Raphaël Katebe Katoto poursuit Moïse Katumbi en justice autour de plusieurs propriétés : Les linges sales s’étalent en public !

« Les linges sales se lavent en famille », dit-on. Mais lorsque les différends familiaux franchissent les portes du domicile pour atterrir devant les juridictions, le linge ne se lave plus seulement en famille : il s’étale désormais en public.

C’est dans cette configuration que se retrouve aujourd’hui la famille Katebe-Katumbi. Raphaël Katebe Katoto poursuit en justice son frère Moïse Katumbi autour de plusieurs propriétés dont il revendique la propriété. Une affaire à la fois familiale par ses protagonistes, judiciaire par la voie empruntée et, selon la défense de l’ancien gouverneur du Katanga, susceptible de revêtir une dimension politique.

Le litige concerne notamment la résidence de Mulonde, la parcelle de Mahenge, la ferme Futuka, la résidence Lofoi numéro 22, la ferme de Munguzi ainsi que la résidence de Kashobwe. Des biens dont la propriété est désormais au cœur d’une bataille judiciaire opposant les deux frères.

De la famille à la justice

À l’origine, il s’agit donc d’un différend entre membres d’une même famille. Mais le recours à la justice change la nature et la portée de l’affaire. Les revendications patrimoniales ne sont plus seulement discutées dans le cercle familial : elles sont désormais soumises à l’appréciation des institutions judiciaires.

Selon plusieurs sources, dont le journaliste Alain Saint-Pierre Mwamba, le dossier aurait été fixé devant la Cour de cassation à la demande du Parquet général.

Cette nouvelle étape donne ainsi une dimension institutionnelle à un conflit qui, au départ, relève du patrimoine familial.

Raphaël Katebe Katoto soutient être le véritable propriétaire de plusieurs biens concernés et en réclame la reconnaissance de ses droits. Des prétentions que la partie adverse conteste.

Katumbi évoque des acquisitions régulières

Du côté de Moïse Katumbi, la défense rejette les contestations relatives à la propriété des biens visés. Les avocats affirment que les propriétés concernées ont été régulièrement acquises et que les transactions peuvent être établies à travers des documents et justificatifs de paiement.

La bataille porte donc désormais sur les éléments de preuve : titres de propriété, actes d’acquisition, justificatifs de paiement et autres documents susceptibles de permettre à la justice de déterminer les droits de chaque partie.

Une affaire politique ?

Mais l’affaire ne se limite pas à cette dimension patrimoniale. La défense de Moïse Katumbi dénonce ce qu’elle qualifie d’« acharnement politique ». Une accusation qui introduit une troisième dimension dans ce dossier : celle de la politique.

Moïse Katumbi étant une figure majeure de la vie politique congolaise, toute procédure judiciaire le concernant est susceptible d’être observée à travers le prisme politique. Mais, à ce stade, il convient de distinguer les faits judiciaires des interprétations politiques avancées par les parties.

Autrement dit, l’existence d’une procédure devant la justice ne suffit pas, à elle seule, à établir qu’elle serait motivée politiquement. Cette dimension devra être étayée par des faits et des éléments objectifs.

Une bataille de propriété devant les juges

Au-delà des considérations familiales et politiques, le cœur du dossier demeure donc judiciaire : qui détient les droits légalement établis sur les propriétés contestées ?

C’est à la justice qu’il revient de confronter les prétentions des parties, d’examiner les pièces produites et de déterminer, conformément au droit, la propriété des biens concernés.

Cette affaire pose ainsi une question particulière : quand un conflit familial portant sur des biens immobiliers devient une affaire judiciaire impliquant une personnalité politique, où s’arrête le familial, où commence le judiciaire et où intervient le politique ?

Pour l’heure, une chose est certaine : le différend entre Raphaël Katebe Katoto et Moïse Katumbi ne se règle plus uniquement dans le cercle familial. Il est désormais porté sur la place publique et devant les institutions judiciaires.

Les linges sales, cette fois, ne se lavent plus seulement en famille : ils s’étalent en public.

Dossier à suivre !

À ne pas rater

À la une