File d’attente aux stations-service : Difficulté passagère ou début d’une vraie crise ?

La question brûle les lèvres des automobilistes et des transporteurs depuis plusieurs jours à Kinshasa : s’agit-il d’une simple difficulté passagère ou du début d’une véritable crise de carburant ? Face aux inquiétudes grandissantes sur le terrain, le gouvernement central a finalement pris la parole pour clarifier la situation et rassurer la population.

Dans un communiqué conjoint publié ce lundi 23 mars 2026, le Ministère de l’Économie nationale et le Ministère des Hydrocarbures ont affirmé qu’il n’existe pas de pénurie de carburant en République démocratique du Congo, malgré les tensions observées dans certaines stations-service, notamment à Kinshasa.

Selon les autorités, la situation actuelle s’inscrit dans un contexte international marqué par des tensions sur le marché pétrolier, liées notamment à la situation géopolitique au Moyen-Orient, qui affecte les coûts d’approvisionnement et la logistique d’importation des produits pétroliers.

Pour éviter toute perturbation majeure de l’approvisionnement du pays, le gouvernement indique avoir pris une série de mesures immédiates en coordination avec les ministères sectoriels concernés et les opérateurs du secteur pétrolier. Parmi ces mesures figurent la mise en place de dispositions exceptionnelles visant à alléger certains coûts liés à l’importation et au transport des produits pétroliers, le renforcement du mécanisme des avances aux sociétés pétrolières afin de soutenir leur trésorerie, ainsi que la levée des obstacles au dédouanement accéléré des produits pétroliers.

À travers cette communication, le gouvernement tente de rassurer l’opinion publique en affirmant que des stocks de carburant sont disponibles et suffisants pour approvisionner l’ensemble du territoire national. Les sociétés pétrolières ont également été instruites d’intensifier les livraisons, de jour comme de nuit, afin d’améliorer l’approvisionnement des stations-service.

Cependant, sur le terrain à Kinshasa, la réalité observée par de nombreux usagers reste marquée par de longues files d’attente devant plusieurs stations-service, des ruptures temporaires et une pression visible sur le transport urbain, avec des déplacements devenus plus compliqués pour de nombreux habitants de la capitale.

Ce contraste entre la communication officielle et la situation observée alimente les inquiétudes de la population, même si les autorités parlent d’ajustements logistiques temporaires plutôt que d’une pénurie réelle.

Difficulté passagère ou début d’une crise plus profonde, la situation du carburant reste désormais un dossier sensible que le gouvernement devra suivre de très près dans les prochains jours, tant ses répercussions touchent directement la vie quotidienne, les transports et les prix des biens sur les marchés.

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