Intervenant dans une émission télévisée sur « Congo 24″, Freddy Mulumba, ancien DG a.i de la RTNC, a déclaré que le ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya était aussi complice dans ce qui arrive dans la partie orientale de la RDC. Tacitement, il l’a qualifié de « traitre ».
« Nous sommes en guerre, mais que fait la Rtnc, la télévision publique ? Rien. Et pourquoi elle ne fait rien ? Il n’y a rien sur la Rtnc en termes de mobilisation ou du raffermissement de la Conscience Nationale. Dans les provinces, c’est pire, la Rtnc est inexistante, il n’y a rien. Je vous dis que Monsieur Patrick Muyaya, ministre des Médias, est aussi complice, le ver est dans le fruit. J’ai été à Ouagadougou, cette année. J’y ai passé deux semaines et j’ai rencontré les journalistes, intellectuels et consorts. Il y a une chose qui m’a frappé, à savoir : l’engagement des médias autour des idéaux du Burkina Faso. Les médias accompagnent le Président Ibrahim Traoré pour chasser l’ennemi et dans la télévision publique du Burkina Faso, le JT de 20h fait parler la population, on vous montre les militaires qui se battent au front et parlent, s’adressent à leurs compatriotes. Une conscience nationale est façonnée. Mais, ici, il n’y a rien et je répète que Mr Patrick Muyaya est complice », voilà ce qu’il a exactement déclaré.
Pour le camp Muyaya, se trompant véritablement de cible, Freddy Mulumba a tout simplement versé dans l’anathème dans son accusation.
« Dans un pays en guerre, les mots ont un poids. Accuser un responsable public de « trahison » n’est jamais anodin. C’est une mise en cause grave, qui exige des preuves irréfutables, des faits établis et une démonstration rigoureuse. À défaut, l’accusation cesse d’être une critique politique et devient une fragilisation inutile du front national. Les propos récemment tenus par Freddy Mulumba à l’encontre du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, relèvent davantage de l’anathème que de l’analyse. Ils appellent donc une mise au point, non pour clore le débat, mais pour le ramener sur le terrain de la responsabilité et des faits », réagit ainsi un proche de Muyaya.
Pour lui, primo, la communication de guerre n’est pas une compromission. En effet, il explique que depuis l’agression persistante de la République démocratique du Congo par le M23 soutenu par le Rwanda, la guerre ne se mène pas uniquement sur le terrain militaire. Elle se joue aussi dans l’arène diplomatique et informationnelle. À ce niveau, l’action de Patrick Muyaya est visible, mesurable et documentée. Sous sa coordination, le narratif congolais a cessé d’être défensif et confus pour devenir cohérent, offensif et audible. Les résolutions internationales, les prises de position claires de partenaires stratégiques et la reconnaissance explicite de l’agression rwandaise sont des avancées majeures que nul analyste sérieux ne peut ignorer. Parler à la communauté internationale, documenter les crimes, exposer la vérité congolaise n’est pas céder : c’est agir en État responsable.
Secundo, pour le proche de Muyaya, la diplomatie n’est pas la reddition. Confondre stratégie diplomatique et capitulation relève soit d’une méconnaissance des rapports de force contemporains, soit d’une posture idéologique déconnectée des réalités. La RDC ne gagnera pas cette guerre par les slogans, mais par l’intelligence stratégique, la constance et la crédibilité.
« Patrick Muyaya n’a jamais prôné l’abandon de la souveraineté nationale. Il a, au contraire, contribué à repositionner la RDC comme victime d’une agression documentée, et non comme un acteur trouble d’un conflit régional mal compris. Ce renversement de perception est un acquis politique majeur », martèle le proche de Muyaya qui demande les preuves de trahison évoquée par Freddy Mulumba.
« Dans toute République sérieuse, la trahison se prouve. Elle ne se proclame pas. Elle repose sur des actes précis, des décisions contraires à l’intérêt national, des collusions établies. À ce jour, aucun élément factuel ne vient étayer les accusations avancées. L’émotion, l’indignation ou la radicalité verbale ne remplacent ni l’enquête, ni l’analyse, ni la vérité », déclare-t-il, estimant que l’ancien DG a.i de la RTNC comme une erreur stratégique en voulant fragiliser l’État en temps de guerre.
« La critique est un droit. Mais en période de guerre hybride, la délégitimation systématique des institutions et de ceux qui les incarnent, sans preuves solides, contribue objectivement à affaiblir la nation. Ce n’est pas ainsi que l’on sert la cause nationale. La vigilance citoyenne doit renforcer l’État, non le disqualifier sur la base de procès d’intention », soutient le proche de Patrick Muyaya qui estime encore que pour un débat exigeant, point besoin de l’invective.
« La RDC a besoin de débats francs, d’analyses sévères et de critiques fondées. Elle n’a pas besoin d’anathèmes qui divisent et brouillent la lisibilité du combat national. Patrick Muyaya, comme tout responsable public, peut et doit être évalué sur ses actes, ses résultats et ses choix stratégiques. Mais le qualifier de traître sans démonstration sérieuse revient à banaliser un mot grave et à détourner l’attention des véritables enjeux. Servir la République, c’est d’abord respecter la vérité, la rigueur et la responsabilité », conclut-il.
Il faut ici rappeler que DG a.i de la RTNC, Freddy Mulumba avait été suspendu de ses fonctions en décembre 2021 par le ministre Patrick Muyaya, notamment pour le climat conflictuel avec les travailleurs. D’où ses accusations paraissent simplement pour beaucoup comme un règlement des comptes d’un frustré.


