Poursuivie pour incitation des militaires à commettre les actes contraires à la loi, la musicienne Deborah Tshimpaka alias Rebo Tchulo, contrairement au réquisitoire du ministère public qui réclamait 14 mois de servitude pénale, a été condamnée par le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema à 12 mois de servitude pénale principale, assortis d’un sursis de 24 mois. Ce verdict a été prononcé le jeudi 27 août dernier.
Autrement dit, Rebo Tchulo ne sera pas envoyée à la prison de Makala pour purger les 12 mois de la peine. Mais, durant les 24 mois du sursis, elle doit s’abstenir de commettre une autre infraction punissable par le code pénal, au risque de voir exhumer sa peine pour application stricte.
Mystère sur l’autorité qui a commis des militaires à sa garde
Pendant toute sa carrière musicale, avant comme pendant son mariage avec Innocent Balume dit Inno’s B, un autre musicien congolais, Rebo Tchulo n’avait pas de gardes militaires pour assurer sa sécurité. Ces derniers ont apparu dans sa ceinture après son divorce avec son mari Inno’s B. Ce qui signifierait que la musicienne aurait visiblement développé une nouvelle relation amoureuse avec une haute autorité militaire ou civile.
Or, dans le gouvernement, il n’y a que deux membres qui ont des militaires pour leurs sécurités : le VPM de la Défense et le ministre délégué à la Défense en charge des anciens combattants. Les autres ministres ont des policiers commis pour leurs gardes, y compris même la première ministre, cheffe du Gouvernement. Qui alors de Guy Kabongo Muadiamvita ou d’Eliezer Ntambue pourrait avoir envoyé les militaires pour la sécurité de Rebo, une civile de son état, sans qualité aucune d’avoir les hommes des troupes autour d’elle ?
Si ce n’est pas ces deux membres du Gouvernement, un regard doit être tourné vers les officiers supérieurs militaires. Un colonel ne peut pas s’hasarder. Les Généraux oui, mais quel Général ? Quelle a été sa sanction pour cette affectation illégale des pauvres militaires désormais condamnés, à la garde d’une civile ayant aucun rapport avec l’armée ?
Le procès a laissé un goût inachevé et une soif intense à tout observateur qui voulait savoir ce « haut placé », affecteur des militaires à la sécurité de la musicienne et la peine qu’il encourait. Mais dommage ! Jusqu’à quand la justice congolaise continuerait-elle à être malade ?
Pour rappel, le chauffeur de Rebo Tchulo, Platini Sadisa, accusé d’avoir volé les effets de sa patronne dans le sac laissé dans le véhicule, avait été torturé par les militaires commis à la garde de cette dernière. La vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux et désavouée par le public, avait interpellé le ministère à se saisir de l’affaire et l’a fixée devant le tribunal. Platini Sadisa accusait les militaires d’agir sur instruction de l’artiste, une allégation qui restait à prouver par les autorités compétentes.
Qu’elle soit condamnée ou acquittée, là n’est pas le problème de Scoop RDC. La vraie préoccupation du média en ligne était la comparution de celui qui avait commis des militaires à sa garde, lesquels sont les seuls condamnés dans ce procès. Ça aurait été une justice équitable.




