L’Institut national du bâtiment et des travaux publics (INBTP) a procédé, ce vendredi 7 août 2026, à la collation des grades académiques à l’occasion de la clôture de l’année académique 2025-2026. Une double cérémonie placée sous le thème « Concevoir, analyser, aménager pour un avenir durable », au cours de laquelle le Directeur général, le Professeur Cédric Tshibangu Munyenze, a dressé le bilan d’une année marquée par la formation de nouveaux ingénieurs, mais également par une dynamique de transformation de l’institution. Une renaissance saluée par la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations, la Professeure Marie-Thérèse Sombo Ayane, représentée à cette occasion.
Dans l’amphithéâtre de l’INBTP, l’heure était d’abord à la célébration. Celle des étudiants arrivés au terme de leurs différents cycles de formation et désormais appelés à mettre leurs connaissances et leurs compétences au service de la société.
La cérémonie a réuni plusieurs personnalités du monde académique, des représentants des institutions publiques, les membres du comité de gestion, les corps académique, scientifique et administratif, ainsi que les parents et proches des lauréats.
Mais derrière la solennité de cette collation des grades, c’est également l’image d’un INBTP en pleine transformation qui s’est dégagée des différentes interventions.
Cédric Tshibangu Munyenze : un bilan placé sous le signe de la transformation
Prenant la parole, le Directeur général de l’INBTP, le Professeur Cédric Tshibangu Munyenze, a dressé le bilan de l’année académique 2025-2026.
Il a relevé les défis auxquels l’institution a été confrontée, tout en mettant en avant les initiatives prises pour améliorer son fonctionnement sur les plans académique, scientifique, administratif et managérial.
Parmi les priorités figurait notamment l’accroissement de la capacité d’accueil. Pour assurer la continuité des enseignements, l’INBTP a construit des auditoires provisoires en recourant à la main-d’œuvre locale, avec notamment la participation des étudiants.
Pour le DG, cette expérience a permis de faire de l’établissement un espace de jonction entre les théories enseignées et la pratique professionnelle.
Marie-Thérèse Sombo salue la renaissance de l’INBTP
Dans son mot lu par son représentant, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations, la Professeure Marie-Thérèse Sombo Ayane, a salué les efforts déployés pour la transformation de l’INBTP.
Empêchée par ses charges d’État de présider personnellement cette cérémonie, la ministre a tenu, à travers son message, à transmettre ces éloges au Directeur général et à l’ensemble du comité de gestion.
Elle a notamment relevé les efforts consentis pour faire de l’INBTP une institution rénovée, en saluant la dynamique engagée par le comité de gestion.
Cet éloge vient ainsi conforter le bilan présenté par le Professeur Cédric Tshibangu Munyenze, dont la vision ne se limite pas à la modernisation physique de l’établissement, mais englobe également la formation, la recherche scientifique, la gouvernance et l’ouverture sur le secteur des infrastructures.
La ministre a, par ailleurs, rendu hommage au Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Grand Chancelier des universités et instituts supérieurs de la RDC, pour sa vision et son engagement en faveur de la jeunesse congolaise et de l’enseignement supérieur.
Une renaissance qui se mesure aussi par les infrastructures
Cette transformation de l’INBTP trouve notamment son illustration dans les infrastructures.
Le Directeur général a rappelé les différents travaux réalisés ou en cours, notamment la modernisation des auditoires, le bâtiment administratif, le bâtiment décanal ainsi que les bureaux des professeurs.
À cela s’ajoute la construction, sur fonds propres, d’un nouveau bâtiment d’environ 1 600 places, destiné à répondre au déficit de capacité d’accueil de l’établissement.
L’INBTP a également aménagé douze boxes destinés à la restauration ainsi qu’un espace d’environ 400 m² destiné à des services de proximité pour les étudiants, notamment l’impression et le polycopiage.
10 721 étudiants : le défi de la qualité de l’encadrement

La renaissance de l’INBTP passe également par le renforcement de son capital humain.
L’établissement compte environ 10 721 étudiants pour 564 agents, dont 31 membres du personnel académique, 200 scientifiques et 333 administratifs.
Cette configuration a conduit l’institution à recourir à 15 professeurs visiteurs, tout en engageant une politique de recrutement de nouveaux docteurs et d’accompagnement des scientifiques vers le corps académique.
Plusieurs assistants poursuivent ainsi leurs études doctorales en Tunisie, en Belgique, en Espagne, en France et en Russie, tandis qu’une trentaine d’autres sont engagés dans des travaux de doctorat ou de DEA en RDC.
Recherche scientifique : l’autre visage de la renaissance
Le renouveau de l’INBTP ne se limite pas aux infrastructures.
L’année académique 2025-2026 a également été marquée par la redynamisation des laboratoires et le développement de la dimension expérimentale dans plusieurs enseignements.
La revue scientifique de l’INBTP a, quant à elle, repris vie après dix années de silence, avec deux numéros publiés et plus de vingt articles.
L’établissement a également souscrit un abonnement annuel à la bibliothèque numérique CAIRN, donnant accès à plus de 100 000 articles scientifiques et ouvrages.
De nouveaux ingénieurs face aux défis du pays
C’est dans cet environnement en transformation que les lauréats ont reçu leurs grades académiques.
Dans son message, la ministre Marie-Thérèse Sombo Ayane a rappelé que les diplômes remis aux lauréats ne constituent pas une fin en soi, mais le début d’une nouvelle responsabilité.
Elle a invité les nouveaux diplômés à mettre leur intelligence, leurs compétences, leur créativité et leur engagement au service de la communauté et du développement de la RDC.
Aux parents, la ministre a également rendu hommage pour les sacrifices consentis tout au long du parcours académique de leurs enfants, les présentant comme des acteurs essentiels de la réussite de cette nouvelle génération de diplômés.
Former des ingénieurs au service du développement
Le Professeur Cédric Tshibangu Munyenze a également insisté sur la nécessité de rapprocher la formation et la recherche des besoins réels de la RDC.
Des recherches sont notamment consacrées aux techniques de stabilisation des routes en terre et à la caractérisation du bois afin d’optimiser son utilisation dans la construction.
Dans la même logique, les étudiants sont appelés à participer directement à certains projets d’infrastructures.
Un financement mis à leur disposition doit notamment permettre la construction d’un pont moderne et l’aménagement de l’avenue Jacquier, offrant ainsi aux étudiants une opportunité supplémentaire de confronter leurs connaissances aux réalités du terrain.
« L’ingénieur d’hier, d’aujourd’hui et de demain »
Au terme de cette double cérémonie, la collation des grades aura donc été plus qu’un simple rendez-vous académique.
Elle a permis de célébrer les nouveaux diplômés, tout en mettant en lumière la transformation progressive d’une institution qui entend renforcer sa place dans la formation des ingénieurs et dans le développement des infrastructures en RDC.
Le Professeur Cédric Tshibangu Munyenze a reconnu que plusieurs défis demeurent, mais il a réaffirmé la volonté du comité de gestion de poursuivre la dynamique engagée en faveur de la formation, de la recherche, des infrastructures et du bien-être du personnel.
« Nous connaissons nos agents et nos agents nous connaissent », a-t-il notamment déclaré, avant de réaffirmer son ambition de faire de l’INBTP « cette grande école de formation de l’ingénieur d’hier, d’aujourd’hui et de demain ».
Une ambition qui prend une résonance particulière au moment où l’établissement vient de mettre sur le marché une nouvelle génération de diplômés appelés, à leur tour, à contribuer à la construction et au développement de la République démocratique du Congo.




