« Les routes sont les artères par lesquelles circule la vie économique d’une nation. » Cette pensée attribuée à John F. Kennedy traduit parfaitement la vision portée aujourd’hui par le Gouvernement congolais, qui place les infrastructures au cœur de sa stratégie de développement. Entre désenclavement des provinces, modernisation des centres urbains, amélioration de la mobilité et renforcement de la connectivité nationale, les autorités entendent faire de ce secteur un puissant levier de croissance économique et de cohésion territoriale.
C’est dans cette dynamique que le ministre des Infrastructures et Travaux Publics, John Banza Lunda, a présenté l’état des lieux, les avancées enregistrées ainsi que les perspectives du secteur lors du Briefing Presse organisé ce mardi 09 juin 2026 au Studio Maman Angebi de la RTNC, aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe.
Placée sous le thème « État des lieux, avancées enregistrées et perspectives dans le secteur des infrastructures en RDC », cette rencontre a permis de mettre en lumière l’ambition du Gouvernement de transformer durablement le visage du pays à travers un vaste programme d’investissements dans les routes, les ponts, les voiries urbaines, les ouvrages d’art et les infrastructures de transport.
Le désenclavement du pays au centre de l’action gouvernementale
Pour John Banza Lunda, le développement de la République démocratique du Congo passe inévitablement par l’amélioration de sa connectivité territoriale.
Le ministre a rappelé qu’à l’accession du Président Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, le pays ne comptait qu’environ 3 000 kilomètres de voiries revêtues. Aujourd’hui, selon lui, près de 8 000 kilomètres de routes sont en cours de construction ou de réhabilitation à travers le territoire national.
« Notre objectif est de reconnecter les provinces, faciliter les échanges commerciaux, rapprocher les populations et créer les conditions favorables à l’investissement », a-t-il déclaré.
Parmi les projets structurants évoqués figurent notamment la Route Nationale n°1, axe stratégique reliant le corridor de Banana à l’intérieur du pays, la Route Nationale n°4 dans l’Est de la RDC ainsi que plusieurs autres corridors routiers destinés à renforcer l’intégration économique nationale.
Le ministre a également insisté sur la construction de nouveaux ponts modernes permettant de franchir les obstacles naturels qui freinent encore la mobilité des populations et des marchandises.
Une première autoroute moderne pour écrire une nouvelle page de l’histoire routière
L’une des annonces majeures de ce Briefing Presse concerne la réalisation de la première autoroute moderne de la République démocratique du Congo.
Cette infrastructure comprendra des chaussées à double voie ainsi que plusieurs ouvrages d’art de grande envergure, dont un pont de plus de 700 mètres de longueur, présenté comme l’un des plus importants du pays après le Pont Maréchal.
Selon le ministre, ce projet marque une étape historique dans la modernisation du réseau routier national et devrait contribuer à fluidifier considérablement le transport des personnes et des biens tout en stimulant les échanges économiques entre les provinces.
Kinshasa prépare sa révolution de la mobilité
Face à l’explosion démographique de la capitale et aux difficultés croissantes de circulation, le Gouvernement entend également engager une transformation profonde des infrastructures de transport urbain.
Parmi les solutions envisagées figurent la construction de rocades, de viaducs, de nouvelles voies rapides ainsi que la modernisation du boulevard Lumumba.
Mais l’annonce qui retient particulièrement l’attention est celle du futur tramway de Kinshasa, dont la première ligne devrait entrer en service à partir de décembre 2027.
Selon John Banza Lunda, ce projet s’inscrit dans une stratégie globale visant à repenser totalement la mobilité urbaine dans une métropole confrontée à une croissance démographique parmi les plus fortes du continent.
« Nous devons adapter les infrastructures à la réalité démographique actuelle de Kinshasa », a-t-il souligné.
Plus de 350 normes pour garantir des infrastructures durables
Au-delà des constructions elles-mêmes, le Gouvernement entend également réformer en profondeur l’organisation du secteur.
À la suite de la Conférence nationale sur les infrastructures, les autorités se sont engagées à élaborer près de 350 normes nationales destinées à encadrer les études, la conception, l’exécution et le contrôle des ouvrages publics.
Pour le ministre, cette réforme constitue un préalable indispensable à l’amélioration de la qualité, de la sécurité et de la durabilité des infrastructures.
« Les normes constituent le socle d’un développement durable et permettent de construire selon nos réalités tout en garantissant un contrôle rigoureux de la qualité des ouvrages », a-t-il expliqué.
Modernisation des services techniques et renforcement des capacités nationales
John Banza Lunda a également annoncé la modernisation des principaux services techniques de l’État, notamment l’Office des Routes, l’Office des Voiries et Drainage (OVD) ainsi que les laboratoires spécialisés dans le contrôle de qualité.
Des milliers d’équipements de dernière génération sont attendus afin de permettre aux ingénieurs congolais de travailler dans des conditions conformes aux standards internationaux.
Le ministre a insisté sur la nécessité de valoriser l’expertise nationale et de redonner aux structures techniques publiques les moyens de remplir efficacement leurs missions.
« Nos ingénieurs disposent des compétences nécessaires. Notre responsabilité est de leur fournir les moyens techniques adaptés afin qu’ils puissent pleinement exprimer leur savoir-faire », a-t-il indiqué.
« Le pays avance malgré les défis »
Réagissant aux critiques formulées par certains acteurs politiques, John Banza Lunda a préféré mettre en avant les réalisations visibles sur le terrain.
Selon lui, les différents chantiers engagés à travers le territoire témoignent de la volonté du Gouvernement de répondre concrètement aux besoins des populations malgré les défis sécuritaires, économiques et logistiques auxquels le pays reste confronté.
« Nous ne faisons pas de la politique dans ce secteur. Nous construisons des solutions pour les Congolais », a affirmé le ministre.
À travers cette vision ambitieuse, le Gouvernement entend faire des infrastructures l’un des principaux moteurs de la transformation économique de la RDC. Entre désenclavement des provinces, modernisation urbaine, professionnalisation du secteur et amélioration de la connectivité nationale, les autorités affichent leur volonté de bâtir les fondations d’un développement durable capable d’accompagner l’émergence du pays au cours des prochaines décennies.



