Grandes magouilles financières à l’Assemblée nationale : 600 agents fictifs dénichés dans l’administration. Les membres des cabinets des membres du Bureau sacrifiés

« A quelque chose, malheur est bon », dit-on. La grève décrétée récemment par les agents de l’administration de l’Assemblée pour réclamer l’amélioration de leurs conditions salariales et de travail, a poussé le président de cette chambre basse du parlement, Aimé Boji, à les réunir et les écouter.

De ce cadre du dialogue social, un débat serein a débouché sur la levée de la grève déclenchée depuis quelques temps. Au cours de cette même rencontre, certains administratifs ont dénoncé l’existence d’un réseau mafieux favorisant la paie mensuelle de nombreux fictifs. Ce qui les empêcherait de bénéficier leurs avantages sociaux dont l’augmentation salariale.

C’est ainsi que le président de l’Assemblée nationale a décidé de la mise en place d’une commission chargée du contrôle physique de tous les administratifs. Ladite commission a travaillé d’arrache-pied, son rapport est fin prêt pour être déposé sur la table du speaker de la Chambre basse du parlement. Mais déjà, ses conclusions qui ont fuité sont alarmantes : près de 600 agents et cadres fictifs ont été détectés au cours de ce contrôle. La question lancinante : d’où proviennent ces faussaires ?

Les langues se sont déliées parmi les administratifs : Le Secrétaire général de l’Assemblée nationale aurait ses fictifs, de même que l’ancien speaker Christophe Mboso, certains directeurs et sous-directeurs, voire, le DG de la Rawbank où sont payés les administratifs auraient chacun ses fictifs.

Avec ce nombre des fictifs, c’est des milliards de francs congolais qui s’évaporent dans la nature chaque mois. Non sans raison, car certains fictifs touchant mensuellement 5 millions FC, d’autres 10 millions FC, d’autres encore 20 millions chacun ou chacune. C’est des millions de dollars américains.

Cette situation déplorable à l’Assemblée nationale doit interpeller le VPM de la Fonction publique, le ministre des Finances et également le président de République qui a exigé un audit du fichier de la paie des agents publics lors d’un récent conseil des ministres. Aimé Boji Sangara doit frapper fort. C’est le vœu le plus ardent de tous les administratifs qui lui font confiance.

Les membres des cabinets des membres du Bureau sacrifiés

Pendant ce temps, la situation des membres de cabinets des membres du bureau de l’Assemblée nationale ne semble guère s’améliorer. Toujours pas bancarisés faute de décision, ils espèrent, eux aussi, une nette augmentation salariale au cours de cette fin du mois de juin 2026 en lieu et place des miettes perçues le mois dernier.

Là, ils accusent Aimé de refuser de signer la décision portant leurs nominations en qualité des membres des cabinets des membres du Bureau de l’Assemblée nationale.

Aimé Boji serait-il sur les pas de Vital Kamerhe ?

Deux ans se sont écoulés depuis que le Bureau actuel de l’Assemblée nationale a été voté et installé. Sauf que les membres des cabinets des membres dudit bureau n’ont jamais bénéficié de la moindre décision les nommant. Aimé Boji, actuel président de l’Assemblée nationale, serait-il en train d’emboîter les pas à son prédécesseur, Vital Kamerhe, qui, à son temps, avait également fait abstraction de cet exercice salutaire pour ces différents membres ? 

Cette question qui n’a jamais trouvé de réponse compréhensible jusqu’au moment où ces lignes sont en train d’être griffonnées, paraît mystérieuse. Ce manque de décision fait que les membres des cabinets vivent dans une précarité qui fait honte. Le phénomène « Maboko Banque » (pratique consistant à payer le personnel manuellement en lieu et place de la Banque) fait l’affaire des membres du bureau, du président, en passant par le Rapporteur jusqu’à la Questeure adjointe. Il leur permet de ponctionner le petit salaire qu’ils paient aux pauvres membres.

Contrairement au Sénat où Jean-Michel Sama Lukonde a bancarisé la paie de tous les membres des cabinets des membres du Bureau, à l’Assemble l’on craint de le faire parce qu’une fois la décision signée, tout le monde sera payé à la banque et cela constituera un manque à gagner pour les membres du Bureau. Quel sadisme !

L’autre lourde conséquence du refus de signer cette décision, c’est qu’au cas où le Bureau tombait ou à la fin de la législature, les pauvres membres des cabinets ne bénéficieront d’aucune indemnité de sortie.

Si le Président Boji, réputé de bien traiter ses collaborateurs depuis le ministère du budget, veut faire la différence avec ses prédécesseurs, il se doit de signer cette décision pour permettre aux membres des cabinets de sortir du phénomène « Maboko Banque  » et d’être bien traité. Pour l’instant, la situation qui prévaut à l’Assemblée nationale n’enthousiasme personne.

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