Dans un communiqué diffusé le soir du 05 juin 2026, la Cellule de communication du député national Dieudonné Nsase, a fait part à la communauté lusvilloise de la rencontre de cet élu du territoire de Lusambo avec la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, la professeure Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse.
« Cette rencontre avait pour objectif de s’enquérir des raisons ayant conduit à la réorientation du projet de construction de l’université initialement prévue au chef-lieu de la province du Sankuru vers le territoire de Lodja », peut-on lire dans ce communiqué qui ajoute qu’au cours de ces échanges, la ministre a précisé que le projet de construction des universités relève d’une initiative de la Présidence de la République et que son ministère n’a fait qu’appliquer les orientations reçues.
« Elle a en outre appelé la population du Sankuru en général, et celle de Lusambo en particulier, au calme et à la sérénité, tout en rassurant que l’Université de Lusambo est bel et bien connue de l’État congolais et qu’elle sera prise en compte lors de la troisième phase de mise en œuvre du programme », renchérit le communiqué qui finit par : A l’issue de cette audience, l’Honorable Dieudonné Nsase Muetutuikale rassure la population du Sankuru, particulièrement celle de Lusambo, que le projet de construction de l’Université de Lusambo (UNILUS) sera effectivement réalisé.
Beau discours à faire endormir les naïfs en ce sens que la troisième phase évoquée n’a pas de date connue ni fixée. Mais pire c’est lorsque la ministre fait faussement le Ponce Pilate en prétendant appliquer les orientations reçues de la présidence de la République. Non, madame la ministre, le projet est l’initiative du Président de la République confiée au Gouvernement et non de la Présidence qui est structure ou une administration du président de la République sans aucune injonction sur l’Exécutif. Entre le président et la Présidence, à qui devez-vous obéir ? Le président a dit clairement et sans ambages : une université dans chef-lieu de la province. Mme la ministre, vous êtes professeure d’universités, quelle est le chef-lieu du Sankuru ?
Grogne dans les rues de Lusambo-ville
L’appel à l’apaisement du député Dieudonné Nsase n’a pas eu écho favorable d’autant plus que les étudiants de l’Université de Lusambo et des autres institutions d’enseignement supérieur et universitaire étaient dans la rue pour protester contre cette délocalisation de la construction d’une université moderne dans leur ville. Et à l’issue de leur marche, ils ont remis aux autorités leur mémorandum adressé au président de la République, Félix Tshisekedi, avec ampliation aux présidents de deux chambres du Parlement, à la première ministre, à la ministre concernée de l’ESU et bien d’autres autorités. Celui-ci rassemble les revendications, suggestions et attentes des étudiants relatives à la construction d’une université moderne dans le chef-lieu de la province du Sankuru.
Pour les manifestants, le fait que Lusambo, chef-lieu légal et administratif du Sankuru, soit écartée au profit d’un territoire est une atteinte au principe d’égalité entre les provinces ainsi qu’au respect de l’organisation administrative consacrée par les textes légaux en vigueur.
En sollicitant humblement mais fermement le rétablissement du droit de la ville de Lusambo à bénéficier du projet de construction d’une université moderne, les rédacteurs du mémorandum tiennent à préciser que cette démarche ne constitue nullement une opposition au développement des autres territoires de la province, encore moins une animosité envers une quelconque entité territoriale. Elle traduit plutôt une revendication légitime fondée sur les principes de justice, d’équité, de légalité et de respect de l’esprit du programme gouvernemental de modernisation des infrastructures universitaires.
« Nous sollicitons votre intervention personnelle afin que la ville de Lusambo, en sa qualité de chef-lieu de la province du Sankuru, soit rétablie dans ses droits et pleinement intégrée au programme national de modernisation universitaire, conformément à votre vision de développement équilibré et inclusif de la République », écrivent les étudiants de Lusambo-ville au président Tshisekedi en lui rappelant que « toute orientation contraire serait susceptible de porter atteinte à la sécurité juridique et au principe de légalité administrative, en ce qu’elle méconnaîtrait une disposition législative expresse fixant le chef-lieu officiel de la province ».
Bref, pour eux : « D’accord pour la construction d’une université moderne à Lodja, mais d’abord à Lusambo-ville. C’est le chef-lieu de la province ».



