Par Claude Baguma.
Devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, lundi 8 décembre 2025, le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, a prononcé un discours dense et très attendu, largement axé sur la sécurité nationale.
Dans une intervention mêlant fermeté, lucidité et ambition, le chef de l’État a dressé un tableau sans complaisance de la situation actuelle tout en présentant les quatre piliers qui, selon lui, doivent permettre de conduire le pays vers une paix véritable et durable.
« La paix n’est pas un slogan. C’est un droit, et je m’engage une fois de plus à la rendre effective dans chaque territoire de notre pays », a affirmé Tshisekedi dès l’entame, donnant ainsi le ton d’une allocution centrée sur les urgences sécuritaires et humanitaires qui persistent, notamment dans l’Est.
Quatre priorités pour reconstruire la sécurité
Face à une situation toujours volatile, le chef de l’État a détaillé une feuille de route articulée autour de quatre axes majeurs, conçus pour restaurer l’autorité de l’État et protéger durablement les populations.
1. Retrait total des forces étrangères
Tshisekedi a réitéré sa volonté d’obtenir le départ de toutes les forces armées étrangères et groupes rebelles soutenus depuis l’extérieur qui opèrent encore sur le sol congolais.
« Aucune paix n’est possible tant que des groupes armés étrangers continueront de violer notre souveraineté », a-t-il martelé, indiquant que ce dossier reste au cœur des échanges diplomatiques régionaux.
2. Assécher les financements de la violence
Le président a insisté sur la nécessité de s’attaquer à l’économie souterraine qui alimente les groupes armés.
L’exploitation illicite de l’or, du coltan, du cobalt et d’autres ressources stratégiques sera ciblée par de nouvelles mesures de contrôle et de répression.
« Nos ressources doivent enrichir la nation, pas nourrir la guerre », a-t-il averti.
3. Protection renforcée des civils
Les femmes et les enfants, souvent en première ligne des violences, ont été placés au centre de l’action humanitaire annoncée. Le chef de l’État s’est engagé à faciliter l’accès sécurisé des organisations humanitaires dans les zones affectées.
« Chaque Congolais doit pouvoir vivre sans peur », a-t-il assuré.
4. Construire une paix durable : sécurité, développement et réconciliation
Pour Tshisekedi, la stabilité ne peut se résumer à des opérations militaires.
Elle doit s’appuyer sur un développement local accéléré, la réconciliation communautaire et le renforcement des institutions locales.
« La paix ne se décrète pas, elle se construit pierre après pierre, avec chaque communauté », a conclu le président.
Entre espoir, prudence et scepticisme
Si une partie de l’opinion accueille favorablement ce discours jugé structuré et ambitieux, d’autres Congolais restent prudents.
Pour beaucoup, ces engagements rappellent des promesses déjà formulées par le passé, mais dont la mise en œuvre s’est souvent heurtée aux réalités du terrain.
« On veut bien y croire, mais cela fait des années qu’on nous répète les mêmes choses », déplore un habitant de Goma, reflet d’un sentiment largement partagé dans les zones meurtries par les conflits.
Cette fracture entre optimisme et scepticisme illustre l’immense défi auquel le gouvernement est confronté : traduire les engagements politiques en actions concrètes et visibles pour les citoyens.
Une attente immense sur les actions concrètes !
Au-delà de la portée symbolique de son discours, Félix Tshisekedi sait que l’enjeu se situe désormais sur le terrain.
Le 8 décembre 2025 restera sans doute comme l’un des moments politiques marquants de l’année, mais pour beaucoup de Congolais, l’heure n’est plus aux déclarations.
La Nation attend des résultats tangibles.
Car plus que les mots, c’est la capacité du gouvernement à transformer ces quatre axes en avancées réelles qui déterminera si la paix durable évoquée par le président est réellement « à portée de main ».


