Cour des comptes : Jimmy Munganga échange avec les responsables techniques des banques commerciales

Le Premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga, a présidé, ce jeudi 07 mai 2026 à Kinshasa, une importante séance de travail avec les responsables techniques et représentants des banques commerciales opérant en République démocratique du Congo, autour des mécanismes de collaboration dans la lutte contre les irrégularités financières et la protection des deniers publics.

Une rencontre stratégique qui s’inscrit dans la volonté de la Cour des comptes de renforcer son partenariat avec les acteurs du système bancaire congolais.

Organisée dans un climat à la fois pédagogique et institutionnel, cette séance a permis au chef de la Cour des comptes de rappeler le rôle central joué par les établissements bancaires dans le fonctionnement de l’État, mais aussi dans la prévention des détournements des fonds publics.

Un cadre d’échange jugé nécessaire pour rapprocher l’institution supérieure de contrôle du secteur bancaire.

Face à ses interlocuteurs, Jimmy Munganga a insisté sur la nécessité d’une coopération étroite et permanente entre les banques commerciales et la Cour des comptes dans le cadre des missions de contrôle, conformément aux lois de la République.

« Vous exercez dans un pays organisé, avec des institutions qu’il faut respecter », a-t-il martelé, rappelant que la Cour des comptes demeure l’institution supérieure de contrôle des finances publiques en RDC.

Un rappel ferme du rôle et du poids institutionnel de la Cour des comptes dans l’architecture de gouvernance publique.

Dans un ton ferme mais républicain, le Premier président a insisté sur l’exigence de respect institutionnel, soulignant que la bonne gouvernance repose aussi sur la discipline et la transparence de tous les partenaires financiers de l’État.

Dans une intervention riche en explications techniques, Jimmy Munganga a présenté l’architecture institutionnelle de la Cour des comptes, ses différentes chambres ainsi que ses missions juridictionnelles et non juridictionnelles. Il a détaillé les mécanismes de jugement des comptes publics, de répression des fautes de gestion et de poursuite des gestionnaires de fait impliqués dans la manipulation illégale des fonds publics.

Une pédagogie institutionnelle visant à mieux faire comprendre le rôle technique de la Cour des comptes.

Le Premier président a également levé un coin du voile sur plusieurs situations rencontrées lors des contrôles, notamment des cas de transferts de fonds publics vers des comptes bancaires dont les titulaires ne correspondaient pas aux identités reprises dans les documents officiels.

« Nous avons voulu identifier les véritables bénéficiaires de certaines opérations suspectes. Dans plusieurs cas, les banques nous ont confirmé que les comptes existaient bel et bien dans leurs livres, mais qu’ils ne correspondaient pas aux noms mentionnés dans les ordres de paiement », a-t-il expliqué.

Une réalité préoccupante qui met en lumière les défis de traçabilité des flux financiers publics.

Selon lui, certaines instructions administratives signées par des autorités publiques ont parfois conduit à des virements dont la concordance entre le numéro de compte et l’identité du bénéficiaire posait problème.

« Comment une banque peut-elle exécuter un ordre de paiement lorsque le numéro de compte communiqué ne correspond pas au bénéficiaire indiqué ? », s’est-il interrogé devant les participants.

Cette préoccupation a ouvert un échange technique nourri entre les magistrats de la Cour des comptes et les responsables des banques commerciales.

Prenant la parole, plusieurs experts bancaires ont expliqué que les dispositifs de conformité et de contrôle interne permettent normalement de bloquer toute opération en cas d’incohérence entre le numéro de compte et l’identité du bénéficiaire.

« Lorsqu’une anomalie est détectée, l’opération est automatiquement suspendue et retournée à l’émetteur pour correction », a expliqué un responsable de la surveillance des opérations bancaires.

D’autres intervenants ont toutefois relevé que certaines erreurs peuvent provenir des réquisitions elles-mêmes, notamment en cas d’erreur sur un chiffre du numéro de compte.

Les responsables bancaires ont ainsi recommandé que les réquisitions de la Cour des comptes précisent systématiquement à la fois le numéro du compte et l’intitulé exact du titulaire, afin d’éviter toute ambiguïté dans le traitement des opérations.

Réagissant à ces échanges, Jimmy Munganga a insisté sur la nécessité d’un renforcement de la collaboration technique entre les banques et la Cour des comptes pour sécuriser davantage les flux financiers publics et détecter les montages frauduleux.

« Lorsque vous constatez ce type d’incohérence, vous devez nous communiquer à la fois le nom correspondant réellement au numéro de compte communiqué et le numéro effectivement associé au titulaire mentionné dans la réquisition », a-t-il précisé.

Le Premier président a également rappelé avec fermeté que le secret professionnel bancaire ne peut être opposé aux magistrats et vérificateurs de la Cour des comptes dans l’exercice de leurs missions légales.

« Lorsqu’une réquisition vous est adressée par la Cour des comptes, vous avez l’obligation légale de transmettre les informations demandées », a-t-il insisté.

Un message fort qui consacre la transparence et la traçabilité comme piliers de la bonne gouvernance financière.

Cette rencontre intervient dans un contexte de renforcement progressif des mécanismes de contrôle financier en RDC, marqué par la volonté des autorités de promouvoir une gouvernance plus rigoureuse et plus transparente.

Les responsables techniques des banques commerciales présents ont, pour leur part, salué cette initiative, estimant qu’elle permet de mieux comprendre les attentes de la Cour des comptes et de renforcer la coopération institutionnelle.

Une dynamique qui ouvre la voie à une collaboration plus structurée entre les banques et l’institution supérieure de contrôle.

À travers cette démarche, Jimmy Munganga entend instaurer une collaboration plus étroite entre la Cour des comptes et le secteur bancaire, afin de prévenir les circuits financiers opaques, lutter contre le blanchiment des capitaux et consolider la bonne gouvernance en République démocratique du Congo.

Une approche qui pourrait marquer un tournant décisif dans les relations entre les institutions financières et les organes publics de contrôle en RDC.

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