Quand la fumée devient trop épaisse, elle finit toujours par révéler l’incendie. À l’Alliance des Congolais Progressistes (ACP), le climat politique semble avoir brusquement viré à l’orage. Derrière les sourires de façade et les discours d’unité, une profonde crise interne éclate désormais au grand jour.
En effet, le secrétaire général du parti, Charles Mbutamuntu Lwanga, a été suspendu de toutes ses fonctions par l’autorité morale de l’ACP, Gentiny Ngobila Mbaka.
La décision, contenue dans une correspondance officielle, évoque des faits qualifiés de « haute trahison » et renvoie le dossier devant la commission de discipline du parti.
À l’origine de cette mesure, des images devenues virales sur les réseaux sociaux. Elles montrent une activité organisée dans la commune de la N’sele par une structure présentée comme proche de Charles Mbutamuntu.
Selon la présidence du parti, les participants, pourtant munis des emblèmes de l’ACP, auraient davantage mis en avant la Fondation Charles Mbutamuntu que la formation politique elle-même.
Pour Gentiny Ngobila, il ne s’agit pas d’un simple écart de communication. Le président du parti y voit une tentative de détournement des militants et des cadres au profit d’une structure personnelle, au mépris des intérêts de l’ACP.
Des accusations suffisamment graves pour justifier une suspension immédiate et l’ouverture d’une procédure disciplinaire.
Le ton employé dans la correspondance traduit d’ailleurs l’ampleur du malaise.
Le secrétaire général est désormais interdit de toute prise de parole au nom du parti et de toute intervention dans les différents canaux officiels de communication de l’ACP.
Une décision qui en dit long sur les turbulences qui secouent actuellement les coulisses de cette formation politique. Car lorsqu’un parti en arrive à évoquer la « haute trahison » contre son propre secrétaire général, c’est souvent le signe que les fractures internes ont déjà atteint un niveau critique.
Au sein de l’ACP, une certitude s’impose désormais : l’atmosphère est lourde et les règlements de comptes politiques ne font peut-être que commencer.



