Quatre ans, c’est-à-dire deux ans sous Judith Suminwa Tuluka, avec Doudou Fwamba comme ministre des Finances, et deux ans sous Sama Lukonde avec Nicolas Kazadi comme argentier national, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) est le cadet des soucis de tous ces gouvernements.
Selon une note du lundi 11 mai 2026 distribuée à la presse dont copie est parvenue à Scoop RDC, cette institution d’appui à la démocratie alerte sur une crise financière qu’elle vit depuis quatre années. Et le CSAC se dit lassé de cette situation.
« Depuis quatre ans, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication traverse une crise devenue insoutenable. Ce qui pouvait être présenté, au départ, comme une difficulté budgétaire passagère ressemble désormais à une méthode : laisser l’institution sans moyens, attendre que la situation devienne explosive, engager une petite mobilisation de façade, débloquer un ou deux mois de fonctionnement, puis replonger le régulateur dans l’abandon. Ce cycle est connu, il se répète, il fatigue les agents. Il humilie les membres. Il affaiblit les services. Et surtout, il vise progressivement le CSAC de sa substance institutionnelle », lit-on dans cette note.
L’institution d’appui à la démocratie soutient que ce manque de volonté manifestée l’empêche d’œuvrer dans sa mission de régulateur des médias.
« Ce manque chronique de moyens ne peut être réduit à une simple lenteur administrative. Lorsqu’une institution est maintenue pendant quatre ans dans une précarité aussi profonde, il devient légitime de s’interroger : s’agit-il encore d’un accident budgétaire ou d’une volonté politique d’affaiblissement ? Car l’asphyxie financière est une arme silencieuse. Elle ne dissout pas l’institution. Elle ne modifie pas officiellement ses textes. Elle ne proclame pas sa disparition. Elle fait pire : elle la laisse exister en apparence, mais l’empêche d’agir en réalité. Un CSAC sans moyens devient contrôlable. Et un régulateur contrôlable cesse d’être un pilier démocratique », poursuit ce document.
Injustice institutionnelle
D’après les indiscrétions des couloirs de l’Immeuble Likasi, le CSAC est l’institution la plus désavantagée de toutes. Tenez, à l’Immeuble Likasi où il est logé, il n’a pas une salle pour les plénières, pas de bureaux pour les hauts conseillers, deux toilettes que même le président partage avec les agents…
Depuis que les membres du CSAC ont été investis, aucun d’entre eux n’a perçu les frais d’installation, ni bénéficié des frais de mobilité. En quatre ans, les agents ont touché quatre ou cinq fois seulement leurs salaires, ce, à des grands intervalles. Pire, le président du CSAC qui a rang de ministre, ne touche, apprend-on toujours à Scoop RDC toujours dans les couloirs de l’Immeuble Likasi, que moins de 2.500 USD comme salaire, l’équivalent du salaire d’un conseiller au cabinet ministériel. Pas de frais de mission accordés…
D’ailleurs, explique un haut conseiller qui s’est confié au média en ligne, l’agression dont Christian Bosembe avait été victime à Paris, était dû au manque par lui d’argent suffisant pour se payer un hôtel quatre ou cinq étoiles sécurisé, digne de son rang.
Pauvre Bosembe, le mal récompensé
Tout ce qui brille n’est pas de l’or, martèle le haut conseiller, interlocuteur de Scoop RDC. Non sans raison, car malgré la bonne apparence qu’il affiche, martèle l’ancien journaliste – haut conseiller, Christian Bosembe traverse un désert financier qui peut lui faire même regretter l’abandon de sa profession journalistique et de patron d’un média qui avait pourtant des contrats juteux et des partenariats, pour servir le pays dans cette institution asphyxiée et clochardisée financièrement par le gouvernement, alors qu’elle est stratégique pour réguler les médias, surtout en cette période de guerre imposée à la RDC par le Rwanda.
Parlant effectivement du Rwanda, Christian Bosembe comme le ministre Patrick Muyaya, s’est affiché au front. Il a mis et continue à mettre mal à l’aise le régime de Kigali à tel point qu’il a attaché la présidence de la Plateforme des régulateurs d’Afrique centrale (PRAC) face au Rwanda. Et ses positions l’ont créé aujourd’hui beaucoup d’ennemis, non seulement au Rwanda, mais parmi tous ces Congolais à la solde du président Paul Kagame. Pour tous ces risques pris, Bosembe que certains considèrent comme le « chouchou du régime » et ses collaborateurs du CSAC, doivent-ils être ainsi récompensés ? Qui a intérêt au Gouvernement Suminwa à fragiliser cette institution stratégique et pour quel but ?
« Il revient, au président de la République, garant du bon fonctionner des institutions, de donner au gouvernement Suminwa des instructions à respecter sans faille, par rapport à la situation financière du CSAC pour lui permettre de bien fonctionner et accomplir convenablement son rôle », ont déclaré beaucoup de hauts conseillers du CSAC à Scoop RDC. Dossier à suivre.



