisation des fonds ; les écarts éventuels entre les montants décaissés sur le terrain ; et enfin établir les responsabilités et proposer, le cas échéant la suppression d’agrément des ONGs fictives, le gel de leurs avoirs et la saisine des instances judiciaires compétentes.

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Le ministre de la Santé se dédouane, mais…

Le docteur Roger Kamba n’est pas allé par quatre chemins pour se soustraire de cette affaire dans son intervention sur la RTNC avant même la motion d’information du député André Lite : « Tout argent des partenaires passe par des agences de mise en œuvre qui ne sont pas des agences du Gouvernement, ce sont des agences internationales ou des ONG ; selon leurs déclarations, les informations de financement font état de 200 millions de dollars, combien a été mobilisé au niveau des bailleurs ? Nous avions responsabilisé à l’époque Africa -CDC, nous n’avons pas l’information de combien d’argent a été réellement mobilisé, combien a été décaissé. Est-ce que les bailleurs ont mis 900 millions de dollars ? Le Gouvernement n’a pas cette information ».

Cette déclaration du ministre du secteur de la santé démontre la passivité et la faiblesse du Gouvernement face à une maffia de prétendus bailleurs des fonds qui se font de rétrocommissions et bouffent leur propre argent à travers des rubriques floues et bidon, en prétextant l’avoir dépensé pour la RDC. Des aventures à impérativement arrêter pour le respect de la République.

D’où les recommandations de député André Lite doivent être prises en compte, en ce qui concerne notamment l’établissement des responsabilités et l’application sans complaisance des sanctions proposées dans cette affaire, allant de la suppression d’agrément des ONGs fictives, le gel de leurs avoirs et la saisine des instances judiciaires compétentes.

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