Plus de deux cents barrières sur l’axe Kinshasa – Mbujimayi : Les opérateurs économiques dénoncent les tracasseries routières

Par Hervé Kasonga 

Les multiples barrières de contrôle et les nombreuses taxes perçues sur la Route nationale numéro 1 (RN1), entre Kinshasa et Mbujimayi, continuent de susciter des préoccupations au sein des opérateurs économiques. L’un d’eux, Jean-Jacques M., basé à Mbujimayi, affirme que cette situation affecte considérablement les activités commerciales et contribue à l’augmentation des prix des produits de consommation dans l’espace Grand Kasaï.

Dans un entretien accordé à notre rédaction, ce commerçant explique que les transporteurs qui assurent l’approvisionnement des provinces du Kasaï sont confrontés à une succession de contrôles effectués par plusieurs services publics tout au long du trajet. Selon lui, les frais exigés à chaque poste de contrôle finissent par être intégrés dans le coût global du transport avant d’être répercutés sur les consommateurs.

« Chaque fois qu’un camion s’arrête pour payer une taxe ou des frais de contrôle, cela augmente le coût du voyage. À l’arrivée, ce sont les populations qui supportent toutes ces charges à travers le prix des marchandises », explique-t-il.

D’après son témoignage, plus de deux cents barrières seraient installées entre Kinshasa et Mbujimayi. Jean-Jacques M. affirme que plusieurs services interviennent régulièrement sur cet axe routier stratégique, notamment la Police de circulation routière (PCR), les agents de Transcom, la Commission nationale de prévention routière (CNPR), les services des Hydrocarbures, de l’Environnement ainsi que d’autres structures de contrôle.

Le commerçant dénonce également ce qu’il considère comme une absence d’harmonisation dans l’application des règles liées au contrôle du tonnage des véhicules. Selon lui, les méthodes utilisées varient d’un axe routier à un autre, créant ainsi une incompréhension chez les transporteurs. Par ailleurs, il affirme que certains paiements sont exigés sans qu’aucune pièce justificative ne soit remise aux usagers. Il s’interroge aussi sur la légalité de certaines perceptions, notamment une taxe dite d’emballage dont il dit ignorer le fondement réglementaire.

Outre les prélèvements financiers, l’opérateur économique déplore la répétition de contrôles similaires à plusieurs endroits d’un même parcours. Il cite notamment certains centres urbains et postes frontaliers entre provinces où les transporteurs seraient soumis aux mêmes formalités à plusieurs reprises.

Jean-Jacques M. évoque également des méthodes de contrôle qu’il juge préjudiciables aux marchandises transportées. Selon lui, certains agents procèdent à la vérification des cargaisons en perforant des sacs de maïs, de haricots ou d’autres produits agricoles sous prétexte de rechercher d’éventuelles marchandises prohibées.

« Dans certains cas, les sacs sont endommagés pendant les contrôles. Cela occasionne des pertes pour les commerçants et les transporteurs », affirme-t-il.

S’agissant des péages routiers, cet opérateur économique reconnaît toutefois leur importance lorsqu’ils servent effectivement à l’entretien des infrastructures. Il estime que les taxes destinées à la maintenance des routes sont plus compréhensibles pour les usagers lorsqu’elles répondent à un objectif clairement identifié.

« Du temps de Kabila, tous ces services étaient chassés, nous ne payions que le péage. Maintenant-là, ils sont rentrés avec force et c’est le nom du chef de l’Etat qui est vilipendé. Ce qui n’est pas normal et puis il n’est pas au courant », fait remarquer Jean-Jacques M.

Face à cette situation, il appelle les autorités compétentes à examiner la question des tracasseries routières sur la RN1. Il plaide pour une rationalisation des contrôles, une meilleure coordination entre les services concernés et la suppression des barrières qu’il considère comme non conformes à la réglementation.

Jean-Jacques M. estime qu’une telle réforme permettrait non seulement de faciliter la circulation des personnes et des biens, mais aussi de réduire les coûts de transport et, à terme, de contribuer à la baisse des prix des produits de première nécessité dans les provinces du Grand Kasaï.

Plusieurs acteurs économiques sont d’avis en effet que la fluidité du trafic sur la RN1 demeure un enjeu majeur pour l’approvisionnement des provinces du centre du pays, dont une grande partie des marchandises transite par cet axe routier reliant Kinshasa à l’espace kasaïen.

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