Changement de la Constitution : Le parti BNCFP propose suppression de la Primature, du Sénat et la création du poste de vice-président de la République

Le débat sur la réforme de la Constitution prend de l’ampleur en République démocratique du Congo. Alors que plusieurs acteurs politiques s’interrogent sur l’avenir des institutions du pays, le parti Bisoïté Nationale pour un Congo Fort et Prospère (BNCFP) a présenté une série de propositions visant à réorganiser l’architecture de l’État et à améliorer l’efficacité de la gouvernance.

Réunis ce samedi 6 juin 2026 à Kinshasa, à l’occasion de leur rentrée politique organisée au Centre Booto, les cadres et militants du parti ont consacré leurs échanges à la question du changement de la Constitution de 2006, estimant que celle-ci ne répond plus pleinement aux défis actuels du pays.

Une Constitution jugée dépassée

Tout en reconnaissant le rôle joué par la Constitution dans la stabilisation du pays après les conflits armés, les participants ont relevé plusieurs limites observées dans son application.

Parmi les difficultés évoquées figurent l’instabilité des institutions provinciales, les obstacles à la mise en œuvre effective de la décentralisation, les insuffisances de la Caisse nationale de péréquation ainsi que le coût élevé du fonctionnement de certaines institutions.

Pour le BNCFP, ces constats justifient l’ouverture d’un débat sur une réforme institutionnelle en profondeur.

L’article 220 au centre des discussions

Au cours des travaux, le professeur Jeanel Yoka Otshakumu a développé la thèse du « déverrouillage implicite » de l’article 220 de la Constitution.

Selon lui, plusieurs principes pourtant protégés par cette disposition ont déjà connu des aménagements ou des affaiblissements dans leur mise en œuvre pratique.

« Plusieurs dispositions protégées par l’article 220 ont été progressivement vidées de leur substance. La question est de savoir ce que nous cherchons encore réellement à préserver », a-t-il soutenu devant l’assistance.

Trois propositions institutionnelles du BNCFP

Le BNCFP a officiellement défendu trois principales propositions dans le cadre de la réforme constitutionnelle :

* la suppression du poste de Premier ministre ;

* la suppression du Sénat ;

* la création du poste de Vice-président de la République ainsi que la révision des dispositions relatives à la Caisse nationale de péréquation.

Selon les responsables du parti, ces réformes permettraient de rendre l’action publique plus efficace tout en réduisant les charges de fonctionnement de l’État.

Claude Nyamugabo ouvre d’autres pistes de réflexion

Intervenant lors de cette rencontre, le professeur Claude Nyamugabo a également plaidé pour une refonte institutionnelle plus large.

Outre son soutien à un régime présidentiel fort, il a proposé l’instauration de la double nationalité afin de permettre à la diaspora congolaise de contribuer davantage au développement du pays sans renoncer à sa nationalité d’adoption.

Il a également suggéré l’introduction de l’anglais comme deuxième langue officielle aux côtés du français, estimant qu’une telle mesure favoriserait l’intégration de la RDC dans l’économie mondiale et offrirait davantage d’opportunités à la jeunesse congolaise.

Ces propositions ont été présentées par le professeur Claude Nyamugabo dans le cadre des débats et ne figurent pas parmi les résolutions officielles portées par la BNCFP.

Appel à soutenir la vision du Chef de l’État

Clôturant les travaux, le président national a.i. du parti BNCFP, Bobo Ngonda, a appelé les Congolais à participer activement aux réflexions sur l’avenir institutionnel du pays.

Réaffirmant son soutien à la vision du Président de la République, il a insisté sur la nécessité d’adapter les institutions aux réalités contemporaines.

« Une Constitution n’est pas un texte figé. Elle doit évoluer avec la société qu’elle organise », a-t-il déclaré.

À travers cette rentrée politique, la BNCFP entend contribuer au débat national sur la réforme constitutionnelle en mettant en avant des propositions qu’il juge adaptées aux défis actuels de la gouvernance en République démocratique du Congo.

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