Délivrance de la carte d’identité en 2026 : Promesse hypothétique de Tshisekedi

Lors de son discours devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès le 8 décembre dernier, le président de la République Félix Antoine Tshisekedi a annoncé un chantier majeur pour l’avenir de la gouvernance en République démocratique du Congo : le lancement, dès 2026, d’un vaste programme d’identification biométrique de la population avec l’octroi à chaque citoyen de sa carte d’identité.

Présenté comme l’une des réformes les plus structurantes de son deuxième mandat, ce projet vise à doter chaque citoyen d’un statut légal formel et à constituer un registre national complet, sécurisé et fiable. 

« Aucun Congolais ne doit rester invisible », a martelé le chef de l’État, insistant sur l’importance de cette opération à mener par l’Office national de l’identification de la population (ONIP) pour moderniser l’administration publique.

Une promesse hypothétique

L’espoir de tous les Congolais était d’avoir chacun sa carte d’identité pendant le premier mandat du président Tshisekedi d’autant plus que l’annonce avait été faite par lui-même à la première heure de sa prise des fonctions. Mais cet espoir s’est effrité, mieux dilué. Non sans raison, car l’ONIP chargé de piloter l’opération, trouvé déjà bien structuré et bien opérationnel par Tshisekedi peine à accomplir cette tache à cause des conflits d’intérêts dans la passation du marché manifestés par les différents ministres de l’Intérieur qui se sont succédé, autorités de qui dépend l’ONIP, perturbant ainsi l’opération de délivrance de la carte d’identité.

En effet, le marché qui avait finalement démarré était celui du consortium Afritek-Idemia. avec cette firme, le président de la République lui-même avait obtenu sa carte d’identité biométrique bien sécurisée devant caméra. Ses ministres de l’époque, des animateurs des institutions étatiques et certains journalistes en étaient aussi bénéficiaires. Et pendant que l’opération de délivrance de cette carte s’étendait vers les citoyens de la cité, elle avait été brutalement interrompue sous prétexte que le marché gagné par Afritek-Idemia négocié sous Daniel Aselo et concrétisé sous Peter Kazadi, était léonin. Et c’est sous Jacquemain Shabani qu’il a été résilié.

De 20 millions USD déboursés par le trésor public, Afritek-Idemia qui réclamait 16 millions pour toutes ses dépenses engagées, s’en est sorti avec au moins 8 millions USD, après discussions avec l’ONIP, a-t-on appris à Scoop RDC. Dès lors l’ONIP peine à signer un autre contrat. Pire, l’ONIP n’a jamais dit ce qu’est devenue la carte qu’il a délivrée au président de la République le 30 juin 2023 et que ce dernier détient jusqu’alors : est-elle valide ou est-elle tombée caduque ?

Aujourd’hui la promesse du président de la République risque d’être hypothétique toujours à cause des conflits d’intérêts qu’il y a dans la passation du marché. En effet, l’ONIP serait bloqué du fait que ce marché serait disputé entre les sociétés MARGINS et MCC dont chacune bénéficie d’une couverture politique au niveau, non seulement du ministère de l’Intérieur, mais aussi de la présidence de la République.

Alors que le consortium Afritek-Idemia avait proposé un projet ambitieux à près de 700 millions USD, les deux nouvelles sociétés sont chacune à plus d’un milliard USD sans les mêmes propositions alléchantes que celles contenues dans le contrat annulé. Question : Pourquoi le rejet du consortium Afritek-Idemia qui avait déjà même commencé le travail si les montants de deux nouvelles sociétés sont exorbitants ? A ce jour, Afritek-Idemia aurait sans doute octroyé la carte à plus de 20 millions de Congolais selon ses prévisions si le contrat n’avait pas été interrompu. Dommage que l’on est dans un pays où l’on préfère reculer au lieu d’avancer.

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