Assemblée nationale : Boji, qu’est-ce qui bloque la bancarisation de salaires du personnel des cabinets des membres du bureau ?

Déjà plus de huit mois depuis que l’ancien ministre de l’Industrie, Aimé Boji, est au perchoir. Mais les personnels politiques et d’appoint employés dans son cabinet et dans ceux de ses collègues du bureau, vivent toujours dans l’incertitude.

Or, à son arrivée, les employés de tous les cabinets des membres du bureau (président, premier et deuxième vice-présidents, rapporteur et rapporteur adjoint, questeur et questeur adjoint) espéraient qu’il allait vite résoudre le problème de bancarisation de leurs salaires qui sont jusque-là payés manuellement par les différents comptables sous supervision des conseillers financiers. Malheureusement, ce n’était qu’illusion d’autant plus qu’Aimé Boji est resté dans la logique de son prédécesseur Vital Kamerhe qui est parti sans favoriser l’opération de la paie de ces agents des cabinets directement à la banque, en signant une décision de leurs nominations.

L’absence jusqu’à présent de la signature par Aimé Boji de la décision de nomination de ces personnels politiques et d’appoint, laquelle décision fonde leur identification aux ministères du Budget et des Finances, bloque la bancarisation pourtant obligatoire de tous les fonctionnaires et agents de l’État, comme déjà instaurée depuis le gouvernement Matata.

Cette situation a comme conséquence néfaste : la minorisation du taux salarial fixé par les deux ministères précités selon les grades et fonctions de chaque agent, l’inégalité et la non-uniformité du barème, chaque membre du bureau payant ses agents comme bon lui semble.

 Autre conséquence encore très néfaste est que, du fait que ces personnels politiques et d’appoint ne sont pas identifiés aux ministères du Budget et des Finances, ils n’auront pas droit aux indemnités de sortie dont l’équivalent est de six mois à la fin de la mandature. Quel manque à gagner ?

A qui profite la situation ?

Évidemment à tous les membres du bureau de l’Assemblée nationale, sans peur d’être contredit. Non sans raison, car avec les grandes coupes qu’ils effectuent chacun mensuellement sur les maigres salaires de son personnel du cabinet, il y a lieu de se constituer un bon matelas financier, alors que chacun d’eux n’a pas moins de 100 mille USD de frais de fonctionnement par mois. Quel sadisme ?

Sadisme parce que ce problème qui s’est posé aussi au Sénat, est déjà résolu depuis une année déjà. Et là, on a découvert qu’un personnel d’appoint qui touchait manuellement 500 USD, mais avec la bancarisation, son compte est désormais crédité chaque mois de plus de 1.000 USD. Mêmement pour un conseiller au cabinet qui percevait manuellement 1.000 USD par mois, mais qui, une fois son salaire bancarisé, se voit payer plus de 2.000 USD.

En effet, le barème étant identique aux ministères du Budget et des Finances, il doit être pareil pour les personnels politiques et d’appoint des membres du bureau de l’Assemblée nationale. Malheureusement, ils ne touchent pas ces montants comme leurs collègues du Sénat. Le détournement systématique de leurs salaires est bien organisé au bureau de la Chambre basse du parlement. Triste réalité pour ceux qui sont censés prôner la bonne gouvernance et faire respecter la loi financière.

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