« Qui a trahi, trahira toujours ». Et ce n’est pas au fin politique Félix Antoine Tshisekedi qu’il faut rappeler cet adage face à toutes les gesticulations flatteuses de Willy Bakonga, le boutiquier éducationnel qui a vendu toute sa honte au rabais au marché. C’est quelqu’un qui déclare à 11h00 juste ne pas quitter Joseph Kabila et prêt à mourir pour celui-ci si quelqu’un le touchait, et qui à 11h01’ vire à 180° pour dire « Fatshi Béton » et demander publiquement à Dieu de retrancher 5 ans de sa propre vie pour les ajouter à celle du président Félix Tshisekedi. Heureusement, ce dernier n’est pas du genre à se laisser faire comme le corbeau face au renard.
Parcours politique sulfureux d’un transfuge
Originaire de la Tshuapa, enseignant puis promoteur des écoles (Lycée Madame de Sévigné), Willy Bakonga commence son aventure politique dans le parti des Patriotes Résistants Mai-Mai (PRM) dirigé à l’époque par feu Pardonne Kaliba Mulanga. Dans sa flatterie légendaire, il se fera appeler sans vergogne « mai-mai de l’Equateur ». Cette flagornerie lui procurera un poste ministériel aux Sports et jeunesse pour le compte de ce parti.
Remplacé par Patrick Sulubika, le « mai-mai de l’Equateur » quitte le PRM pour embrasser le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) où il se fera « djaleloïste » du président Joseph Kabila jusqu’à faire de lui un « Dieu » de la RDC.
C’est grâce à ses « djalelo » qu’il retourne au ministère des Sports et loisirs sous le gouvernement Samy Badibanga. Court mandat car ce gouvernement n’a eu qu’une durée de quatre mois (décembre 2016 – mai 2017) avant de céder la place à celui de Bruno Tshibala.
Développant toujours ses stratégies flatteuses, au gouvernement de coalition FCC-CACH, il est nommé ministre d’Etat de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST). Nomination que Scoop RDC critiquera (lire l’article : Willy Bakonga au Gouvernement comme ministre de l’EPSP : juge et partie). Non sans raison, car l’homme s’était mis à combattre la gratuité de l’enseignement de base, à préparer une jungle éducationnelle, à jouer au trouble-fête, à organiser des fraudes et détournements, jusqu’à être arrêté, jugé et condamné le 30 avril 2021 à 3 ans de servitude pénale pour blanchiment d’argent, transfert illicite de capitaux et détournements des deniers publics.
Métamorphose serpentueuse
Alors qu’avant son arrestation il se vantait « pure kabiliste » jusqu’à déclarer sur le plateau de Télé 50 : « Moi je suis kabiliste de sang. Si je quitte le kabilisme, je laisse la politique. C’est clair. Je suis kabiliste, c’est ça mon identité. Quel que soit ce qui peut arriver, je suis là constant, loyal, fidèle, discipliné à Joseph Kabila ».
Aussitôt libéré, c’est le même Willy Bakonga qui lance son propre mouvement politique dénommé « Génération Tshisekedi LES INCONDITIONNELS » en vue de prôner la défense de la vision du chef de l’État congolais Félix Tshisekedi.
S’il est vrai que la politique est dynamique, la transhumance politiquement spectaculaire elle, est un vice beaucoup laid. En quittant le kabilisme, la logique aurait voulu que « Vieux Wilba » laissât la politique pour honorer sa parole. Ça aussi c’est clair. Non sans raison, car aucun esprit rationnel ne comprendra qu’un kabiliste de sang dont l’identité est kabiliste, devienne subitement tshisekediste et fatshiste. Où sont parties la constance, la loyauté, la fidélité, la discipline envers Kabila par lui proclamées ? Pire, dans ses récentes déclarations, l’ancien « mai-mai de l’Equateur » ne s’empêche pas de tirer à boulets rouges sur Joseph Kabila jusqu’à s’opposer à son retour sur la scène politique.
Les naïfs voient en « Génération Tshisekedi LES INCONDITIONNELS » de Willy Bakonga et sa nouvelle formation qu’il vient de créer, Parti pour un Congo Nouveau (PCN), la transformation d’une chenille en papillon. Mais les esprits lucides n’y décèlent que la ruse d’un serpent qui fait peau neuve. Et cette ruse venant de l’’ancien « mai-mai de l’Equateur », n’étonne nullement. Et même Fatshi lui-même ne croit ni à la loyauté, ni à la fidélité, moins encore à la discipline de cet ancien locataire de la prison centrale de Makala, car le tout étant trahi par son inconstance manifeste. Pas étonnant qu’il soit demain Fayuliste ou Katumbiste. Sa métamorphose est tout simplement serpentueuse. A lire prochainement : « Willy Bakonga : Un boutiquier éducationnel ».



