« Cette initiative ne constitue ni un mécanisme de relocalisation permanente ni une externalisation de politiques migratoires. Elle s’inscrit dans un cadre maîtrisé, conduit dans le respect de la souveraineté nationale et des impératifs de sécurité intérieure ». Par ces mots soigneusement choisis, le Gouvernement de la République démocratique du Congo a tenu à baliser le terrain et à couper court aux spéculations autour du dispositif d’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers, mis en place en partenariat avec les États-Unis d’Amérique.
À travers ce communiqué officiel publié le 5 avril 2026, le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, a annoncé une coopération migratoire inédite qui place la République démocratique du Congo dans un mécanisme international sensible, mais que les autorités présentent comme strictement encadré, temporaire et placé sous contrôle total de l’État congolais. Derrière les mots, Kinshasa avance avec prudence, entre diplomatie internationale, souveraineté nationale et impératifs sécuritaires.
Un accueil temporaire strictement encadré
Selon le Gouvernement, ce dispositif concerne des ressortissants de pays tiers relevant des mécanismes migratoires américains. Leur présence sur le sol congolais sera limitée dans le temps et ne constitue en aucun cas une installation durable en RDC.
Les autorités insistent sur un point central : chaque dossier sera traité individuellement, conformément aux lois de la République et aux exigences de sécurité nationale. L’État congolais conserve ainsi la pleine maîtrise des décisions relatives à l’admission sur le territoire, aux conditions de séjour, au retrait du statut temporaire ou encore aux mécanismes de retour des personnes concernées. En d’autres termes, Kinshasa ouvre temporairement la porte, mais garde la clé.
Kinshasa au cœur du dispositif
C’est la ville de Kinshasa qui a été retenue pour accueillir les sites destinés à héberger les personnes concernées. Un choix stratégique qui permet un suivi administratif, sécuritaire et humanitaire rapproché.
La centralisation du dispositif dans la capitale vise également à permettre aux services de l’État de coordonner efficacement l’encadrement des personnes accueillies. Des dispositions logistiques, administratives et sécuritaires auraient déjà été prises afin d’anticiper la mise en œuvre de ce programme dès ce mois d’avril.
Une prise en charge assurée par les États-Unis
Autre élément majeur du communiqué : la prise en charge logistique et technique du dispositif sera assurée par le gouvernement américain à travers des structures spécialisées dans la gestion des mouvements migratoires à travers le monde.
Le Gouvernement congolais tient à préciser qu’aucune charge financière ne sera supportée par le Trésor public congolais. Un point important dans un contexte économique où toute dépense publique est scrutée de près par l’opinion.
Dispositif équilibré entre souveraineté nationale et coopération internationale
À travers cette coopération migratoire, la RDC tente de trouver un équilibre délicat entre solidarité internationale, engagements humanitaires et protection de ses intérêts nationaux. Le Gouvernement insiste d’ailleurs sur le fait que ce dispositif ne constitue ni une relocalisation permanente ni une externalisation de la politique migratoire américaine.
Ce partenariat migratoire inédit marque ainsi une nouvelle étape dans les relations entre Kinshasa et Washington. Une coopération sensible, stratégique et hautement surveillée, qui place désormais la RDC dans les dynamiques internationales de gestion des flux migratoires, mais sous la vigilance constante de l’État congolais, bien décidé à préserver sa souveraineté et le contrôle de son territoire.



